Avenir des sociétés industrielles après le pic pétrolier

Pétrole : la fête est finie
Avenir des sociétés industrielles après le pic pétrolier
de Richard Heinberg
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« Pétrole, la fête finie », un titre éloquent pour signifier que la fin d’un monde se prépare, celui du pétrole mais plus globalement de l’énergie bon marché.

Richard Heinberg commence par ébaucher une histoire de l’humanité à travers le prisme de l’énergie, de son importance dans les mutations des sociétés (colonialisme, développement, pillage naturel) avec la révolution du charbon, le tout électrique et le miracle du pétrole.
L’auteur explique comment les Etats-Unis sont devenus la première puissance mondiale en s’appuyant sur leur richesse propre, notamment énergétique, en développant une technologie de pointe puis en organisant le monde afin de rester le maître de ces ressources (énergétiques et minières). L’exploitation des ressources naturelles et humaines est en marche et les Etats-Unis et les européens en sont les grands organisateurs et profiteurs. Ainsi, les enjeux géopolitiques s’avèrent guidés et conséquences des énergies et de leurs contrôles.

Puis, Richard Heinberg met en avant la fin de la parenthèse historique que constitue l’exploitation et l’utilisation du pétrole, devenu fondement de nos sociétés mais dont les ressources sont limitées et, en voie d’épuisement. L’auteur s’appuie sur plusieurs travaux scientifiques, notamment de ceux de M. King Hubbert avec la notion de pic pétrolier.

Alors que le pétrole est, d’ores et déjà, une énergie en voie d’extinction, Richard Heinberg dresse un état des lieux des sources d’énergie qui pourraient pallier le pétrole. Le constat est éloquent : aucune ne sera suffisante. Si des alternatives existent, elles nécessiteront, surtout, de revoir notre organisation et notre mode de vie, en privilégiant les énergies renouvelables.
Nous avons bâti notre société sur le mythe de la croissance (par exemple d’un pétrole abondant, peu chère et infini). Or, ce mythe s’étiole devant les limites physiques de la planète mais aussi face à l’échec social, environnemental et culturel de nos sociétés.

Richard Heinberg essaie d’anticiper les changements induit par le pic pétrolier en tenant compte du fait que l’humanité ne dispose pas de palliatif au pétrole aussi efficace et abondant qu’il faudrait pour maintenir notre mode de vie et d’organisation. Différents pans de l’activité humaine sont passés au cribles comme les nouvelles technologies, le transport, l’économie, l’alimentation et l’agriculture, l’environnement, le chauffage ou encore la santé publique.
Tout est à revoir et à réorganiser. Notre mode de vie comme le pétrole est voué à disparaître donc à évoluer. Les enjeux sont à la hauteur du changement d’énergie qui nous guette et de paradigme qu’il implique.

Pour finir, Richard Heinberg esquisse les grandes lignes des changements sociaux, économiques, politiques et des modes de vie afin de poser les fondations d’une société capable de perdurer. Il égrène des pistes dans plusieurs domaines et à plusieurs niveaux (individuel, collectif, national et mondial).

Cet ouvrage a le mérite de prouver de façon criante les limites de nos sociétés occidentales ou en voie d’occidentalisation en se fondant sur le pétrole, ressource indispensable au bon fonctionnement de la société mais dont la fin d’exploitation n’est pas un mythe mais bien une réalité. Nous ne devons pas l’ignorer tant elle suppose des changements qui s’apparentent à une révolution.
A travers cet ouvrage, l’idée de Décroissance apparaît naturelle et comme la solution à l’après-pétrole. A nous de diffuser cet ouvrage, de recenser les utopistes ou de les inventer pour que l’après-pétrole soit la fête que le pétrole n’a finalement jamais organisée.

« Ayant toute leur vie connu la division du travail, de nombreux membres de la société se sont retrouvés coupés des activités et processus essentiels de subsistance ; plutôt que de vivre une relation directe avec le monde naturel ils sont devenus, pour leur existence matérielle, dépendants du système de distribution économique de la société. Ce qui a subtilement instillé des attitudes de conformité et de subordination, tout en sapant les sentiments de confiance en et de compétence »

« Considérées dans leur ensemble, ces recommandations impliquent une transformation pratiquement intégrale du projet humain. Elles décrivent un changement radical de direction, du plus grand, plus rapide et plus centralisé vers le plus petit, le plus lent et le plus localisé ; de la compétition à la coopération et de la croissance perpétuelle à l’autolimitation »

« Néanmoins, les propositions doivent être formulées au grand jour. Le public doit savoir qu’il existe des alternatives à la croissance continue, à la compétition pour les ressources et à l’effondrement chaotique. Le simple fait que la majeure partie de ces propositions sont avancés par de nombreux individus et groupes un peu partout suggère une une prise de conscience collective accrue du fait que nous ne pourrons pas aller beaucoup plus loin dans l;a direction suivie actuellement. Si les dirigeants ne savent pas montrer le chemin, qu’ils fassent au-moins de la place au peuple afin que celui-ci initie les changements requis »

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