Archives de la catégorie : Soutiens du PPLD

TAFTA, le capital, le consumérisme, eux et nous et toi et moi

Mardi 21 Octobre, à l’invitation d’une quinzaine d’organisations, dont ATTAC, Suzan George est venu nous alerter sur les dangers du traité TAFTA, mais aussi de TISA et CETA.
Un exposé très technique et pédagogique sur le fonctionnement de ces traités et sur leurs probables conséquences. Pour résumer, c’est « toujours plus » : plus de capitalisme ; de dénie de démocratie ; de diktat des multinationales ; de profits ; d’inégalités ; de gaspillages ; de pillages des ressources ; etc, etc …
Un meeting qui a eu le mérite de mobiliser les troupes pour lutter contre TAFTA et ses rejetons.
Félicitations à ATTAC pour la réussite de cette première mobilisation !

suzanne&jackySuzanne et d’jacky à la tribune

 

Toutefois, l’objecteur de croissance reste toujours sur sa faim. Comme si on avait pris le problème par un seul bout, alors qu’il y en a beaucoup d’autres.
Oui, c’est nécessaire de lutter contre tous ces traités, mais en parallèle nous devrions peut-être nous opposer aussi au Monde que nous vendent ces multinationales ; c’est-à-dire au mode de vie occidentale exacerbé actuel. S’il y a un grand marché, c’est aussi parce qu’il y a une certaine demande de chacun d’entre nous, et que pour sortir du l’ultra-libéralisme, il faudrait peut-être sortir du consumérisme, de notre dépendance au pétrole et autres ressources ?
Alors, en général, si je m’arrête là, on me rétorque aussi sec « Ne crois-tu pas que les pauvres, eux, ils aimeraient bien pourvoir consommer, rien qu’un peu ? Déjà manger et se loger ? Alors, ton histoire de niveau de vie … ».

Tiens ! Les pauvres ? Parlons-en des pauvres. (suite…)

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Tous à Amiens le 28 octobre pour le procès des 1000 vaches

Le 1er juillet, le procès des neuf militants de la Conf’ poursuivis suite aux actions menées sur le site de l’usine des 1000 vaches a été reporté au 28 octobre. Ils devront alors comparaître pour dégradation en réunion, incitation à la dégradation en réunion, vol, recel, ou encore refus de prélèvement ADN.
Il y a clairement une volonté de criminaliser l’action syndicale, et de laisser Michel Ramery poursuivre son projet destructeur en toute impunité. Ce sont les lanceurs d’alerte qui sont poursuivis, pendant que l’agriculture s’industrialise aux dépends des paysans et des citoyens, avec la bénédiction de nos gouvernants.
Face à ce deux poids deux mesures, la Confédération paysanne choisit de convoquer officiellement les fossoyeurs de l’agriculture à leur procès. Il se tiendra en même temps que celui de nos militants, devant le tribunal d’Amiens.

Le 28 octobre, nous avons besoin de vous !

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3e Foire à l’autogestion, les 28 et 29 juin 2014

La crise économique et financière qui ébranle le monde est aussi une crise de civilisation, face à laquelle les réponses habituelles, néolibérales comme étatistes, sont impuissantes. L’autogestion peut constituer une alternative. Comme chaque année depuis 2012, elle sera au centre d’un événement festif et populaire le week-end des 28 et 29 juin : la Foire à l’autogestion.

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Journée nationale de protestation contre la fracturation hydraulique en Roumanie

Fontaine Saint-Michel 11 Place Saint-Michel, 75006 Paris

En Roumanie, la lutte contre la fracturation hydraulique vient d’entrer dans une nouvelle étape. Déjà, à Pungesti se prépare le premier forage. L’entreprise Chevron se prépare à exploiter illégalement sous la protection de la gendarmerie nationale. D’autres secteurs géographiques sont rétrocédés à des entreprises privées pour l’exploration, le développement et l’exploitation du gaz de schiste.
La fracturation hydraulique commence à être mis en œuvre en secret, sans aucune étude sur l’ impact sur la santé et sur l’environnement.

La folie des exploitations et des explorations des ressources empoisonnent la Roumanie. Les politiques ont des intérêts illégitimes et se servent des institutions de l’État pour légaliser ce fléau. Les citoyens sont laissé à l’abandon par l’état roumain devant cette vague de compagnies étrangères qui veulent irresponsablement exploiter les ressources souterraines. Le tourisme et l’agriculture seront très affecté par la contamination de l’eau, de la terre et de l’air. Les agriculteurs seront les premiers touchés suivi par les petites entreprises et puis, peu à peu par tous le pays .

Le 6 Avril, 2014, simultanément dans plus de 60 localités en Roumanie et également dans plusieurs villes étrangères, sont prévus des manifestations contre l’exploitation du gaz de schiste en Roumanie. Tous les citoyens roumains de toutes les ethnies et croyances, des paysans aux habitants des villes, en Roumanie et dans la diaspora, marcheront dans la rue pour défendre leur terre, leur eau et leur air. Nous sortirons dans la rue pour dire clairement que nous ne renoncerons pas à ce combat pour notre droit à la vie, à la santé et à l’avenir .

Venez vous joindre au groupe Rosia Montana Paris pour ce combat qui défend le droit à la vie et à l’avenir des roumains

https://www.facebook.com/events/224935404369093/

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Ras le bol du productivisme ! (appel pour les 12 et 13 avril)

Tous ensemble les 12/13 Avril !

pour signer : http://www.antiprod.net/

Détermination démocratique des besoins sociaux en fonction des limites écologiques, coordination démocratique de la production, abandon du nucléaire… l’écologie est au cœur de la gauche antiproductiviste.

Cette gauche antiproductiviste est composée de militantEs au sein des mondes associatifs, syndicaux et politiques, elle est riche de sa biodiversité politique : l’écologie politique, l’écosocialisme, la décroissance, l’écologie populaire, l’autogestion, l’écologie sociale, l’objection de croissance ou l’écologie libertaire…

Un gouvernement ni de gauche, ni socialiste, ni écologiste

Mais cette gauche antiproductiviste en a autant ras-le-bol de la politique anti-sociale du gouvernement que de sa politique anti-écologique. (suite…)

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Si vous pensez qu’il faut travailler 7 jours sur 7 …

Si vous pensez qu’il faut travailler 7 jours sur 7, de 7 à 77 ans, 77 heures par semaine, pour 7 euros de la journée, […] et même si vous ne pensez pas parce que vous dépensez, eh bien votez L’€glise de la Très $ainte Consommation

http://www.amentonpeze.org/

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« Le commerce équitable et éthique – Opportunités et limites » par Thierry Brugvin

Le commerce équitable et éthique
Opportunités et limites

L’esprit économique – Le Monde en Questions
DÉVELOPPEMENT, TIERS-MONDE ECONOMIE ECONOMIE SOCIALE

Par Thierry Brugvin

Les ONG du commerce équitable et éthique (la Responsabilité Sociale des Entreprises), militant pour le développement des labels et des codes de conduite, cherchent, à court terme, à renforcer la régulation des normes sociales, sa légitimité et sa démocratisation. Mais c’est au risque d’un excès de privatisation. En effet, l’inspection du travail, qui relève d’une régulation publique, se voit progressivement remplacée par une régulation privée par des organismes d’audit, dans les pays en développement tout d’abord. Les auditeurs sont généralement considérés comme indépendants.  Or ils dépendent en partie des entreprises qu’ils contrôlent, puisqu’elles les rémunèrent. Les entreprises auditées pourraient être financées plutôt par les pouvoirs publics qui choisiraient et payeraient les auditeurs privés pour la vérification. Ainsi, les auditeurs privés gagneraient en indépendance économique. Les associations citoyennes continueraient à exercer leurs actions dénonciatrices, afin d’y renforcer leur contrôle démocratique, à la fois envers les auditeurs privés et vis-à-vis des pouvoirs publics. Enfin, dans ce livre une autre piste est aussi explorée pour réguler le travail au plan international : un système de préférence généralisée plus adapté.

 Thierry Brugvin est docteur en sociologie politique. Il a réalisé une thèse sur le commerce éthique et équitable à l’EHESS. Il a publié aussi une quinzaine de livres collectifs et une trentaine d’articles individuels sur les relations Nord-Sud, la gouvernance globale, l’influence adémocratique des élites, l’autogestion et l’objection de croissance.

Pour commander : http://www.editions-harmattan.fr/

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Le revenu de base, une nouvelle saloperie ?

Depuis plusieurs numéros, les rédacteurs du journal la Décroissance condamnent systématiquement, et avec mauvaise foi, toutes les personnes qui explorent le Revenu de Base (démonétarisé ou pas) et l’extension des sphères de la gratuité (1), comme contribuant à répondre aux dérives des sociétés de croissance.

Malheureusement, les rédacteurs du journal refusent, tout aussi systématiquement, de s’ouvrir à un débat de fond sur ces notions. C’est aussi pour cette raison que début 2012, les membres du PPLD ont décidé de ne plus répondre directement au journal la Décroissance (2). Ils préfèrent avancer leurs propositions et répondre aux critiques, à leurs rythme, sans jamais personnifier, ni les critiques, ni les réponses.

Baptiste Mylondo, auteur de « pour un revenu sans condition » (3), a répondu de manière claire et précise à Raoul Anvélot. Sa chronique « La saloperie que nous n’achèterons pas » du n°101 était sur le revenu inconditionnel (4). Avec l’autorisation de Baptiste, nous relayons ses réponses. Merci à lui.

(1) Revenu Inconditionnel d’Existence ou Dotation Inconditionnelle d’Autonomie ? http://www.projet-decroissance.net/?p=207
(2) « La saloperie que nous n’achèterons pas » (*) http://www.partipourladecroissance.net/?p=6720
(3) « pour un revenu sans condition » de B Mylondo : http://editionutopia.wordpress.com/2012/11/04/le-travail-quelles-valeurs-idees-recues-et-propositions-en-librairie-le-15-novembre-2012/
(4) « Un Projet de Décroissance » sur le site du Réseau du Revenu de Base http://www.projet-decroissance.net/?p=967

Un article du numéro d’été du journal La Décroissance interpelle les défenseurs décroissants du revenu inconditionnel, dont je suis. Naïf, j’ai cru y voir une invitation au débat. Une courte conversation téléphonique avec l’auteur de l’article et rédacteur en chef du journal m’a vite détrompé sur ses intentions… Qu’importe, puisque les questions sont posées (l’article en question se résumant à une suite de questions que je retranscris ici en intégralité), tâchons donc d’y répondre, une fois de plus, et improvisons cette interview improbable:

 Source : http://alternatives-economiques.fr/blogs/mylondo/2013/08/28/reponse-a-la-decroissance/

La Décroissance: “Le travail est-il seulement un asservissement, ou peut-il être un moyen nécessaire d’épanouissement et de reconnaissance sociale?” (suite…)

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Moins! souffle sa première bougie ! Samedi 7 septembre 2013, à partir de 16h00

Depuis septembre 2012, nous avons la joie de pouvoir compter sur un tout nouvel outil pour colporter les idées de la Décroissance, offrir des voix critiques au tout productivisme et au tout progrès. Moins ! a très vite su trouver sa place et imposer son style dans l’univers mouvant qui est le nôtre, et au-delà. Osons le dire : ce nouveau journal romand d’écologie politique n’a rien à envier à ses confrères !

Noyé∙e∙s par le flot d’informations erronées et la banalisation cruelle des impacts écologiques, sociaux, économiques,culturels,… que nous impose la barbarie du capitalisme, c’est une vraie bouffée d’oxygène que nous offre ce médium alternatif ! Plusieurs d’entre nous, membre du PPLD et Un Projet de Décroissance ont eu la chance de pouvoir contribuer à cette aventure ! (Densifier : pour quoi faire ? ,  Revenu Inconditionnel d’Existence ou Dotation Inconditionnelle d’Autonomie ? )

Moins ! soufflera sa première bougie dans quelques jours. Alors n’hésitons plus, participons d’une manière ou d’une autre, abonnons-nous, envoyons nos contributions, nos réactions, partageons autour de nous, relayons … et pourquoi pas, répondons à l’invitation ci-dessous !

Moins! souffle sa première bougie!
Samedi 7 septembre 2013, à partir de 16h00

Dans les locaux de: UCJG, chemin du Point-du-Jour 2, 1800 Vevey
Notre journal, lancé dans l’inconscience, a survécu à sa première année. Il semble même avoir trouvé un lectorat qui l’apprécie. Nous avons envie de fêter cet heureux événement avec vous, lectrices et lecteurs qui rendez possible cette aventure, ainsi qu’avec toutes celles et ceux qui y participent. Nous vous invitons donc à venir passer un moment avec nous, afin de faire connaissance et de partager idées, critiques, etc.

Au programme : (suite…)

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Gaz de schiste : « Occupy Chevron »

Near the Ukrainian border, in Zurawlow, for nearly four weeks, a few peasants have been occupying a field on which Chevron intends to test shale gas extraction. No women’s breasts in sight, no immolation, no punk music echoing in churches and no crowd gathered in public spaces. These peasants survive on the ground on which their ancestors have always lived frugally. Four years ago, Chevron representatives offered to buy land on which they would build a plant, which would create jobs. Some inhabitants signed long American style contracts without even reading them, on the corner of their kitchen tables, after a quick talk.

Yet, some peasants dared to oppose their government and the powerful Chevron, running the risk of fines or jail sentences. They did not examine the numerous reports detailing shale gas’s advantages and disadvantages. They did not calculate the amount of chemicals that would remain trapped in their grounds. They were not impressed by the experts who explained that shale gas was better than oil for the environment and consequently for the climate.

They saw water blackening, roads potholing, house walls cracking. They immediately felt the danger: without water, they would be nothing, as would their lands and cattle.
Luckily, a few years earlier, they had met an American film director born of Polish parents who was a genuine camera activist. He had already interviewed shale gas plants’ neighbors in Pennsylvania, filmed the color of their wells’ water and their recently sick skin. Filming the peasants’ fight in Zurawlow, he efficiently protected them and helped them gain international help. Chevron could no longer act secretly as they usually do. Zurawlow’s peasants appeared on social networks, dared to fight the Kafkaesque Polish administration (Chevron’s test do not respect Polish laws protecting these huge water resources). This story ended as a fairy tale, with a film broadcast on Arte (but not in Poland…) and with Chevron’s departure.

Fortunately, Zurawlow’s peasants are suspicious. A year later, Chevron came back to build a fence around a field. At once, they gathered to occupy this field and Kowalski came back with his camera. The bad spy novel reopened, with its phone-tapping, blackmailing and threats. They’ve been living here night and day, regardless of the weather, for four weeks, threatening their cattle’s wealth and their families’ survival.
In spite of much support, the international community doesn’t look at this part of the world where tourists never go. Yet, their fight is ours: they want to have a decent life and politicians that make decisions that include social and environmental outcomes. They refuse to choose between bad and worse (that is between lack of fuel and water pollution with shale gas), as Germany has already done when replacing nuclear plants by coal plants, regardless of carbon emissions. Zurawlow’s peasants are trying to protect their ecosystems, which are ours. They want to choose the destiny of their lands for the good of their grandchildren. It is possible, if governments launch pro-active energy-saving policies, such as those Japan managed to implement after the Fukushima disaster. A profound mentality shift is also necessary: people have to reclaim power on the commons and decide to get out of the development spiral. If we are convinced that degrowth is compulsory, fossil energies will no longer dictate our future and endanger the planet.
Zurawlow’s peasants need strong worldwide support, otherwise Chevron will win here, and tomorrow each of us may face the same risks.

Cécile Renault

Pour en savoir plus : (suite…)

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Gaz de schiste : « Occupy Chevron »

Les paysans du village polonais de Zurawlow, à proximité de la frontière ukrainienne, occupent depuis quatre semaines pacifiquement un champ convoité par Chevron pour exploiter le gaz de schiste. Ici, pas de poitrine féminine exhibée, pas d’immolations, pas de musique punk dans une église, et encore moins de foules occupant l’espace urbain. Ces paysans subsistent sur des terres dont ils n’ont jamais tiré plus que le nécessaire. Il y a quatre ans, quand des représentants de Chevron ont proposé d’acheter des terrains et annoncé des créations d’emplois, certains ont signé des contrats sans se méfier, sur le coin de la table de la cuisine, après une rapide discussion.

D’autres ont osé se lever contre leur gouvernement et contre le puissant Chevron, risquer des amendes ou des peines de prison. Ils n’ont épluché les rapports sur les mérites et les dangers du gaz de schiste pour s’engager. Ils n’ont  pas étudié la composition des produits chimiques injectés dans les sols, ni mesuré la part des déchets qui ne seraient jamais recyclés. Ils ne se sont pas laissés impressionner par ceux qui leur prétendaient que le gaz de schiste était le seul moyen de remplacer un pétrole maintenant trop rare, ni par ceux qui affirmaient que cette nouvelle énergie limiterait le réchauffement climatique.
Ils ont vu l’eau noire, les routes défoncées par les camions, les fissures apparaître sur les façades de leurs maisons. Ils ont immédiatement senti le danger : sans eau, ils ne sont plus rien, ni eux, ni leurs bêtes, ni leurs champs.

Par chance, ils avaient rencontré, quelques années auparavant, un réalisateur d’origine polonaise, Lech Kowalski, américain d’adoption, militant de toujours, pour qui la caméra est aussi un formidable outil défensif. En Pennsylvanie, il avait déjà interviewé les voisins d’exploitations de gaz de schiste, filmé la couleur de l’eau de leurs puits, les maladies de leurs peaux. Ses images ont protégé les paysans, apporté des preuves là où Chevron et le gouvernement œuvraient en catimini. Les paysans de Zurawlow sont présents sur les réseaux sociaux et soutenus par des hommes politiques européens (parmi lesquels José Bové). Grâce à ces appuis, ils se sont lancés dans une lutte kafkaïenne contre l’administration : pétitions, lettres argumentant point par point, numéro de loi à l’appui, illégalité des essais (en vertu notamment des lois protégeant les ressources aquifères). Cette aventure a fait l’objet d’un long métrage, diffusé par Arte, qui finissait comme un conte de fées : Chevron avait quitté les lieux.

Mais les paysans de Zurawlow sont méfiants. Un an plus tard, ils ont repéré des camions venant poser une simple barrière autour d’un champ. Immédiatement, ils se sont retrouvés pour habiter ce champ, de nouveau protégés par la caméra de Lech Kowalski. Le mauvais film d’espionnage a repris : écoutes téléphoniques, menaces d’emprisonnement, chantage. Ils y sont depuis bientôt un mois, nuit et jour, sous la pluie ou le soleil, mettant en danger leurs propres récoltes, l’entretien de leurs cheptels et la survie de leurs familles.
Malgré des soutiens fidèles et efficaces, la communauté internationale ne regarde pas encore cette région située à l’extrémité de l’Europe, où les touristes ne vont pas. Leur revendication est la nôtre : celle d’un mode de vie décent, de choix politiques qui tiennent compte des effets secondaires et induits. A Zurawlow comme ailleurs, c’est la peste qui chasse le choléra : pour lutter contre les émissions de CO2, on nous présente un gaz de schiste qui contamine les réserves en eau pourtant déjà rares ; en Allemagne, le charbon vient d’être réintroduit pour permettre la fermeture de centrales nucléaires. Les paysans de Zurawlow cherchent à protéger les écosystèmes, à maîtriser leur destin. C’est possible, à la fois par des politiques volontaristes d’économies d’énergie, comme le Japon a su les mener après Fukushima, par la production d’énergies propres, mais aussi par un changement des mentalités : une réappropriation par les citoyens des biens communs, à Zurawlow comme à Taksim et l’adoption de modes de consommation responsables.
Soutenir les paysans de Zurawlow, c’est montrer qu’une autre manière de décider, de consommer et de produire est possible, ici comme ailleurs.

Cécile Renault

Pour en savoir plus : (suite…)

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AlterTour 2013 les inscriptions sont ouvertes

La 6ème édition de l’AlterTour se déroulera du 18 juillet au 20 août 2013. Il passera par le Loiret, la Nièvre, l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Jura et le Doubs.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 juin 2013 sur le site internet de l’AlterTour : http://www.altertour.net

Aux Grands Projets Inutiles et Imposés s’opposent une multitude d’Alternatives concrètes qui construisent une société plus solidaire, écologiquement et socialement durable. Ce sont ces Petits Projets Grandement Utiles que l’AlterTour soutient d’année en année en leur rendant visite à vélo.

Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire ! L’AlterTour est un relais solidaire ouvert à tous sans exigence de performance ou de durée (inscriptions à la journée).

L’AlterTour résiste à l’esprit de compétition qui conduit à toutes sortes de dopage :
– dans le sport où la santé passe après les bénéfices de la société du spectacle ;
– dans l’agriculture industrielle, où pesticides et OGM portent atteinte aux paysans et à la biodiversité au seul profit d’une poignée de multinationales ;
– dans l’économie de marché, où subprimes et paradis fiscaux amplifient les inégalités ;
– dans la société de consommation, du greenwashing et de l’obsolescence programmée où l’offre conditionne la demande à grand renfort de publicité.

Faites connaître l’AlterTour

Le numéro de juin 2013 de la revue S!lence consacré aux grands projets inutiles contiendra le recueil d’Alternatives de l’AlterTour et les coordonnées de tous les accueillants.

AlterTour.net

Petit aperçu du programme : (suite…)

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Tour de France : lettre ouverte au Préfet de l’Isère

Monsieur Le Préfet,

Les organisateurs du Tour de France projettent de faire passer leur épreuve par le Col de Sarenne le 18 juillet prochain. Nous sommes nombreux à nous inquiéter de la disproportion de l’impact environnemental que pourraient avoir les travaux afférents à l’événement et l’étape en elle-même. La pétition Non au passage du Tour de France au Col de Sarenne a ainsi récolté plus de 6500 signatures. (1)

Reliant l’Alpe d’Huez à la commune de Clavans, la route pastorale menant à Sarenne passe par l’aire optimale d’adhésion du Parc National des Ecrins. (2) Son cadre est sauvage : sur 16 km, on ne compte que deux modestes bâtiments (un refuge et une bergerie). Les paysages sont somptueux (vues sur la Vallée du Ferrand, les Plateaux d’Emparis, les Glaciers de la Meije). Le GR54 (Tour des Ecrins) longe la route pastorale, et s’y confond même sur plusieurs kilomètres.

Fermée 8 mois sur 12, cette route est très peu fréquentée : en période de pointe, on n’y dénombre guère plus d’une voiture toutes les dix minutes. Compte tenu du caractère exceptionnel du site, il est à noter qu’un arrêté municipal y limite la vitesse à 20 km/h. (3) (suite…)

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