Les propositions détaillées d’Europe-Décroissance

logo-ppldQu’est ce que la Décroissance ?
Une croissance illimitée dans un monde fini est une absurdité

La Décroissance remet avant tout en question notre société de consommation sans hypothéquer nos acquis démocratiques, sociaux et culturels. La Décroissance n’est pas la décroissance de tout pour tous ni un retour en arrière vers un pseudo bonheur perdu, mais bien un virage, une bifurcation que nous devons prendre afin de sortir des engrenages destructeurs de la société de croissance.
A l’aide de ses meilleurs outils en « isme » que sont le capitalisme, le libéralisme, l’ultra-libéralisme…, la société de croissance accumule dramatiquement toutes les crises : environnementale, sociale, économique, culturelle, politique, anthropologique. Devant ce constat, il est urgent de dire à tous les Européens, que l’alternative ne sera pas « entre croissance et décroissance » mais bien « entre décroissance volontaire et récession subie ».
Les problèmes sociaux et environnementaux de notre système ne pourront être résolus ni en ajustant quelques paramètres à la marge ni par les seules initiatives personnelles. C’est pour ces raisons qu’il est essentiel de proposer aux citoyens un projet politique capable de transformer ce modèle qui met en danger notre avenir : c’est dans une « société de décroissance » qu’il faut envisager la décroissance.

Crise ou métamorphose ?
Aller vers une société de la sobriété.

Faire croire que les problèmes d’aujourd’hui pourraient se traduire par le mot « crise » est intellectuellement malhonnête. D’une part, parce qu’en entendant « crise » nous ne pouvons pas nous empêcher de croire qu’elle ne serait que passagère, et qu’à la fin de celle-ci tout pourra redevenir comme avant. D’autre part, parce que, crise ou pas crise, crise de la croissance ou pas crise de la croissance, nous maintiendrions notre critique de la société de croissance. Pourquoi ?
Parce qu’aujourd’hui, si tous les humains vivaient comme un Européen, il faudrait au moins 3 planètes. Ce modèle de développement n’est donc pas généralisable : il doit être remis en question. Parce que 20% de la population s’accapare 86% des ressources naturelles. Devant ces irresponsabilités écologiques et ces inégalités sociales, il est urgent de réaliser que nous ne produirons et consommerons plus jamais comme avant cette « crise » car nous commençons à entrevoir les limites des ressources naturelles de notre terre.
Ces limites nous obligent aujourd’hui à voir les choses bien autrement. C’est pour ça que nous ne voulons pas appeler cela une « crise » mais une « métamorphose », métamorphose dorénavant nécessaire pour « décoloniser nos imaginaires » afin d’engendrer des comportement plus sobres et plus vertueux.
Il est temps de comprendre que l’humain ne se réduit pas au couple producteur-consommateur et qu’il est urgent de réinventer de nouveaux usages individuels et collectifs qui nous transforment enfin en usagers de toutes sortes plutôt qu’en consommateurs aliénés. Il appartient alors à l’Europe dont la surconsommation nuit gravement à l’ensemble de l’humanité, de rétablir un équilibre qui commence par la sobriété de nos modes de vies : alors, oui, d’autres mondes sont possibles.

Pour prendre cette direction, il faut agir sur plusieurs points :

Sortir du couple infernal productivisme/capitalisme

Le capitalisme et le productivisme font de l’humain la variable d’ajustement des stratégies de croissance, à travers le chômage, la délocalisation, les mépris des droits des hommes, des femmes et des enfants. Si le capitalisme a le formidable pouvoir de susciter le désir de la possession et du paraître, il ne peut nous faire oublier les valeurs que nos sociétés modernes sont censées défendre : l’égalité, la fraternité, le partage, le « liyannaj kont pwofitasyon ». L’économie doit répondre à nos besoins et non créer sans cesse des désirs toujours insatisfaits. Il convient alors de définir démocratiquement les besoins de notre société (ressources alimentaires, logement, santé, éducation, transport, « produits de haute nécessité »…) et de permettre à chacun d’y avoir accès, sans être contraint d’entrer dans une compétition de chaque individu contre chaque individu.

Dans cette optique, nous pensons qu’il faut :

  • Instaurer un revenu social européen garanti financé par une refonte des impôts sur les sociétés et sur le revenu, et par une réforme des prestations sociales : pour protéger tous les « sans-voix » qui seront de plus en plus nombreux et leur garantir des droits souverains sur les biens publics mondiaux.
  • Instaurer un revenu maximum autorisé indexé au revenu minimum (1 à 4 ?), réformer en profondeur nos modes de production pour un partage du temps de travail en adaptant la durée hebdomadaire des salariés (28 heures ? 4 jours ?), les temps partiels (pour qu’ils soient voulus et non imposés), le départ à la retraite (pour qu’il soit fonction des pénibilités du travail et ne favorise plus l’isolement).
  • Mettre en place la gratuité ou quasi-gratuité du « bon usage» et le renchérissement du « mésusage » (pourquoi payer au même prix l’eau que l’on boit et celle qui remplit les piscines privées ? le même prix pour un objet réparable et le même jetable ?) Pourquoi faudrait-il continuer à confondre la propriété d’usage avec la propriété abusive ?

Sortir de la société du spectacle

Parce que séduire est devenu tout aussi efficace que réprimer, la publicité commerciale est l’outil central de la propagande de notre société de consommation. Gaspillage effroyable, elle coûte cher (2ème budget mondial derrière l’armement), elle génère de la surconsommation, de la frustration, du mépris et de l’humiliation, du gâchis tant humain et intellectuel que matériel et énergétique, ainsi que la banalisation du mensonge. Pour que les citoyens puissent participer à la vie démocratique, aux débats publics, il est nécessaire de les protéger des conflits d’intérêts et des lobbies.
Il faut donc :

  • Réformer en profondeur le système médiatique, véritable pierre angulaire de nos démocraties en s’appuyant sur l’ordonnance de 1944 sur les médias écrite par la résistance.
  • Garantir une véritable indépendance des médias face aux multinationales, aux lobbies et à la publicité.
  • Mettre en place un financement public d’émissions de qualité tels que des reportages en phase avec les problèmes sociétaux et des débats contradictoires de fond sur les sujets de sociétés importants.

Eviter les impasses générées par la religion de la technique :
le tout-voiture, le nucléaire, les OGM, les pesticides, les nanotechnologies.

S’opposer à l’automobile et son monde :
Notre société est construite autour de la voiture et des transports routiers, elle repose donc sur une énergie non renouvelable, le pétrole et sur des moyens de transports individuels, voire individualistes.
Sans respecter ni les temps ni les espaces, l’automobile a contribué à séparer les individus entre eux, à séparer les classes sociales en favorisant les ségrégations géographiques, à séparer les lieux de production des lieux de consommation. La place des voitures en ville et dans les périphéries est excessive. Les autoroutes stimulent une accélération qui exclut chaque jour davantage d’entre nous, en commençant par les plus faibles, et nous condamne à une folle fuite en avant. La société de l’automobile n’est une société ni soutenable ni souhaitable, ni sereine ni conviviale.

Il faut donc développer une politique de localisation de la vie créatrice de lien. Pour cela nous devons :

  • Agir sur les infrastructures, les bassins d’emplois, les zones d’habitation, en rapprochant les lieux de production, d’achat et d’usage, en développant des petits commerces de proximité au détriment des grandes surfaces, en augmentant la part de la population active dans une agriculture paysanne de proximité respectueuse de la santé et de l’environnement (par exemple grâce aux Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et avec un retour des services publics sur tout le territoire.
  • Privilégier les investissements sur les transports en communs locaux et régionaux et encourager les modes de transport doux comme la marche à pied (exemple le pédibus) et le vélo.
  • Accompagner la reconversion de l’industrie automobile, de l’aéronautique et du trafic routier, encourager la pratique de métiers manuels, soutenir les petites entreprises (par exemple de type Société Coopérative Ouvrière de Production), remplacer le modèle d’habitat individuel et collectif actuel, par d’autres modes de construction à taille humaine et de haute qualité environnementale : toutes ces alternatives concrètes qui commencent sans attendre la sortie de la société de croissance.

S’opposer au nucléaire et son monde.
Depuis la seconde guerre mondiale nos sociétés sont dominées par le péril nucléaire. Avec la bombe, la destruction totale de toute vie sur terre est devenue possible. Quant à l’utilisation dite pacifique de l’électronucléaire, nous savons déjà depuis les accidents de Kytchim, Tchernobyl et Three Mile Island que les conséquences sont terribles. Il nous faut donc sortir du nucléaire le plus vite possible avant la catastrophe.
Nous proposons donc :

  • La sortie la plus rapide possible de l’électronucléaire.
  • L’abandon unilatéral de l’arme nucléaire ; en prenant résolument parti pour la paix par le désarmement, et pour la culture de la non-violence.

C’est maintenant !
Agissons au niveau personnel, collectif et politique.

LES CHANGEMENTS DONT NOTRE SOCIÉTÉ A BESOIN NE DOIVENT EN AUCUN CAS ÊTRE IMPOSÉS BRUTALEMENT MAIS DOIVENT ÊTRE RÉALISÉS PROGRESSIVEMENT, EN TENANT COMPTE DE L’ACCOUTUMANCE AU MODE DE VIE ACTUEL.

C’EST DONC MAINTENANT QU’IL FAUT AGIR, TANT AU NIVEAU PERSONNEL, COLLECTIF QUE POLITIQUE, POUR FAIRE DE L’EUROPE UN EXEMPLE RÉUSSI DE DÉCROISSANCE SEREINE, SOUTENABLE ET CONVIVIALE.

La plaquette pliée d’Europe-Décroissance

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