La décroissance aux présidentielles avec la primaire populaire

Comme nous l’annoncions, le PPLD s’associe à la primaire populaire pour les présidentielles de 2022. Les parrainages sont ouverts et nous vous invitons à proposer nos compagnons de route afin que la décroissance participe pleinement aux débats. Il est possible de parrainer plusieurs personnes donc plusieurs décroissant.e.s.

Comment ça marche : de juillet à septembre, un processus de parrainage citoyen est mis en place. Chaque citoyen ou citoyenne peut :
— exprimer son soutien aux candidats et candidates présents sur la plateforme en les parrainant.
— proposer d’autres noms si aucun des candidats présents sur la plateforme ne lui semble pertinent.
Ensuite, c’est débat et désignation autour des 10 personnalités qui ont recueilli le plus de parrainage.

Voici une liste ouverte que nous vous invitons à parrainer. L’enjeu est d’abord d’atteindre les 500 parrainages. Pour chacune des cinq personnalités suivantes (*), nous mettons en avant une vidéo, un podcast, un livre ou un texte : Corinne Morel Darleux, Paul Ariès, Laure Nouhalat, Vincent Liegey, Agnés Sinaï. Il y en a aussi beaucoup d’autres, que vous pouvez retrouver parmi les 150 premiers signataires de l’appel Demain il sera trop tard lancé en 2018 ou parmi ceux qui rejoignent nos idées comme Aurélien Barreau, Camille Etienne ou encore des politiques comme François Ruffin, Delphine Batho, Benoit Hamon. L’offre est riche, faisons vivre les débats.

Il ne se passe pas une semaine sans que la décroissance soit la cible d’un véritable tabassage médiatique. Comme nous l’écrivions il y a un an, un spectre hante la pensée dominante. Il ne s’agit, ni du changement climatique, ni de la chute de la biodiversité ou de la pandémie de Covid-19. Il s’agit encore moins de la montée des inégalités, de l’autoritarisme ou de l’exacerbation des haines, des tensions au sein de la société française. Non, ils ont peur de la décroissance, signe d’émancipation et de partage, de sobriété et de joie de vivre, de solidarité et de convivialité.

Le pseudo-débat que l’on nous impose, entre illibéraux et libéraux, entre fascistes et soit-disant défenseurs des valeurs de la république ne sert que de cache sexe aux vrais enjeux. Les enquêtes d’opinion se suivent et confirment que les citoyennes et citoyens s’intéressent d’abord aux enjeux environnementaux et de justice sociales. Pour y répondre, ils sont majoritaires à rejeter l’imposture de la croissance verte, smart ou inclusive et ont conscience que seule la décroissance offre les bonnes perspectives. Comment faire incarner ces tendances fortes ?

Il est donc important de faire vivre la démocratie et d’y ouvrir le débat de la décroissance pour une candidature citoyenne suffisamment forte pour contraindre les partis politiques proches de nos idées et au-delà à s’y associer.

(*) Dans l’esprit de la primaire citoyenne, nous n’avons ni prévenu, ni obtenu le consentement de ces personnes, c’est aux citoyennes et citoyens de choisir.

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Le chômage : le grand détournement

« Nous avons inventé une montagne de besoins superficiels; nous vivons en achetant et en jetant. Mais ce que l’on dépense vraiment, c’est notre temps de vie. Parce que lorsque j’achète quelque chose ou que toi tu achètes quelque chose, tu ne l’achètes pas avec de l’argent, tu l’achètes avec le temps de vie que tu as dépensé pour gagner cet argent. A cette différence que la seule chose qui ne peut pas être achetée, c’est la vie. La vie ne fait que s’écouler et quel malheur de l’employer à perdre notre liberté.
Car quand est-ce que je suis libre? Je suis libre quand j’ai du temps pour faire ce qui me plaît et je ne suis pas libre quand je dois dépenser de mon temps pour acquérir des choses matérielles censées me permettre de vivre. De fait, lutter pour la liberté c’est lutter pour disposer de temps libre. »
José Mujica – Président de l’Uruguay de 2010 à 2015 – Extrait choisi du film Human

Travailler, c’est partager

La croissance crée de l’emploi ?
En Occident, depuis plus de 50 ans, toutes les politiques sont centrées sur la question du chômage. Quelles que soient les tendances politiques, la solution perpétuellement déclamée est de relancer la croissance. Certes, des désaccords existent sur les manières de créer cette croissance, voire sur la répartition de ses fruits, mais manifestement, la nécessité de croissance fait l’unanimité pour régler le problème du chômage. Car « la Croissance, ça crée de l’emploi !! ». Or, depuis plus de 50 ans, la croissance est toujours positive, de plus en plus de richesses matérielles sont produites, et pourtant, le chômage ne cesse d’augmenter et reste un problème de société majeur.
Ne serait-il pas temps de changer d’approche ? Et si la croissance ne créait pas plus d’emplois qu’elle n’en détruit ? Allons plus loin. Et si le chômage et la précarité étaient les conséquences directes de l’idéologie de la croissance, c’est-à-dire du productivisme et du consumérisme ? Dans une société aux besoins toujours plus immenses, comment soutenir le train de vie de certains, sans le faire au détriment des autres ? Dans une société de la frustration permanente, comment penser le partage du travail et de ses fruits, sans avoir peur de ne pas avoir assez ?
Une contrainte supplémentaire s’ajoute au mythe de la croissance, seule capable de créer de l’emploi. C’est la contrainte environnementale, la déplétion des ressources, la destruction de la biodiversité, et le changement climatique. Une croissance illimitée est impossible. C’est une certitude, la croissance va s’arrêter. Et même si ces questions ne sont plus méconnues, elles sont complètement ignorées, par tous, quand il s’agit de s’attaquer au « problème » du chômage. Ce qui est une erreur monumentale car le chômage n’est que le symptôme de problèmes interconnectés, dont la crise écologique.
L’intention de la Décroissance est de répondre conjointement à la crise environnementale, à l’augmentation des inégalités et à la perte de sens, engendrées par la société de Croissance. En cela, elle prétend proposer des solutions au symptôme du chômage en pensant totalement différemment la production (le contenu et la quantité) ainsi que le partage (travail et redistribution). Solutions qu’on retrouve autour de l’anticonsumérisme (antipub, quête de sens, modes de vie alternatifs), les différents revenus de base tel que la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, les mécanismes de solidarité, etc., etc.
Dire que « la croissance, c’est le problème » pourrait n’être qu’un slogan. Mais lorsqu’il s’agit du chômage, ce slogan est une nouvelle fois réellement fondé.
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Pour une candidature unique et gagnante en 2022, avec la décroissance : signez l’appel pour une primaire populaire

Le PPLD rejoint la dynamique collective de la primaire populaire afin d’y présenter les idées de la décroissance. En effet, nous nous retrouvons dans la démarche citoyenne proposée par ce mouvement.

Seule une démocratie vivifiée, plus directe, participative et créative est à même de nous sortir avec sérénité et solidarité de l’impasse morbide que nous impose les médias dominants au service d’une oligarchie financière.

Il ne se passe pas une semaine sans que la décroissance soit la cible d’un véritable tabassage médiatique. Comme nous l’écrivions il y a un an, un spectre hante la pensée dominante. Il ne s’agit, ni du changement climatique, ni de la chute de la biodiversité ou de la pandémie de Covid-19. Il s’agit encore moins de la montée des inégalités ou de l’exacerbation des haines, des tensions au sein de la société française. Non, ils ont peur de la décroissance, signe d’émancipation et de partage, de sobriété et de joie de vivre, de solidarité et de convivialité.

Le pseudo-débat que l’on nous impose, entre illibéraux et libéraux, entre fascistes et soit-disant défenseurs des valeurs de la république ne sert que de cache sexe aux vrais enjeux. Les enquêtes d’opinion se suivent et confirment que les citoyennes et citoyens s’intéressent d’abord aux enjeux environnementaux et de justice sociales. Pour y répondre, ils sont majoritaires à rejeter l’imposture de la croissance verte, smart ou inclusive et ont conscience que seule la décroissance offre les bonnes perspectives.

Il est donc important de faire vivre la démocratie et d’y ouvrir le débat de la décroissance pour une candidature citoyenne suffisamment forte pour contraindre les partis politiques proches de nos idées à s’y associer.

C’est pourquoi, nous vous invitons à signer l’appel et à soutenir les idées que nous présenterons dans les semaines qui viennent autour d’un Projet de Décroissance.

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Et le salaire à vie ?

Le salaire à vie développé par Bernard Friot revient de temps à autre à l’occasion d’échanges sur la DIA ou le revenu de base. « Le « salaire à vie » consiste, en se basant sur la socialisation de la richesse produite, à verser un salaire à vie à tous les citoyens. Ce salaire universel, dont le montant serait attaché à la qualification personnelle et non plus au poste de travail occupé, a été pensé pour reconnaître le statut politique de « producteur de valeur » à l’ensemble des membres d’une communauté. Il aurait pour conséquence mécanique l’abolition du marché du travail, et donc du chômage, en reconnaissant le travail effectué en dehors du cadre d’un emploi » (1)
A nos yeux le principe du salaire à vie pose quelques difficultés, mais comme nous partageons son objectif de lutter contre la précarité, nous n’avons jamais voulu créer de polémique. Or, nous sommes fréquemment incités à nous positionner, voire à soutenir la proposition.

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Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance

Le Coronavirus a poussé la quasi totalité de l’humanité à se confiner. En toute logique, les conséquences pour l’environnement s’avèrent des plus salvatrices avec entre autres, baisses des émissions de CO2 et de la pollution atmosphérique. Le PIB ralentit, la planète s’en porte mieux. Les Décroissants en ont rêvé, le Coronavirus l’a fait ?

Non. La période que nous sommes en train de vivre ne ressemble en aucun cas à la société de Décroissance que nous prônons. Ce ralentissement de l’économie est des plus inquiétants d’un point de vue social, démocratique et humain. Cette récession subie aura même des conséquences totalement contraires à ce qui pourrait et devrait émerger d’une Décroissance choisie. Toutefois, il nous semble que cette crise représente une opportunité à saisir pour repenser notre modèle de société, pour qu’il soit en mesure d’éviter ce genre de chocs ou de mieux les absorber.

Le Coronavirus est un révélateur mais aussi un accélérateur des inégalités : isolement des plus vulnérables, exploitation des plus précaires, contamination des plus exposés… Dans ces conditions exceptionnelles, c’est une fois de plus le monde du travail qui impose sa marche à suivre, et génère encore plus d’inégalités. De plus, la tentation autoritaire est de retour…

Pour la Décroissance le Coronavirus n’est en aucun cas une réjouissance, bien au contraire : cette situation est un échec de plus qui nous démontre que seuls un choc et une sidération permettent de susciter du débat, des prises de consciences, et, espérons-le, des changements pérennes dans nos comportements et une transformation en profondeur de notre modèle de société mortifère.

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Une loi pour 2024 qui condamne notre futur

Maintenant que la France s’est engagée à accueillir les JO (jeux olympiques) en 2024, la ministre des sports doit, désormais, porter un projet de loi pour adapter la loi française aux conditions exigées par le CIO (comité international olympique).

Cette loi olympique comprendra plusieurs dispositions visant simplement à simplifier et accélérer les règles relatives à l’urbanisme, à l’environnement et au logement notamment en allégeant les formalités et autres procédures et en réduisant les temps de concertation (par exemple pour les expropriations). La raison est simple : disposer des installations souhaitées en temps et en heure. Peu importe que les principes qui fondent notre droit soient reniés, il faut dire que la chose la plus importante est d’accueillir des sportifs et des touristes du monde entier en 2024.

La privatisation des espaces publics est renforcée à travers le renforcement de la publicité sur des monuments historiques ou des sites classés. Les lieux potentiellement concernés sont notamment le champ de mars, l’esplanade des Invalides, les Champs Élysées, les jardins du Trocadéro, le parc de Versailles, le Grand palais. Paris risque de devenir une vitrine pour les annonceurs olympiques.
Cette loi prévoit également de réserver des voies de circulation pour les délégations olympiques et les athlètes. Nous devrons donc nous arrêter pour laisser passer ces cortèges. Une loi dont le but simplement de créer une voie de circulation pour des privilégiés.

Patrick Clastres, historien du sport et spécialiste de l’olympisme, parle d’une « loi d’exception » car elle « suspend dans un espace donné et à un moment donné la loi ordinaire ». Et, les quelques gages de transparence, prévoyant un contrôle de la Cour des comptes ou encore l’obligation de déclaration du patrimoine pour les membres du COJO (comité d’organisation des jeux olympiques), ne sauraient nous duper. Continuer la lecture

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Front National, ce diable de confort qui permet de cacher les alternatives au capitalisme

La grande déprime…

Oui, c’est vrai, comment ne pas le constater, nos modes de vie engendrent de la frustration, du mal-être, des peurs et des haines,

Comment nier que notre système économique, pivot de notre modèle de société, est exigeant, oppressant, voire tyrannique, que ce soit pour celles et ceux qui ont un emploi, un de ces « bullshit job » ou encore celles et ceux condamnés à la précarité ou au chômage ? Les premiers doivent faire face à une remise en cause permanente d’eux-mêmes, à une pression toujours constante pour améliorer leur productivité et pour mériter leur place. Ils doivent également subir toujours plus de stress, et sont toujours plus confrontés à des questions éthiques sur leur rôle dans cette société. Les seconds font face à une misère grandissante, à toujours plus d’humiliations, à un sentiment de rejet. Nos sociétés nous mettent en concurrence en utilisant la peur du chômage. La religion des indicateurs et l’économicisme rendent nos vies et activités toujours plus absurdes. De même, en nous opposant, on renforce la peur du déclassement, toujours plus prégnante, accompagnée d’un sentiment d’abandon, de ne pas être entendu, d’être lésé par un système injuste. Nos vies, trop chargées, ne laissent que peu de temps pour souffler. La pression imposée par notre monde moderne est insupportable, à telle point que nous nous croyons dans des situations moins confortables qu’il y a 40 ans… ou que chez le « voisin », « l’autre », qui serait, lui, « protégé », « assisté »…  C’était mieux avant… Et c’est mieux ailleurs…

Alors, oui, il est légitime d’exprimer ces frustrations, ces peurs. Il est sain de se révolter contre ces injustices.

Mais aussi construite, entretenue

Ces constats se retrouvent dans plusieurs études convergentes et mettent en avant un mal-être, des souffrances objectives. Mais il ne faut surtout pas négliger leur dimension subjective !

En effet, ce malaise est partiellement construit et renforcé par la société du spectacle, les médias et la publicité avec l’imaginaire qu’ils développent. Nous sommes dominés, individuellement et collectivement, culturellement et socialement, par le « toujours plus » qui génère de multiples insatisfactions. La rivalité ostentatoire, même inconsciente, est renforcée par des inégalités endémiques, en permanence exacerbée. Et ce, non sans manipulation : la publicité sait utiliser les techniques les plus subtiles, perverses et efficaces afin de nous faire désirer toujours plus en s’appuyant sur les neurosciences, la psychologie et la psychologie sociale… Ainsi, il faut consommer toujours plus pour produire toujours plus pour préserver son niveau de vie… Mais aussi conserver son emploi pour consommer encore plus…

Enfin ce mal être est d’autant plus fort qu’il fait face à un manque de projet collectif. L’individualisme exacerbé, le culte de la personne et la pression sociale intenable qu’il engendre, en particulier à travers les réseaux sociaux transforment tout échec, toute frustration en une blessure narcissique qu’aucun projet commun ne viendra compenser.

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Aujourd’hui, l’enjeu est plus que jamais de choisir entre Décroissance ou Barbarie

2015 et 2016 auront été marquées par des massacres aveugles dans nos capitales européennes. Des familles resteront meurtries tandis que, toutes et tous, nous portons le deuil. Mais l’émotion et la colère, aussi légitimes soient-elles, ne doivent pas nous faire tomber dans les travers d’un manichéisme dangereux. Au contraire, cette énième catastrophe doit être l’occasion de se poser les bonnes questions et d’essayer d’être lucide quant aux solutions à apporter. Si la seule réponse à ces attentats est la guerre et le repli sur soi, alors la question n’est pas la bonne. Nous souhaitons à travers ce texte inviter à une analyse des racines de ces violences, à Paris, à Bruxelles, mais aussi d’Ankara à Damas, avec la Décroissance comme grille de lecture.

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Et maintenant, les travaux pratiques

Circuits courts, gratuité, monnaies locales, villes lentes… Après avoir bousculé le dogme de la croissance économique, les idées de la décroissance fertilisent peu à peu de nombreuses alternatives concrètes.

Extraits d’un article publié dans le dossier « décroissance une révolution silencieuse » dans Politis (voir fin de l’article).

Fin 2009, une apothéose médiatique pour la décroissance en France : le président de la République en personne estime politiquement utile de livrer son opinion sur la question, et à plusieurs reprises. « Je refuse le choix entre croissance et pollution ou décroissance et protection de l’environnement. J’affirme le choix du développement durable », scande Nicolas Sarkozy [1].

La crise est planétaire, des pays sont entrés en récession et l’urgence climatique a occupé le terrain politique comme jamais à l’occasion du sommet de Copenhague. Depuis, l’économie a pourtant repris sa course, certes en boitant, mais « business as usual ». Et la décroissance a peu à peu disparu des discours et des médias, comme si les contradictions qu’elle révèle étaient désormais périmées. « Une fabuleuse dénégation », ironise l’économiste objecteur de croissance Serge Latouche.

Le monde économique n’en est pas pour autant sorti indemne, constate Vincent Liegey, chercheur interdisciplinaire sur la décroissance, qui relate la déstabilisation de ce dirigeant d’une multinationale française avouant être « à 100 % en accord » avec lui « en tant que père de famille », mais professionnellement embrigadé pour arracher le dernier dollar au marché. (…) Une victoire idéologique, estime le philosophe Fabrice Flipo : « Une bonne partie des progressistes ne parviennent plus à parler de croissance sans en être gênés. »

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Des jeux pour oublier les pains

Depuis quelques jours, il monopolise l’information et les discussions quand ce n’est pas l’espace. Depuis quelques jours, les préoccupations des français sont passées au second plan. Il est désormais plus important de savoir si Pogba va retrouver son niveau plutôt que de comprendre pourquoi des milliers de français passent leurs « nuits debouts » ou sont en grève, ou même encore d’appréhender les conséquences du TAFTA
Oui, cet Euro arrive comme un enfumage général alors qu’une partie de la France conteste le gouvernement en place et la société qu’il fabrique. Bien sûr cette contestation persiste, mais elle s’étouffe et a encore plus de mal à être visible. N’est-il pas plus intéressant, après une météo exécrable, de penser à faire la fête que de vouloir continuer à lutter ou à réfléchir ?

des pains - des jeuxNous avons déjà souligné comment le sport, et encore plus le football, véritable caricature des excès du sport-spectacle, était un outil et un relais de la société de croissance (1). Avec cet Euro 2016, c’est évidemment encore le cas… mais en pire. Ainsi, il a fallu à nouveau reconstruire des stades, toujours plus grands, plus beaux, plus sécurisés, plus coûteux et, surtout, aux frais des contribuables français pourtant toujours réticents à voir les dépenses publiques augmenter pour la santé ou l’éducation. Continuer la lecture

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Réfugiés : le naufrage occidental

L’Europe est submergée. C’est le déferlement. Un flux de clandestins est en train d’envahir l’Europe. Insupportable : « nos pays n’ont pas pour vocation d’accueillir toute la misère du monde ».
Il suffit de quelques mots, d’un vocabulaire bien choisi pour transformer les symptômes de l’effondrement de notre modèle de sociétés en « crise des migrants », voire même « islamique » entend-on parfois.
Ainsi, les fantasmes sont entretenus et la peur est exacerbée. Ainsi, le débat sur les possibles solutions est circonscrit à un cadre « défensif » comme s’il s’agissait d’un phénomène « naturel » sur lequel nous n’aurions pas de responsabilité, dont nous devrions nous protéger.
Toujours la même rengaine du phénomène naturel dont nous serions victimes : la crise, la dette, les sauterelles, les attentats, …

traverser pour piller

Et Monsieur Sarkozy qui parle de tourisme social. Faut-il être déconnecté de la réalité à ce point pour imaginer que des familles entières s’infligent de telles conditions de migration, sans réussite garantie, uniquement par tourisme ? Sarkozy est malhonnête, mais il n’est pas naïf. Tout est bon pour faire oublier que ces personnes sont des humains qui fuient la mort, qu’ils n’ont plus rien à perdre. Tout est bon pour les déshumaniser. C’est qui le touriste ? Continuer la lecture

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Une loi pour la Croissance ? Parce qu’elle le vaut bien

http://decroissance.lehavre.free.fr/gatomou.jpg

Pourquoi la loi Macron ?

C’est une loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, l’intitulé de la loi Macron est clair quant aux objectifs affichés. Le recours à l’article 49-3 de la Constitution montre l’importance de ce texte pour le gouvernement : emblématique et surtout nécessaire pour enfin sortir notre pays de leur crise. Que dit la loi Macron et que propose-t-elle ? Est-elle à ce point nécessaire qu’il ait fallu se passer de l’avis de nos élus ?

Dessin de Jérôme Sirou (2008)

La loi Macron s’articule autour de trois grands principes : libérer, investir et travailler. Le gouvernement estimant que les moteurs de la croissance sont insuffisants, entend rénover le pays pour lui-même, le moderniser et en améliorer la croissance potentielle. Cette loi vise à agir sur tous les leviers pour favoriser la relance de la croissance, de l’investissement et de l’emploi.

La Croissance et le travail restent les seules issues pour que notre avenir soit radieux. Sans eux, point de salut. La loi Macron ne fait que confirmer l’inscription de la croissance dans le marbre républicain. Lutter contre cette croissance serait donc aller à l’encontre de l’intérêt général ou comment nous diaboliser, nous qui prônons non pas la décroissance de tout pour tous mais encore moins la croissance pour quelques-uns et l’austérité pour la majorité.

Manuel Vals, le premier ministre, était sans équivoque quand il s’exprimait le 10 décembre 2014 au sujet de la loi Macron : « Le sens, c’est tout faire pour la compétitivité et l’emploi, pour lever les blocages. Tout le monde doit accepter de changer ce qui ne fonctionne pas bien et ce qui pénalise l’activité, et donc l’emploi. Je sais que cette loi bouscule mais elle ne sert qu’un intérêt : l’intérêt général ».

La loi Macron est donc une énième tentative pour relancer la mégamachine capitaliste, un énième fumigène pour cacher la déliquescence d’un système qui cherche des solutions à des crises qu’il alimente. Clairement, cette loi a été faite pour sauver le système, pas pour en sortir. Clairement, elle a été faite pour renforcer l’oligarchie et la finance, pas pour viser à un mieux vivre ensemble, des meilleurs vivres ensembles.

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Et si tous les Charlies se réappropriaient la politique ?

pas de coté« Le capitalisme canalise les frustrations des hommes, les empile, comme il accumule le capital, et fait gonfler des bulles qui finissent par crever comme des bombes. » Bernard Maris

Il y a presque 20 ans sortait sur les écrans La Haine. Ce film raconte l’histoire de notre pays, la France, en chute libre : « au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »
Nous ne voulions pas voir la chute. Nous venons de nous prendre en pleine figure cet atterrissage d’une terrible violence. Cette tragédie n’est que la partie émergée, spectaculaire, d’un mal bien plus profond.

Notre société crée des monstres. Ces monstres sont nés en France et ont grandi en France. Comment se fait-il que notre société échoue à faire grandir des enfants dans un environnement serein et apaisé ? Comment se fait-il que des franges entières de la population se réfugient dans des communautés étanches, voire hostiles, les unes des autres, qu’elles soient religieuses ou pas (la religion n’explique pas tout) ? Continuer la lecture

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Nous sommes Parti-e-s Pour La Décroissance

http://www.partipourladecroissance.net/wp-content/uploads/2008/12/logo-ppld.gifAoût 2012 : voilà qui est fait. Enfin, nous sommes Parti-e-s Pour La Décroissance… . Nous étions dans un parti et avons su le transformer en collectif. Pour en savoir plus : « Nous sommes Parti-e-s Pour La Décroissance« 

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Vito Utopique !

Un peu de lecture en ces temps d’oisiveté propice à la réflexion. Voici un récit illustré de ce que pourrait être un monde décroissant, désirable et soutenable. Très pertinent dans sa mise en scène et sa mise en dessins …

Lire ce qu’en dit Mr Mondialisation : clic

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Ce qu’il faut de courage. Plaidoyer pour le revenu universel

De revenu universel, il n’est finalement qu’assez peu question dans ce plaidoyer rédigé par l’ex-candidat à la présidentielle. On ne s’étonnera pas dès lors que, bien plus que sur les volets les philosophique, écologique ou économique, c’est sur le plaidoyer politique que Benoit Hamon est le meilleur et le plus incisif.
Benoit Hamon balaie en premier lieu l’ensemble des réalités problématiques de notre monde : relation à la valeur travail, toute puissance du système technicien, inégalités de droit et de fait, impuissance du système éducatif, impasse démocratique.
Sa défense sincère du revenu universel – dont il finit par dessiner les contours bien plus précisément que lors de sa campagne présidentielle – est aussi l’occasion de se poser en observateur de la politique mortifère de l’extrême-centrisme et de dresser en parallèle un projet politique, reprenant toute la rhétorique de gauche : laïcité, vivre-ensemble, émancipation par l’éducation, inversion des rapports de force…
Le lecteur objecteur de croissance ne sera pour autant pas dépaysé : Benoit Hamon convoque tour à tour Ellul, Illich, Gorz, Latouche, le MFRB, mentionne jusqu’à la DIA, et s’attaque en bonne et due forme au mythe de la croissance infinie dans un monde fini – on regrettera néanmoins qu’il préfère (pour se rendre audible du plus grand nombre ?) le terme de post-croissance à celui de décroissance.
L’ouvrage aborde finalement assez tardivement la question épineuse du comment (« comment le financer ? » « comment déterminer son montant ou sa nature ») en réaffirmant qu’il ne s’agit jamais d’un prodige comptable mais d’une décision souveraine, mais en ne s’exonérant pas d’une démonstration.
Dans l’ensemble, l’auteur se concentre principalement sur le pourquoi, sur le pourquoi pas, en répondant frontalement aux critiques venues de la gauche, et sur les conséquences concrètes de l’instauration d’un revenu universel. Et au fond, c’est sans doute cette bataille là qu’il faut mener en premier lieu, une bataille pour une nouvelle conquête sociale, qui demande surtout du courage politique.

« Ce qu’il faut de courage. Plaidoyer pour le revenu universel. » Benoit Hamon, Editions des Equateurs, 250 p, 18€

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Le 3 octobre, marchons sur les aéroports !

« Utiliser l’argent public pour maintenir sous perfusion une industrie incompatible avec la préservation de conditions de vie dignes sur Terre, c’est non », clament les auteurs de cette tribune. Ils appellent donc, le samedi 3 octobre, à « marcher sur les aéroports », dans des cortèges familiaux et non-violents, à pied ou à vélo.

Le samedi 3 octobre, nous marcherons sur les aéroports, avec détermination et non-violence, pour la réduction du trafic aérien et la reconversion de ce secteur, en solidarité avec les salarié.es qui subissent une crise sociale due à des mauvais choix politiques.

La crise du Covid-19 a cloué les avions au sol comme jamais auparavant. Cette situation, nécessaire pour stopper la propagation du virus, a provoqué un terrible choc pour tout le secteur aéronautique et ses employé.es.

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Le capitalisme vert et son imposture intellectuelle : toujours en marche …

Ce mercredi 9 septembre, dans une chronique diffusé dans l’émission « Par Jupiter ! » sur France Inter, l’humoriste Guillaume Meurice s’est amusé du capitalisme vert. Il aurait aussi pu parler de capitalisme durable, soutenable,…autant de termes réinvestis par le capitalisme traditionnel, servant à manipuler les esprits et à détourner le politique d’une vraie remise en question de nos sociétés. Au cours de sa chronique, il s’amuse à interroger des exposants du salon « PRODURABLE » placé sous le signe de la transition écologique et de l’économie durable.

Au menu de cette tartuferie, les plus grands pollueurs de la planète : Amazon pour les GAFAM, Philip Morris pour l’industrie du tabac. Tous venus nous vanter les bienfaits de leurs mesures envers la planète. Il faut dire que l’époque est au green washing (manière pour un individu, une entreprise, une institution de se faire passer pour un acteur écologique vertueux au travers du verdissement de sa communication tout en continuant ses activités polluantes). La journée avait commencé par une partition d’anthologie de la Ministre de la Transition écologique, confortant le caractère pertinent du récit de l’humoriste. Dans la matinale de France Inter, cette dernière faisait les louanges du plan de relance « écologique » du gouvernement, un plan sans précédent sensé nous faire basculer dans une nouvelle ère écologique. Les observations d’une myriade d’ONG, d’associations au fait de ces questions centrales, tendent à nous conforter dans l’entreprise de green washing du gouvernement. En effet, 2022 est proche et la montée des écologistes aux municipales appellent une réaction de la formation majoritaire. Il faut également noter que Barbara Pompili est maîtresse en la matière, cette écologique opportuniste s’étant elle-même appliquée le green washing pour parvenir à des postes à responsabilités.

Au cours de son échange avec le représentant d’Amazon, celui-ci en vient à nous dire par un éclair de génie : « Est-ce qu’on nous offre une alternative à Amazon ? ». Réponse goguenarde de Guillaume Meurice « Les librairies par exemple ? ». Permettez nous de compléter cette réponse en insistant que oui, il existe aujourd’hui des alternatives aux GAFAM, au capitalisme, au mythe croissanciste, au libéralisme économique. D’autres voies sont possibles pour notre société. La Décroissance permet d’en esquisser certaines. Elle est une matrice de pensée mais surtout de débat qui remet en cause et lutte contre le système capitaliste. Elle prône une relocalisation ouverte de notre économie, de recréer du lien social autour d’une convivialité retrouvée, de réduire drastiquement les inégalités, etc.

Nous vous laissons à présent vous réjouir de cette chronique juste, drôle, révélatrice et pleine de sens.

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Pop culture : Massive Attack promeut le Revenu de Base à travers une nouvelle chanson

Le groupe Massive Attack vient de sortir un EP de trois titres très politique, dans lequel ont été insérés des discours d’experts économiques et climatiques.

Après quatre ans d’absence en studio néanmoins très occupées par les tournées, dont celle des 20 ans de l’album Mezzanine l’an passé, Massive Attack, proche du mouvement Extinction Rebellion, est de retour avec Eutopia, un Ep surprise très politique. Sorti vendredi 10 juillet, ce trois titres appelle à un sursaut et à un changement de politique globale. Car il y a selon le groupe urgence à changer de logiciel.

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Un spectre hante notre société : celui de la décroissance

Alors que le « spectre de la décroissance » inquiète de plus en plus de monde, à commencer par le président Macron, plusieurs membre du collectif « Un Projet de Décroissance » reviennent sur le concept et son intérêt potentiel.

Publié initialement sur Marianne le 6 juillet 2020

Sur les chaînes d’information en continu, dans les meetings de campagne des forces d’opposition à la « vague verte« , en une des hebdomadaires, ou dans la bouche de notre cher Président face à la Convention citoyenne, un seul mot revient encore et toujours en boucle, avec peur et détestation : la décroissance. Tout, mais surtout pas ce spectre de la décroissance ! A tous ces gens de reconnaître, que « oui » il faut prendre en compte les enjeux environnementaux, que « oui » il faut revoir nos consommations mais aussi ce l’on produit, comment et où. Peuvent-ils vraiment faire autrement ? Mais pour autant, que « non », nous n’allons surtout pas jusqu’à oser parler de décroissance !

https://www.youtube.com/watch?v=tVH04X2gSAc

Ce mot-obus a sciemment été créé pour sa dimension provocatrice. Il s’attaque, dans sa sémantique, à la religion de la croissance qui façonne nos croyances et notre vision linéaire et quantitative de la société et qui impose ses lois et ses dogmes sur nos vies et notre environnement. La première force du terme décroissance est la difficulté de le récupérer. D’autres slogans, comme le développement durable, l’économie verte ou circulaire, ont rapidement été dévoyés pour se faire happer par le système et vidés de leur sens.

L’enjeu n’est pas de faire la même chose en moins, mais bien de faire différemment en mieux

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Participez à la 2ème journée mondiale de la Décroissance – Samedi 6 juin 2020

La décroissance d’abord né en France au début des années 2000 s’est depuis internationalisée et connaît un vif succès, en particulier autour de ses conférences internationales. Nous relayons ici l’appel à participer à la deuxième édition de la journée mondiale de la Décroissance :

Comme prévu, la seconde Journée Mondiale de la Décroissance aura lieu le samedi 6 juin, un peu partout à travers le monde (inscriptions, liste des rencontres, surtout virtuelles, ici).

Les restrictions actuelles liées au coronavirus ne remettent pas en cause cet événement. Elles sont au contraire une incitation supplémentaire à questionner notre modèle de société et à repenser notre manière de tisser des liens. Ainsi, des événements publics seront organisés en ligne dans le monde entier, afin de partager des alternatives à la société de croissance. Nous pouvons toutes et tous bien-vivre et nous allons le montrer !

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« Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer », le Président l’a dit, la Décroissance nous y invite

« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Nous devons aujourd’hui reprendre le flambeau et donner toute sa force à ce principe. Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir. […] Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier. »

Lors de son discours du 13 avril 2020, le président E. Macron laissait entrevoir un changement de paradigme. Justement, depuis toujours la Décroissance nous invite à explorer ce changement. Alors même si nous ne sommes pas dupes, relevons le défi. Avec ce texte, nous souhaitons partager quelques pistes de réflexions pour ouvrir des après Covid-19 possibles soutenables et souhaitables, tout en nous préservant des vieilles recettes dangereuses, injustes et absurdes. Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer pour une Décroissance choisie et conviviale.

« Le coronavirus n’est pas notre décroissance », avertissions-nous dans notre précédent texte. En effet, nous assistons à ce que nous craignions depuis des années : une société de Croissance sans croissance, la méga-machine sans carburant ni main d’œuvre… Toutefois, il y a plusieurs enseignements à tirer de cette situation.

Le premier est qu’il est possible de freiner l’économie très rapidement, en quelques jours, à l’échelle de la planète. On nous a toujours expliqués que c’était impossible. Un simple virus nous démontre le contraire. C’est possible, et nous l’avons fait.

Pourquoi ne pas continuer dans la même voie de manière préparée, réfléchie, choisie, et ainsi répondre aussi aux autres défis qui attendent notre civilisation : fin du pétrole et des métaux rares, changement climatique, effondrement de la biodiversité, appauvrissement des sols, futures pandémies, mais aussi perte de sens pour ne donner que quelques exemples.

Le deuxième enseignement est que même sans le superflu la vie continue. Ce ralentissement nous invite à réévaluer le véritable prix des choses. Notre slogan, « moins de biens plus de liens » prend une autre dimension en cette période de distanciation physique imposée.

A travers ce texte, nous souhaitons, dans un premier temps, alerter sur l’impasse que représentent les tentatives de relancer un modèle économique à l’agonie. Une nième relance par la croissance serait injuste, dangereuse, absurde et inutile. Nous proposons ensuite des pistes pour rendre ce confinement moins violent, voire convivial. Et pourquoi ne pas en faire un tremplin vers un Projet de Décroissance : ralentir pour mieux réfléchir, n’est-ce pas une chance ? Comment transformer une tragédie en opportunité ? Pour en faire quoi ? Nous vous invitons ici à penser quel(s) monde(s) souhaitables et soutenables mettre en place ? Continuer la lecture

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Confinement : en demi-résonance avec notre décroissance

Le 23 mars, le PPLD déclarait que « Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance« . Ce 11 avril, les réseaux francophones de la Décroissance signent cette tribune collective.

C’était un mardi, à midi, et nul ne l’avait prédit. Sans guère de résistance, nous avons accepté le bouleversement. Une autolimitation collective puis individuelle, ou l’inverse. Ce n’est pas « le pas de côté » que nous autres décroissants espérions. N’est-il pas évident que les mesures du confinement telles que nous les subissons révèlent en amont de la pandémie la faillite des politiques publiques qui en aval se traduit par une gestion autoritaire et techno-scientiste. Ce sont-là les deux faces d’une même biopolitique de croissance, gestionnaire, élitaire, indécente et insensible. Néanmoins, il y a dans le confinement comme un pas suspendu de la cigogne. Et ce n’est pas à dédaigner ! Après le confinement, il y aura encore la récession, des rebonds et des répliques ; mais pendant la période du confinement, conjoncturellement, il y a une espèce de décroissance ; oui, mais alors laquelle ?

Il s’agit d’un moment historique, parce que subitement c’est l’impératif économique de l’accélération et de la démesure qui est suspendu, mis entre parenthèses. Une parenthèse ouverte le 17 mars 2020 en France. Parenthèse qui se refermera peut-être en mai, ou juin, mais ouverte, maintenant, en plein cœur de la mondialisation et dans le monde entier. Plus de la moitié de la population mondiale est confinée ! Parenthèse partout ouverte sur moins de production, moins de consommation, et par conséquent moins d’extraction, moins de déchets, moins de pollutions, moins de déplacements, moins de bruit, moins de travail et donc moins de revenus, mais aussi plus du tout de vacances, plus du tout de musée ou de concert, plus du tout de rencontres sportives ni de « matchs » : plus rien qu’un « essentiel » qui reste à redéfinir…

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2020, l’année de la concrétisation d’un Projet de Décroissance ?

On a gagné ?!

Ce que nous constatons de manière intuitive et que nous annoncions depuis déjà quelques années, est à nouveau confirmé par deux récentes études : la Décroissance, en tant qu’utopie politique basée sur le partage et la solidarité, la sobriété et le ‘moins mais mieux’, devance l’imposture de l’impossible croissance verte et encore plus la dystopie mortifère du transhumanisme :

– Pour préserver l’environnement, les Français sont même devenus des adeptes de la décroissance (54% vs 45%) plutôt que d’une croissance « verte »(sondage Odoxa pour Aviva Assurance, BFM et Challenges).

– C’est l’utopie « écologique » (la Décroissance) qui sort gagnante de cette confrontation ; 55 % des répondants lui ont accordé leur meilleure note. L’utopie « sécuritaire » se classe en deuxième (elle est l’utopie préférée de 29 % des répondants), laissant l’utopie « techno-libérale » assez loin derrière (16 %), celle-ci étant pénalisée par un rejet massif des perspectives de l’augmentation de l’humain. (étude de l’Obsoco).

Mais ce n’est pas suffisant, car même si nous avançons sur le front des idées, le rouleaux compresseurs néolibéral et médiatique, telle une mégamachine de destruction, continue à avancer, d’où notre lettre ouverte à M. Apathie, oui il est temps de passer au projet politique de la Décroissance

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