Archives de la catégorie : Billets du PPLD

C’est la course !!

Un klaxon sort Sylvie de sa torpeur. Le feu est vert, elle tourne à droite et arrive sur un immense parking. Sylvie, 42 ans, pensait encore à son travail. Chef de projet dans une société de sécurité informatique, le boulot ne manque pas et la fin de semaine sera chargée. Mais aujourd’hui, c’est mardi, et c’est relâche. En fait, elle finit plus tôt, à 15 h 00 grâce aux 35 h. Elle préférerait avoir son vendredi après-midi mais elle n’a pas encore assez d’ancienneté dans la boîte. Du coup, elle en profite et fait les courses pour la famille. Une fois sa voiture récupérée à la gare, elle file à « l’hyper » au grand désarroi de sa sœur. Cette dernière essaie de la convertir au « drive ». Depuis quelques mois, elle fait ses courses via le net. Le lendemain, elle les récupère dans un vaste entrepôt où comme, par enchantement, des petites mains les ont préparées et, les chargent même dans sa voiture. Mais Sylvie aime bien se rendre dans la zone commerciale, elle regarde les promotions, les nouveautés. Elle a l’impression de chiner. C’est presque un moment de détente. Mais aujourd’hui, priorité est donnée à l’alimentaire, pas le temps de flâner.
Déjà, le trajet en voiture n’est pas un plaisir. Il n’y a que 20 minutes entre l’appartement et la « grande surface » mais Sylvie n’aime pas conduire sur les grands axes. Par contre, une fois dans le magasin, elle sera beaucoup plus détendue, non pas parce que l’endroit est chaleureux mais parce qu’elle est seule, finalement tranquille. Elle a l’impression que c’est un temps pour elle. Cela dit, il ne faut pas traîner car à 17h30, il faudra être rentrée pour emmener Alexandre au tennis.
Sur le parking, c’est fête car une belle place l’attend, juste à côté des chariots et à moins de 20 mètres de l’entrée de du centre commerciale du Bois d’Aulne. Sylvie ne s’en souvient pas mais le nom du centre commercial fait référence à la forêt qui se tenait, jadis, en lieu et place du béton déversé par l’homme pour bâtir ce temple de la consommation. Il en reste quelques vestiges : un arbre à chaque entrée du bâtiment et un à l’intérieur de la galerie marchande.

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Je suis Suisse

Les attentats successifs nous rappellent à la violence de l’humanité. Certes à la violence que notre civilisation subit, mais ils devraient aussi nous rappeler aux violences intrinsèques de cette même civilisation et à celles qu’elle engendre. Violences trop souvent déniées.

Nous avons été Charlie, Paris, Nice, Manchester, Londres. Ce « nous » permet de nous rassembler derrière l’imaginaire d’un destin commun et d’un vivre ensemble à préserver. Avec de tels drames et actes de barbarie, comment ne pas être choqué, comment ne pas être contre, comment ne pas vouloir communier ?
Cet imaginaire commun permet surtout un lavage de cerveau en douceur. Comment également ne pas oublier les travers d’une société qui a permis un tel déclenchement de haines, comment ne pas oublier les insuffisances d’une société de Croissance de plus en plus inégalitaire, comment ne pas oublier sa violence également, plus silencieuse et moins démonstrative mais quotidienne ? (*)

Aujourd’hui, au-delà d’être mancunien, nous avons envie d’être suisse … Car ils ont fait le choix de dire non au nucléaire. Ils ont fait le choix de dire non à ses dangers, à ses violences et à ses chimères également (**).

Certes, en finir avec le nucléaire ne signifie pas un renversement à venir des schémas de pensée dominant. Mais il marque à la fois la possibilité d’action des citoyens, il signifie que nous pouvons faire bouger les lignes et, finalement, réorienter nos vies. En sortant du nucléaire, on assume de ne plus croire à l’imaginaire d’une énergie infinie et sécurisée. C’est aussi, indirectement, mettre à mal un des mythes de la société de Croissance.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous avons l’envie de dire « je suis suisse » … car nous sommes anti-nucléaires.

(*)
http://www.partipourladecroissance.net/?p=9040
http://www.partipourladecroissance.net/?p=9140

(**)
Sortie progressive mais sortie quand même.
http://www.sebasol.ch/public/Communiqu%C3%A9%20de%20presse%20de%20Sebasol%20sur%20la%20votation%20du%2021.05.17.pdf

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Front National, ce diable de confort qui permet de cacher les alternatives au capitalisme

La grande déprime…

Oui, c’est vrai, comment ne pas le constater, nos modes de vie engendrent de la frustration, du mal-être, des peurs et des haines,

Comment nier que notre système économique, pivot de notre modèle de société, est exigeant, oppressant, voire tyrannique, que ce soit pour celles et ceux qui ont un emploi, un de ces « bullshit job » ou encore celles et ceux condamnés à la précarité ou au chômage ? Les premiers doivent faire face à une remise en cause permanente d’eux-mêmes, à une pression toujours constante pour améliorer leur productivité et pour mériter leur place. Ils doivent également subir toujours plus de stress, et sont toujours plus confrontés à des questions éthiques sur leur rôle dans cette société. Les seconds font face à une misère grandissante, à toujours plus d’humiliations, à un sentiment de rejet. Nos sociétés nous mettent en concurrence en utilisant la peur du chômage. La religion des indicateurs et l’économicisme rendent nos vies et activités toujours plus absurdes. De même, en nous opposant, on renforce la peur du déclassement, toujours plus prégnante, accompagnée d’un sentiment d’abandon, de ne pas être entendu, d’être lésé par un système injuste. Nos vies, trop chargées, ne laissent que peu de temps pour souffler. La pression imposée par notre monde moderne est insupportable, à telle point que nous nous croyons dans des situations moins confortables qu’il y a 40 ans… ou que chez le « voisin », « l’autre », qui serait, lui, « protégé », « assisté »… C’était mieux avant… Et c’est mieux ailleurs…

Alors, oui, il est légitime d’exprimer ces frustrations, ces peurs. Il est sain de se révolter contre ces injustices.

Mais aussi construite, entretenue

Ces constats se retrouvent dans plusieurs études convergentes et mettent en avant un mal-être, des souffrances objectives. Mais il ne faut surtout pas négliger leur dimension subjective !

En effet, ce malaise est partiellement construit et renforcé par la société du spectacle, les médias et la publicité avec l’imaginaire qu’ils développent. Nous sommes dominés, individuellement et collectivement, culturellement et socialement, par le « toujours plus » qui génère de multiples insatisfactions. La rivalité ostentatoire, même inconsciente, est renforcée par des inégalités endémiques, en permanence exacerbée. Et ce, non sans manipulation : la publicité sait utiliser les techniques les plus subtiles, perverses et efficaces afin de nous faire désirer toujours plus en s’appuyant sur les neurosciences, la psychologie et la psychologie sociale… Ainsi, il faut consommer toujours plus pour produire toujours plus pour préserver son niveau de vie… Mais aussi conserver son emploi pour consommer encore plus…

Enfin ce mal être est d’autant plus fort qu’il fait face à un manque de projet collectif. L’individualisme exacerbé, le culte de la personne et la pression sociale intenable qu’il engendre, en particulier à travers les réseaux sociaux transforment tout échec, toute frustration en une blessure narcissique qu’aucun projet commun ne viendra compenser.

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Front National, ce diable de confort qui permet de cacher les alternatives au capitalisme

La grande déprime…

Oui, c’est vrai, comment ne pas le constater, nos modes de vie engendrent de la frustration, du mal-être, des peurs et des haines,

Comment nier que notre système économique, pivot de notre modèle de société, est exigeant, oppressant, voire tyrannique, que ce soit pour celles et ceux qui ont un emploi, un de ces « bullshit job » ou encore celles et ceux condamnés à la précarité ou au chômage ? Les premiers doivent faire face à une remise en cause permanente d’eux-mêmes, à une pression toujours constante pour améliorer leur productivité et pour mériter leur place. Ils doivent également subir toujours plus de stress, et sont toujours plus confrontés à des questions éthiques sur leur rôle dans cette société. Les seconds font face à une misère grandissante, à toujours plus d’humiliations, à un sentiment de rejet. Nos sociétés nous mettent en concurrence en utilisant la peur du chômage. La religion des indicateurs et l’économicisme rendent nos vies et activités toujours plus absurdes. De même, en nous opposant, on renforce la peur du déclassement, toujours plus prégnante, accompagnée d’un sentiment d’abandon, de ne pas être entendu, d’être lésé par un système injuste. Nos vies, trop chargées, ne laissent que peu de temps pour souffler. La pression imposée par notre monde moderne est insupportable, à telle point que nous nous croyons dans des situations moins confortables qu’il y a 40 ans… ou que chez le « voisin », « l’autre », qui serait, lui, « protégé », « assisté »…  C’était mieux avant… Et c’est mieux ailleurs…

Alors, oui, il est légitime d’exprimer ces frustrations, ces peurs. Il est sain de se révolter contre ces injustices.

Mais aussi construite, entretenue

Ces constats se retrouvent dans plusieurs études convergentes et mettent en avant un mal-être, des souffrances objectives. Mais il ne faut surtout pas négliger leur dimension subjective !

En effet, ce malaise est partiellement construit et renforcé par la société du spectacle, les médias et la publicité avec l’imaginaire qu’ils développent. Nous sommes dominés, individuellement et collectivement, culturellement et socialement, par le « toujours plus » qui génère de multiples insatisfactions. La rivalité ostentatoire, même inconsciente, est renforcée par des inégalités endémiques, en permanence exacerbée. Et ce, non sans manipulation : la publicité sait utiliser les techniques les plus subtiles, perverses et efficaces afin de nous faire désirer toujours plus en s’appuyant sur les neurosciences, la psychologie et la psychologie sociale… Ainsi, il faut consommer toujours plus pour produire toujours plus pour préserver son niveau de vie… Mais aussi conserver son emploi pour consommer encore plus…

Enfin ce mal être est d’autant plus fort qu’il fait face à un manque de projet collectif. L’individualisme exacerbé, le culte de la personne et la pression sociale intenable qu’il engendre, en particulier à travers les réseaux sociaux transforment tout échec, toute frustration en une blessure narcissique qu’aucun projet commun ne viendra compenser.

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Des trains de nuit pour une transition dans les transports

Cela fait quelques années que les trains de nuit ne sont plus une priorité : pas assez rapides, pas assez confortables, pas assez modernes. Aujourd’hui, il ne reste que quelques lignes en fonctionnement … pour quelques mois encore.

La fin des trains de nuit est une manifestation supplémentaire du renoncement à prendre le temps de vivre. Nous ne prenons plus le temps du voyage. Le voyage est en train de disparaitre au bénéfice de la destination. L’espace est réduit à un point de départ et à un point d’arrivée. Et entre les deux, que du vide …

Mais ce n’est pas seulement une certaine façon de voyager qui se perd, c’est une fois encore la sacro-sainte « loi » de l’économie qui nous domine. En obéissant à ces « lois », nous remplaçons ce moyen de transport peu polluant et convivial, par du co-voiturage, des avions ou bus low-cost (les externalités n’étant pas à la charge des
entreprises) ou encore des trains de jour avec les lignes à grandes vitesse (LGV). Une certaine vision de l’avenir !

Il est loin le temps où le train maillait notre territoire pour désenclaver certaines zones. Aujourd’hui auto-routes et LGV sont chargés de l’aménagement du territoire, d’un territoire finalement qui n’est plus que traversé, presque caché. Rappelons que la terminologie officielle des trains de nuit est «trains d’équilibre du territoire». Des trains, justement qui permettaient – avec de rares intercités – de voyager avec son vélo sans être obligé de le démonter.

Un des axes de changement soutenu par la Décroissance est la relocalisation ouverte, c’est à dire ; de nombreux petits territoires dynamiques reliés entre eux. C’est pour cela qu’il faut défendre nos derniers trains de nuits. Non comme un vestige d’une société ayant du mal à se séparer de son passé, mais bien pour anticiper les sociétés relocalisées de demain.

Argumentation, actions, pétition: voir https://ouiautraindenuit.wordpress.com/

Le PPLD

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Le Revenu d’Existence, nouveau candidat à l’élection présidentielle ?

logo-ppldLe revenu d’existence fait irruption dans le débat public. Nombreux sont les responsables politiques à le reprendre, mais en y accolant des objectifs bien différents. On ne peut penser cet outil indépendamment du projet de société dans lequel il s’inscrit, rappellent les co-auteurs du Manifeste pour une Dotation inconditionnelle d’autonomie. Car derrière le revenu d’existence, c’est la répartition des richesses et du travail, la réappropriation des productions et des services publics, qui doivent être débattues. Tribune.

Le revenu d’existence continue sa progression dans le débat public, à tel point qu’il s’invite dans la campagne présidentielle. De nombreuses personnalités politiques le soutiennent, de Kosciusko-Morizet à Hamon, en passant par Poisson, Valls, Macron ou encore tous les candidats à la primaire écologiste. Une telle irruption dans le débat public ne peut que nous interpeller et nous questionner.

Souvent considéré comme un moyen pour rendre la vie plus égalitaire, dans une société marquée par un chômage de masse, le revenu d’existence serait un moyen d’éliminer la grande pauvreté et la misère. Il est aussi présenté comme une réponse au mythe de la numérisation et de la robotisation censées remplacer les travailleurs. D’autres voient en lui une opportunité de rationaliser le système d’aide sociale dans l’optique d’effectuer quelques économies, et aussi de flexibiliser le marché du travail. Enfin, certains n’oublient pas que cet outil donnerait les moyens de gagner en autonomie et de développer les activités non marchandes.

Évidemment, ces différentes approches, aux ambitions souvent antagoniques, entraîneraient des dispositifs de mise en place bien différents.

Définir au préalable un cadre politique avant de parler de revenu d’existence

Le débat s’ouvre, mais n’est-il pas faussé et confus dès le départ ? Si chacun y projette ses espoirs et ses craintes, chacun a surtout des objectifs bien différents, voire opposés. Pour nous, ce débat pourrait être une bonne nouvelle, si la question du projet de société était en son cœur et non pas éludée (consciemment ou non). Cela n’a aucun sens de s’enfermer dans des débats techniques (financements, hauteurs, conditions, âges, etc) si les projets de sociétés ne sont pas clairement et ouvertement débattus.

Ces dernières années, nous avons participé à plusieurs rencontres publiques et avons publié plusieurs interviews ou articles pour alerter sur la stérilité, voire les risques, de parler de revenu d’existence sans au préalable définir un cadre politique. Le revenu d’existence n’est qu’un outil et ne peut en lui-même représenter un projet de société cohérent, d’où la cacophonie à laquelle nous assistons actuellement.

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Christophe Degennes nous a quitté

christophe-degennes-2010-1Adieu l’artiste

On l’appelait Coincoin,

En 2008, nous avions relancé le PPLD avec lui. Militant dans l’âme, il a largement contribué à construire le mouvement de la Décroissance et à le faire vivre.
Vous l’avez certainement croisé aux (f)Estives de la Décroissance, lors des actions de résistance (à NDDL, lors des contres-G8 ou de rencontres écolos et/ou de gauche). Vous étiez peut-être avec lui à battre le pavé parisien lors des nombreuses manifestations auxquelles il participait, à peindre des banderoles, … ou à refaire le monde jusqu’au bout de la nuit.
Certains se souviendront de son appart’ du 5ème étage, adossé au Sacré Coeur, escale heureuse, pleine de rires et de révoltes.

Christophe Degennes s’est éteint le 11 septembre 2016 au petit matin, entouré d’amis.

Tu nous manqueras

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Aujourd’hui, l’enjeu est plus que jamais de choisir entre Décroissance ou Barbarie

2015 et 2016 auront été marquées par des massacres aveugles dans nos capitales européennes. Des familles resteront meurtries tandis que, toutes et tous, nous portons le deuil. Mais l’émotion et la colère, aussi légitimes soient-elles, ne doivent pas nous faire tomber dans les travers d’un manichéisme dangereux. Au contraire, cette énième catastrophe doit être l’occasion de se poser les bonnes questions et d’essayer d’être lucide quant aux solutions à apporter. Si la seule réponse à ces attentats est la guerre et le repli sur soi, alors la question n’est pas la bonne. Nous souhaitons à travers ce texte inviter à une analyse des racines de ces violences, à Paris, à Bruxelles, mais aussi d’Ankara à Damas, avec la Décroissance comme grille de lecture.

charlie-decroissance

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Des jeux pour oublier les pains

Depuis quelques jours, il monopolise l’information et les discussions quand ce n’est pas l’espace. Depuis quelques jours, les préoccupations des français sont passées au second plan. Il est désormais plus important de savoir si Pogba va retrouver son niveau plutôt que de comprendre pourquoi des milliers de français passent leurs « nuits debouts » ou sont en grève, ou même encore d’appréhender les conséquences du TAFTA
Oui, cet Euro arrive comme un enfumage général alors qu’une partie de la France conteste le gouvernement en place et la société qu’il fabrique. Bien sûr cette contestation persiste, mais elle s’étouffe et a encore plus de mal à être visible. N’est-il pas plus intéressant, après une météo exécrable, de penser à faire la fête que de vouloir continuer à lutter ou à réfléchir ?

des pains - des jeuxNous avons déjà souligné comment le sport, et encore plus le football, véritable caricature des excès du sport-spectacle, était un outil et un relais de la société de croissance (1). Avec cet Euro 2016, c’est évidemment encore le cas… mais en pire. Ainsi, il a fallu à nouveau reconstruire des stades, toujours plus grands, plus beaux, plus sécurisés, plus coûteux et, surtout, aux frais des contribuables français pourtant toujours réticents à voir les dépenses publiques augmenter pour la santé ou l’éducation. (suite…)

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La COP 21 est finie, vous pouvez reprendre une activité normale

La grande messe du développement durable est terminée. Elle a débouché sur l’Accord de Paris qui entend limiter l’élévation des températures à 1,5 °C. Cet accord reconnaît clairement que c’est bien l’activité humaine qui dérègle le climat. Déjà, rien que cet objectif est un aveu … un aveu de l’échec du système croissanciste puisque c’est bien lui qui nous a amené dans cette situation quasi-inextricable mais, pas de panique, c’est lui qui devrait nous en sortir.

« On ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celle qui l’a créé »
Albert Einstein

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Le sapin de l’Elysée, preuve que les temps changent ?
A peine la COP 21 terminée, le sapin de l’Elysée a été livrée :11 mètres de hauteur, 4,5 mètres d’envergure pour un poids de 2 tonnes. C’est un modeste sapin qui trône dans la cour de l’Elysée pour ce Noël 2015. Preuve que le temps de la démesure est fini. Sauf qu’en 2014, il faisait les mêmes dimissions tandis que celui de 2013 était plus … petit : 10 mètre seulement pour 1,5 tonnes.  Ce n’est qu’un symbole mais n’aurait-il pas fallu être exemplaire ?
D’autant plus, que sa livraison a été épique. Il a fallu le faire venir du Morvan après l’avoir arraché à sa terre natale. Il a fallu ensuite le transporter en péniche, sur la Seine, car c’est plus écologique et, bien moins polluant que le camion. L’Elysée parle même d’un acheminement éco-responsable. Certes, le camion a quand même été utilisé puisque le « beau sapin » n’a pas poussé le long de la Seine. C’est seulement 213 kilomètres qu’il a fait sur l’eau, un peu moins même puisque sa péniche a connu une avarie et il a fallu en trouver une autre et, c’est un beau camion qui a dû faire la transition (pas très écologique pour le coup). Nous pouvons nous demander si le comportement le plus éco-responsable n’aurait pas été de ne pas se sacrifier à la tradition du sapin, d’autant plus qu’il a fallu 200 heures pour le décorer avec, notamment 2 kilomètres de guirlandes et presque 200 000 ampoules mais basses consommation. Ouf !

Certes, ce n’est qu’un symbole mais au lendemain d’une COP 21 décrite comme la plus belle et la plus pacifique des révolutions par le président Hollande, le petit matin est bien blême dans la cour de l’Elysée malgré ces lumières de Noël et, confirme que la transition ne viendra pas des oligarques qui nous gouvernent. Pendant ce temps, le monde du ski a également apporté sa contribution en mettant à contribution moult canons à neige pour satisfaire les touristes français avides de ski et d’ivresses. Les mêmes qui envahissent nos montagnes avec leurs automobiles et un matériel toujours plus à la pointe. Une station de sports d’hiver a même fait venir 100 tonnes de neiges par hélicoptère, vive le sport.

« Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, il y a eu bien des révolutions depuis des siècles mais aujourd’hui c’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie : la révolution sur le changement climatique. »
François Hollande

La COP21 et des robocop … pour un échec
C’était prévisible mais l’Accord de Paris sonne creux. Il se félicite, il renouvelle, il demande, il convient mais ne décide de rien. Cet accord a, néanmoins, le mérite d’instaurer une reconnaissance globale de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. Il reste une formidable prise de conscience de la part des chefs d’Etat, pourtant régulièrement alerté depuis plus des décennies (ne l’oublions pas).
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Vive les élections !

vent de droiteLe résultat des dernières élections régionales n’est pas une surprise. L’abstention reste majoritaire tandis que le premier parti de France est désormais … le Front National. Oui, la France, ce pays des droits de l’homme, de la liberté d’expression sauvagement bafouée le 07 janvier 2015, cette France qui se disait résistante et debout, cette France qui n’avait pas peur au lendemain du 13 novembre dernier, a pourtant placé un parti d’extrême-droite en tête dans 6 régions.

Et un énième « réflexe républicain » ne pourra plus nous satisfaire. Devons-nous, encore une fois, l’utiliser pour l’oublier au petit matin ? Devons-nous nier le mal-être de 65 à 70% d’électeurs, et ainsi laisser le PS et le LR continuer les mêmes politiques ?

Le mal est là et l’ignorer va le renforcer. L’abstention comme le FN sont des conséquences directes du mal-être engendré par le capitalisme et du système démocratique qui en découle. Ils sont la confirmation d’un système à bout de souffle. La gestion à court terme a remplacé la vision de l’avenir. L’économicisme à détruit le désir de projet de société. Le seul projet de nos gouvernants est de se maintenir au pouvoir, eux et l’oligarchie. Cette oligarchie qui nie la crise systémique, dont elle est responsable.

C’est bel et bien le renoncement de nos dirigeants à proposer un projet de société cohérent et en phase avec les enjeux du XXIème siècle qui est une nouvelle fois sanctionné. C’est bel et bien l’incapacité de nos dirigeants à répondre aux crises du système croissanciste qui pousse les gens à chercher des solutions dans l’exacerbation de ce même système

Mais ne nous trompons pas, le Front National aboie fort, mais il ne représente en rien les valeurs de la contestation du système. Ce parti n’est pas anti-système, il en est une excroissance cancéreuse qui s’en nourrit. Il souhaite seulement l’exploiter à son profit en créant des peurs, en divisant, en stigmatisant, en rejetant. Plus grave, il remet en cause les rares valeurs, déjà brinquebalantes, qui cimentent notre société, que ce soit l’égalité, la fraternité, la laïcité, le vivre ensemble, l’idée de justice sociale ou encore la liberté. Quel projet de société peut se fonder sans ces valeurs ? Oui, ce vote nous ébranle car la crise actuelle semble nous amener la pire des barbaries politiques. Le renforcement de l’individualisme, la montée des peurs (peur des attentats, peur du chômage, peur de la crise écologique, peur du migrant) amorcent une défaite de la pensée.

Aujourd’hui, c’est de l’espoir qu’il faut donner et non de la haine. C’est de la démocratie qu’il faut demander et non une politique sécuritaire. C’est une ouverture qu’il faut construire et non un repli pour s’opposer. Nous devons, plus encore aujourd’hui, continuer d’investir tous les champs d’action politique. Nous devons, ici et maintenant, sortir dans les rues, agir, construire les sociétés de demain, qui ne seront ni bleus marine, ni brune mais conviviales … ici, là, ailleurs, … ou même en terrasse.

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Nous ne voulons pas être qu’en terrasse

Aujourd’hui, nous ne voulons pas être en terrasse, ni dans une salle de spectacle, ni dans un stade et encore moins dans les magasins. Non, aujourd’hui, nous souhaitons être dans la rue, manifester, avoir des idées à propos du climat, faire de la politique et exercer notre droit d’être citoyen. Nous voulons jouir de cette liberté qui a été bafouée le 13 novembre, et qu’on nous interdit au nom de ce même 13 novembre. Après que les manifestations liées à la COP21 aient été interdites (1), puis violemment réprimée à Paris (2), certains militants sont assignés à résidence comme peuvent l’être des terroristes (3).


RoboCOP21

Alors que nous avons besoin de plus de démocratie, de plus d’égalité, de plus d’idées pour faire évoluer nos sociétés, le gouvernement fait l’inverse et stigmatise les opposants.

Est-ce possible que nos gouvernants n’aient rien compris au phénomène Daesh au point de traiter des citoyens responsables comme des terroristes en puissance ? Bien sûr que non. Toutes les opportunités et toutes les émotions sont bonnes à prendre pour lutter en toute impunité contre celles et ceux qui posent les bonnes questions ; ces ennemis intérieurs, les plus à même de mettre en évidence l’hypocrisie de la conscience écologique et sociale de l’oligarchie (4) (5).

Le gouvernement lance des appels affectés à célébrer les valeurs d’un pays dont la devise est « liberté, égalité, fraternité ». Beaucoup de citoyens parlent de résistance, affirment qu’ils n’ont pas peur. Les médias parlent d’une France debout et fière. Comme s’il suffisait de s’en remettre au drapeau bleu-blanc-rouge pour que les intérêts de toutes et tous, ici et ailleurs, aujourd’hui et demain, soient pris en compte. Et bien, nous ne sommes pas d’accord. Ça ne suffit pas. Cette unité soi-disant retrouvée est un faux semblant, et s’apparente à un cheval de Troie, car au final, l’état d’urgence appliqué ainsi fait reculer nos droits à toutes et tous… et nous empêche de faire ce que nous devrions faire : de la politique ! (6)

Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’être en terrasse, il s’agit d’avoir des idées et de pouvoir les exprimer pacifiquement dans la rue. La démocratie ne doit pas être réservée qu’à une pseudo-élite dans les salons feutrés de la COP21. Nous en sommes les acteurs légitimes. La démocratie doit se jouer partout, dans les commissions, dans les alternatives, dans la rue, et même en terrasse. (suite…)

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Réfugiés : le naufrage occidental

L’Europe est submergée. C’est le déferlement. Un flux de clandestins est en train d’envahir l’Europe. Insupportable : « nos pays n’ont pas pour vocation d’accueillir toute la misère du monde ».
Il suffit de quelques mots, d’un vocabulaire bien choisi pour transformer les symptômes de l’effondrement de notre modèle de sociétés en « crise des migrants », voire même « islamique » entend-on parfois.
Ainsi, les fantasmes sont entretenus et la peur est exacerbée. Ainsi, le débat sur les possibles solutions est circonscrit à un cadre « défensif » comme s’il s’agissait d’un phénomène « naturel » sur lequel nous n’aurions pas de responsabilité, dont nous devrions nous protéger.
Toujours la même rengaine du phénomène naturel dont nous serions victimes : la crise, la dette, les sauterelles, les attentats, …

traverser pour piller

Et Monsieur Sarkozy qui parle de tourisme social. Faut-il être déconnecté de la réalité à ce point pour imaginer que des familles entières s’infligent de telles conditions de migration, sans réussite garantie, uniquement par tourisme ? Sarkozy est malhonnête, mais il n’est pas naïf. Tout est bon pour faire oublier que ces personnes sont des humains qui fuient la mort, qu’ils n’ont plus rien à perdre. Tout est bon pour les déshumaniser. C’est qui le touriste ? (suite…)

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Faut-il décroître pour sauver le climat ?

Le PPLD a été invité par EELV à participer au premier débat des journées d’été 2015 à Lille. « Faut-il décroître pour sauver le climat ? ».
Animé par Christelle de Crémiers et Jean Morlais co-animateurs du Groupe de Travail Economie Ecologiste ; Mathilde Szuba, docteure en sociologie de l’environnement et secrétaire de l’Institut Momentum ; Michel Sourrouille, démographie responsable et animateur du groupe de travail Démographie et Stéphane Madelaine, objecteur de croissance, co-auteur de « Un Projet de Décroissance, Manifeste pour une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie ».
C’est pour le jeudi 20 aout. Voici ci-dessous, à titre indicatif, un texte relatif à cette question

Affiche de l’Alternatiba du Havre

Conference of Parties’, COP21
A la fin de cette année 2015, aura lieu la 21ème Conférence annuelle des Parties, également connue sous le nom de la Conférence sur le Climat à Paris. La France envisage d’obtenir, pour la première fois en plus de 20 ans de négociations aux Nations Unies, un accord universel juridiquement contraignant sur le climat, ayant pour but de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C.

Une société entière mobilisée … à différents niveaux
Ainsi, toute la société se mobilise, que ce soient les institutions, les médias ou les associations non gouvernementales et militantes. En France, dans le mouvement militant, les Alternatiba sont probablement les événements les plus marquants de cette année 2015. Mais même les citoyens ordinaires sont concernés. Du moins, ils sont sensibilisés par la question. Et chacun y va de sa solution, ou de son panel de solutions.
D’aucun travaillent sur l’habitat. D’autres sur l’agriculture. Certains réfléchissent au système économique, et notamment aux moyens d’échanges via les monnaies locales, etc … Mais ce qui mobilise le plus de monde, ce sont les moyens de production, notamment la production d’énergies alternatives au pétrole.
Selon la vocation et l’échelle de la structure, – industrielle, capitaliste, écologiste, localisée -, la démarche est plus ou moins sincère, et les alternatives sont diverses et variées : ça va des gaz de schistes, aux énergies renouvelables telle que le solaire et l’éolien, en passant par des « solutions » inattendue telles que la fabrication de pétrole de synthèse via de l’eau ou d’autres ressources, ou tout simplement des impostures tel que la pile à combustible, et l’air comprimée, quand elles sont présentées comme une source d’énergie. Et enfin, ne parlons pas des énergies libres qui sont pourtant présentées par les plus écologistes ou anticonformistes, notamment en opposition au lobby du pétrole qui empêcherait le développement d’énergies révolutionnaires.
Il y aurait beaucoup à dire sur toutes ces alternatives, sur leur énergie nette, sur la confusion à propos de leur nature (entre source naturelle d’énergie et énergie transportée et stockée) (suite…)

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