2 ans après… aurions-nous déjà oublié ?

La catastrophe de Fukushima-Daichi a créé un cataclysme, il y a deux ans déjà… Au delà de l’impact humain, écologique, industriel, c’est une nouvelle prise de conscience de grande ampleur qui a eu lieu à travers le monde sur les risques et menaces inacceptables de l’usage du nucléaire pour l’ensemble des êtres vivants et leurs éco-systèmes. « Aucune autre technologie n’a créé en si peu de temps des catastrophes si « durables ». »

Et pourtant, nous avons la mémoire courte : même si la production d’énergie d’origine nucléaire a chuté en quelques années de 18 à 13 % à travers le monde, nul n’est besoin de rappeler qu’à l’heure actuelle, nous nous battons pour protéger « nos » mines d’uranium au Niger et ailleurs, celles qui assurent notre « indépendance » énergétique.

Le 9 mars prochain un appel national a été formulé par de nombreuses associations, collectifs et citoyens, en faveur de la constitution de rassemblements locaux et nationaux, pour exiger la sortie et l’arrêt du nucléaire. Des chaînes humaines et autres réjouissances seront organisées un peu partout en France et ailleurs.

A l’heure où la question des déchets reste entière et que l’après accident reste totalement ingérable, à l’heure où le ministre allemand de l’environnement remet en question la fin du nucléaire dans son pays par de simples calculs comptables : peut-on continuer à construire des EPR en France sans s’interroger sur le véritable coût environnemental et social, et à quel prix estimons-nous nos vies et celles des générations futures ?

A l’heure où TEPCO réalise le tour de force magistrale de déverser dans l’océan son stock d’eau radioactive devenu trop encombrant : qui sera assez dupe pour clamer que le pouvoir de la dilution assurera la survie et la préservation des biotopes ? Qui osera encore dénoncer les lobbies du nucléaire qui mettent en jeu notre avenir commun ?

A l’heure où la France viole les traités internationaux de non prolifération des armes nucléaires, en poursuivant la construction du Laser Mégajoule et en renforçant le financement de ses programmes de dissuasion : combien de temps accepterons-nous d’être l’un des premiers laboratoires de crimes militaires au monde ?

Le Parti Pour la Décroissance demande l’arrêt de toutes les constructions liées à l’industrie nucléaire, la sortie immédiate du nucléaire civil et l’arrêt total de l’utilisation du nucléaire militaire, la reconversion des moyens humains et financiers pour la recherche et mise en œuvre de toutes autres alternatives soutenables et respectueuses.

Mobilisons-nous le 9 mars, rejoignons les actions près de chez nous pour faire nombre, manifestons devant notre mairie avec nos voisins… mais surtout n’oublions pas de garder la mémoire vive de la catastrophe de Fukushima et passons aux actes !

 

Sources : – la chaîne Humaine et autres actions du 9 mars : http://chainehumaine.org/
– Pour une sortie immédiate du nucléaire : http://www.projet-decroissance.net/?p=346 – « Quand un risque de catastrophe existe, quand celle-ci s’est déjà produite, que l’on en connaît l’origine et que l’on a pu en mesurer l’ampleur, le bon sens voudrait que tout soit mis en oeuvre pour que ce risque disparaisse définitivement et si possible immédiatement, afin que cette catastrophe ne puisse se renouveler. » source « Nucléaire arrêt immédiat – Pourquoi, comment ? Le scénario qui refuse la catastrophe. » de Jean Luc Pasquinet et Pierre Lucot  http://golias-editions.fr/article5044.html – Nucléaire : pour lutter contre les idées reçues, éditions Utopia
http://www.mouvementutopia.org/blog/index.php?post/2011/10/26/Nucleaire-pour-lutter-contre-les-idees-recues-sortie-aux-Editions-Utopia-debut-novembre – Tepco : http://www.news26.tv/cosmopolite/342-fukushima-tepco-deverse-de-leau-radioactive-dans-la-mer.html

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One Response to 2 ans après… aurions-nous déjà oublié ?

  1. Revest Jean dit :

    N ‘acceptons pas d’entretenir une schizophrénie intellectuelle et morale. Si le nucléaire est dangereux et criminel : il faut son arrêt immédiat et sans condition. Exprimer auprès des pouvoirs publics aux ordres du lobby une demande de transition douce sur une décennie ou plus est antinomique avec le postulat initial. La clarté sur le sens des mots/maux est indispensable à conduire.

    La catastrophe nucléaire de Fukushima a commencé le 11 mars et celle de Tchernobyl le 26 avril : alors, de grâce, de travestissons pas l’Histoire en fonction de nos conforts consumériste d’esclavagisé-es.

    Le développement de stratégies sournoises de substitution historiques visent à déposséder les gens/citoyen-ne de leur capacité à transformer le réel et à ce compte-là ce sont les forces dominantes qui fixent nos jours de luttes…. (samedi je vais à la manif à Paris, vendredi je remplie mon caddy au super-marché, dimanche je vais chez « Leroy-Merlin » pour bricoler, lundi je vends mon âme à mon bon patron, mardi j’envoie 3 mails de révoltes, mercredi je consomme Arte, jeudi…)

    Fukushima c’est le 11 mars, la journée de lutte des travailleurs c’est le 1er mai, la fête nationale française est le jour de la prise de la Bastille le 14 juillet. Il serait plus juste et plus censé de se battre pour que les 11 mars et 26 avril soient décrétés jours de deuil et de commémoration nationale et internationale des catastrophes nucléaires.

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