Archives de la catégorie : Billets du PPLD

Sur le terrain, les « utopies concrètes » font vivre la décroissance

Si les « utopies concrètes » se multiplient – monnaies locales, circuits courts… – la décroissance est plus discrète sur le terrain des idées. Les auteurs de cette tribune appellent à la vigilance : pour éviter leur récupération par le système marchand, « les réflexions ne doivent pas rester cantonnées aux cercles militants ».

Gwenhaël Blorville est docteur en sociologie et rédacteur en chef de La Gazette de Gouzy –- le journal dessiné de la décroissance. Paul Ariès est politologue et délégué de l’Observatoire international de la gratuité. Vincent Liegey est essayiste, coauteur d’Un Projet de décroissance (Éditions Utopia, 2013). Tous deux sont parrains de cette gazette militante et gratuite.

Source : https://reporterre.net/sur-le-terrain-les-utopies-concretes-font-vivre-la-decroissance


Presque vingt ans après son apparition, la décroissance se fait en apparence plus discrète. L’idée de remettre en cause la croissance économique comme fin en soi n’a cependant pas disparu, loin s’en faut. Si le terrain des idées se fait moins visible, il n’est pas déserté pour autant mais l’heure est désormais aux « utopies concrètes » locales. Les expérimentations sur le terrain foisonnent : des monnaies locales aux circuits courts, en passant par le retour de communs, d’ateliers de réparation ou encore de zones de gratuité… La décroissance infuse lentement des pans entiers de la société.

La décroissance, un mouvement irrécupérable par le capitalisme

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD, Soutiens du PPLD | Laisser un commentaire

Aujourd’hui aussi, je mets mon gilet jaune …

Depuis plusieurs semaines, le mouvement des « gilets jaunes » secoue la France : mobilisation citoyenne de masse, routes bloquées, économies en berne. Le gouvernement Macron-Philippe tangue sérieusement. L’état d’urgence a même été évoqué pour faire face à une situation quasi-insurrectionnelle. Il serait donc légitime de se demander ce qu’il se cache derrière un mouvement aussi hétérogène et réfractaire à l’ordre établi. Il serait légitime de s’interroger sur son organisation, ses modes de contestation et sa violence.

On pourrait. Mais l’essentiel est de prendre conscience des profonds enseignements à tirer des « gilets jaunes ». Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels sont les liens avec les problématiques qui animent les objecteurs de croissance ? Comment la Décroissance peut se positionner ? Quelles mécanismes de sécurités sociales proposer pour aborder sereinement la transition écologique ?

Soyons déjà convaincus que le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas uniquement fondé sur la simple contestation de la fiscalité écologique ou, plus largement, contre les taxes. Bien sûr, la taxe sur les carburants a fait office de détonateur, non pas parce que les « gilets jaunes » contestent l’écologie, mais parce qu’ils contestent l’injustice. C’est bien parce que de plus en plus de citoyens sont dans l’impossibilité de vivre dignement que ce mouvement a émergé.

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD, Communiqués de presse | 1 commentaire

Une loi pour 2024 qui condamne notre futur

Maintenant que la France s’est engagée à accueillir les JO (jeux olympiques) en 2024, la ministre des sports doit, désormais, porter un projet de loi pour adapter la loi française aux conditions exigées par le CIO (comité international olympique).

Cette loi olympique comprendra plusieurs dispositions visant simplement à simplifier et accélérer les règles relatives à l’urbanisme, à l’environnement et au logement notamment en allégeant les formalités et autres procédures et en réduisant les temps de concertation (par exemple pour les expropriations). La raison est simple : disposer des installations souhaitées en temps et en heure. Peu importe que les principes qui fondent notre droit soient reniés, il faut dire que la chose la plus importante est d’accueillir des sportifs et des touristes du monde entier en 2024.

La privatisation des espaces publics est renforcée à travers le renforcement de la publicité sur des monuments historiques ou des sites classés. Les lieux potentiellement concernés sont notamment le champ de mars, l’esplanade des Invalides, les Champs Élysées, les jardins du Trocadéro, le parc de Versailles, le Grand palais. Paris risque de devenir une vitrine pour les annonceurs olympiques.
Cette loi prévoit également de réserver des voies de circulation pour les délégations olympiques et les athlètes. Nous devrons donc nous arrêter pour laisser passer ces cortèges. Une loi dont le but simplement de créer une voie de circulation pour des privilégiés.

Patrick Clastres, historien du sport et spécialiste de l’olympisme, parle d’une « loi d’exception » car elle « suspend dans un espace donné et à un moment donné la loi ordinaire ». Et, les quelques gages de transparence, prévoyant un contrôle de la Cour des comptes ou encore l’obligation de déclaration du patrimoine pour les membres du COJO (comité d’organisation des jeux olympiques), ne sauraient nous duper. (suite…)

Publié dans Billets du PPLD | 3 commentaires

C’est la course !! (fin)

Nous avons vu que les grandes surfaces ont envahi les périphéries de nos villes. Loin de ceintures vertes, ce sont des ceintures de béton et d’enseignes lumineuses qui enlaidissent nos villes. Et pour s’y rendre, l’automobile est le mode de déplacement roi.

Ainsi, les grandes surfaces s’inscrivent dans la civilisation de l’automobile en parallèle aux terribles habitats pavillonnaires et aux grands ensembles. Nos territoires sont ainsi remodelés avec de grandes voies menant de l’habitat aux lieux de consommations : des dizaines de kilomètres d’asphaltes afin que nous puissions rouler au plus vite pour assouvir notre besoin de consommer. Les grandes surfaces sacralisent les périphéries urbaines, le béton et l’automobile. Cette dernière est l’outil magique pour s’y rendre, mais aussi pour ramener facilement ses achats, le coffre d’une automobile est plus pratique que des bras, surtout lorsque nous faisons les courses pour une semaine. Du coup, tout est fait pour l’automobile : les accès, mais surtout les parkings gigantesques qui font face aux grandes surfaces comme la plage fait face à la mer. De fait, les grandes surfaces s’inscrivent dans la pavillonarisation de nos sociétés et participent à l’étalement urbain, véritable fléau de nos sociétés, qui sacrifient notre agriculture locale pour loger des voitures qui permettent d’acheter des produits-monde.
Plus récemment, un nouvelle façon de faire ses courses est apparue avec le « drive ». Une nouvelle façon qui relie les écrans aux grandes surfaces avec l’automobile comme lien. Le principe est simple, mais l’enjeu est important, car il relie les grandes surfaces avec le consommateur via internet. Le consommateur prépare et valide sa commande sur le net et peut passer la récupérer quelques heures après. Pendant ce temps, des petites mains la préparent et se chargeront même de les ranger dans le coffre de la voiture. Les avantages sont nombreux pour les acteurs de la grande distribution, lui permettant de prendre pied dans le multi-canal tout en fidélisant le client et en l’orientant toujours plus vers la consommation de certains produits.

Un des arguments pour promouvoir le drive est le gain de temps. Evidemment, l’objectif n’est pas de prendre son vélo le matin pour aller au marché, rencontrer des gens, des militants et des producteurs ou des marchands soucieux de leurs produits. Non, l’objectif est bien d’aller vite, de faire « moderne et confortable » (pub Auchan). La logique est simple : vous êtes assis sur le canapé et vous cliquez pour faire vos courses. Puis, vous allez les récupérer … assis dans votre voiture. Vous n’avez même pas à sortir de votre voiture, puisqu’un employé viendra charger vos courses dans votre coffre avec le sourire. Une fois chez vous, vous n’avez qu’à ranger tout ça et vous rasseoir devant votre écran. Ecran, voiture, écran : la vie est bien faite.
Reprenons Raoul Anvélaut dans le journal « La décroissance »2  sur le drive : « Pratique, non ? Et vous ne voyez pas non plus les « préparateurs de commande » qui s’échinent dans l’ombre à porter et préparer à votre place. Tout comme le lecteur qui achète un livre sur Amazon ne voit pas la chaîne d’exploitation qu’il y a entre son clic et le colis qu’il reçoit dans sa boîte. Le consommateur-roi est servi. Tout vient à lui  ] …[ le magasin drive pousse toujours plus loin les limites de la dépersonnalisation de l’existence, de son artificialisation dans un environnement hors-sol, fait d’écrans et de machines ». En agissant de la sorte, le consommateur pense gagner du temps mais ne voit pas qu’il dépersonnalise encore plus son existence et son environnement, artificialisant encore plus son environnement (avec des hypermarchés hors-sol). (suite…)

Publié dans Billets du PPLD | Commentaires fermés sur C’est la course !! (fin)

C’est la course !! (suite)

« La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes ». 
John Maynard Keynes

Aujourd’hui, plus de 70 % des produits alimentaires sont achetés en grande surface. Mais l’alimentaire ne constitue pas leur seul champ d’action. Désormais, tout se retrouve dans les grandes surfaces spécialisées (jouets, vêtements, bricolage, sport …) créant ainsi d’immenses zones commerciales qui pullulent aux périphéries de toutes les villes de France. Qu’est-ce qui se cache derrière ces mastodontes que nous retrouvons en format réduit dans les centres de nos villes, ou en périphérie de nos plus grands villages ? Sont-ils là simplement pour nous faciliter la vie, pour vivre mieux et mieux consommer ou, au contraire, sont-ils l’aboutissement de l’emprise d’un capitalisme exaspérant dans sa volonté de contrôler nos modes de vie ?

Les grandes surfaces sont apparues après la deuxième guerre mondiale, dans un contexte où notre mode de vie va largement évoluer avec une urbanisation croissante, le salariat et le travail des femmes en plein essor, l’industrialisation de l’agriculture mais aussi l’équipement des ménages en réfrigérateur et en automobile.
Elles se sont répandues tout au long des « trentes ravageuses » (1) et encore plus après. C’est simple, plus le capitalisme s’est libéré, plus les grandes surfaces ont gagné du terrain et, plus le béton a dominé la terre. Ne soyons pas dupes, derrière les slogans alléchants des grandes surfaces se cachent les capitalistes les plus outranciers. Derrière les rêves, se cachent une idéologie et des conséquences désastreuses.
Ne voir les grandes surfaces que comme un amoncellement de produits moins chers pour le consommateur, c’est comme regarder un paysage avec une loupe, c’est manquer l’essentiel ; c’est oublier que les grandes surfaces sont un maillon essentiel du système capitaliste.
Et, leurs implantations ont des conséquences tant au niveau spatial qu’au niveau de nos modes de vie, avec des conséquences sociales et écologiques « invisibles ».

Un maillon du capitalisme le plus débridé
Les grandes surfaces sont à la base d’un des fondements du capitalisme qui consiste à vendre en masse tout en imposant des normes de consommation, pour justement consolider cette consommation de masse. Or, qui dit consommation de masse suppose une production de masse dont l’aboutissement est l’émergence et le développement exponentiel, tout au long du XXème siècle, du complexe agro-alimentaire. Ce complexe va uniformiser nos goûts pour uniformiser les productions, pour finir par uniformiser nos vies.
Les grandes surfaces concentrent désormais l’ensemble de nos besoins à des coûts réduits. Ainsi, nous pouvons effectuer les courses du foyer pour une semaine, quinze jours, quand ce n’est pas pour le mois. Les grandes surfaces deviennent immenses, démesurées. L’offre de produits devient presque indécente : le même gâteau est présent sous un packaging différent à 3 ou 4 reprises. Car l’objectif des grandes surfaces est de faire des bénéfices, d’en faire toujours plus, il faut donc que le consommateur consomme plus, toujours plus. A cette fin, il faut d’un côté tirer les prix vers le bas auprès des producteurs et, d’un autre côté lui imposer ou créer de nouveaux besoins qui aboutiront à de nouveaux achats. Les grandes surfaces maîtrisent le « vendre moins cher » par la réduction des coûts du personnel (libre-service et rationalisation du stockage et de la manutention), un aménagement dépouillé des magasins, la massification des commandes, la rotation accélérée des stocks, et surtout la réduction des marges pour les producteurs (2).
Mais, toujours dans l’optique de vendre plus, les grandes surfaces s’efforcent d’inspirer ou prescrire des besoins que le consommateur n’avait pas en entrant dans le magasin. Pour ce faire, il faut le frustrer, le faire culpabiliser de ne pas avoir encore tel ou tel produit, pour qu’enfin il l’achète. Et les grandes surfaces vont user de toutes les ficelles de la publicité pour … vendre même l’inutile. Périgo Légasse (3), explique justement : « « La publicité a lavé les cerveaux et la grande distribution finit le travail en gavant le consommateur de produits sans âme et sans saveur ».

« Songeons à la multiplication des objets inutiles et rappelons-nous de la réaction de Socrate qui se serait écrié en entrant dans une boutique :  » Que de choses dont je n’aurai jamais besoin !  » que dirait-il aujourd’hui en entrant dans un supermarché ? »
Albert Jacquard

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD | Commentaires fermés sur C’est la course !! (suite)

C’est la course !!

Un klaxon sort Sylvie de sa torpeur. Le feu est vert, elle tourne à droite et arrive sur un immense parking. Sylvie, 42 ans, pensait encore à son travail. Chef de projet dans une société de sécurité informatique, le boulot ne manque pas et la fin de semaine sera chargée. Mais aujourd’hui, c’est mardi, et c’est relâche. En fait, elle finit plus tôt, à 15 h 00 grâce aux 35 h. Elle préférerait avoir son vendredi après-midi mais elle n’a pas encore assez d’ancienneté dans la boîte. Du coup, elle en profite et fait les courses pour la famille. Une fois sa voiture récupérée à la gare, elle file à « l’hyper » au grand désarroi de sa sœur. Cette dernière essaie de la convertir au « drive ». Depuis quelques mois, elle fait ses courses via le net. Le lendemain, elle les récupère dans un vaste entrepôt où comme, par enchantement, des petites mains les ont préparées et, les chargent même dans sa voiture. Mais Sylvie aime bien se rendre dans la zone commerciale, elle regarde les promotions, les nouveautés. Elle a l’impression de chiner. C’est presque un moment de détente. Mais aujourd’hui, priorité est donnée à l’alimentaire, pas le temps de flâner.
Déjà, le trajet en voiture n’est pas un plaisir. Il n’y a que 20 minutes entre l’appartement et la « grande surface » mais Sylvie n’aime pas conduire sur les grands axes. Par contre, une fois dans le magasin, elle sera beaucoup plus détendue, non pas parce que l’endroit est chaleureux mais parce qu’elle est seule, finalement tranquille. Elle a l’impression que c’est un temps pour elle. Cela dit, il ne faut pas traîner car à 17h30, il faudra être rentrée pour emmener Alexandre au tennis.
Sur le parking, c’est fête car une belle place l’attend, juste à côté des chariots et à moins de 20 mètres de l’entrée de du centre commerciale du Bois d’Aulne. Sylvie ne s’en souvient pas mais le nom du centre commercial fait référence à la forêt qui se tenait, jadis, en lieu et place du béton déversé par l’homme pour bâtir ce temple de la consommation. Il en reste quelques vestiges : un arbre à chaque entrée du bâtiment et un à l’intérieur de la galerie marchande.

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD | 2 commentaires

Thème des Rencontres Estivales 2017 du 23 au 26 Août 2017 – Guilligomarc’h (Finistère)

Plus d’informations
(suite…)

Publié dans Billets du PPLD | Commentaires fermés sur Thème des Rencontres Estivales 2017 du 23 au 26 Août 2017 – Guilligomarc’h (Finistère)

Je suis Suisse

Les attentats successifs nous rappellent à la violence de l’humanité. Certes à la violence que notre civilisation subit, mais ils devraient aussi nous rappeler aux violences intrinsèques de cette même civilisation et à celles qu’elle engendre. Violences trop souvent déniées.

Nous avons été Charlie, Paris, Nice, Manchester, Londres. Ce « nous » permet de nous rassembler derrière l’imaginaire d’un destin commun et d’un vivre ensemble à préserver. Avec de tels drames et actes de barbarie, comment ne pas être choqué, comment ne pas être contre, comment ne pas vouloir communier ?
Cet imaginaire commun permet surtout un lavage de cerveau en douceur. Comment également ne pas oublier les travers d’une société qui a permis un tel déclenchement de haines, comment ne pas oublier les insuffisances d’une société de Croissance de plus en plus inégalitaire, comment ne pas oublier sa violence également, plus silencieuse et moins démonstrative mais quotidienne ? (*)

Aujourd’hui, au-delà d’être mancunien, nous avons envie d’être suisse … Car ils ont fait le choix de dire non au nucléaire. Ils ont fait le choix de dire non à ses dangers, à ses violences et à ses chimères également (**).

Certes, en finir avec le nucléaire ne signifie pas un renversement à venir des schémas de pensée dominant. Mais il marque à la fois la possibilité d’action des citoyens, il signifie que nous pouvons faire bouger les lignes et, finalement, réorienter nos vies. En sortant du nucléaire, on assume de ne plus croire à l’imaginaire d’une énergie infinie et sécurisée. C’est aussi, indirectement, mettre à mal un des mythes de la société de Croissance.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous avons l’envie de dire « je suis suisse » … car nous sommes anti-nucléaires.

(*)
http://www.partipourladecroissance.net/?p=9040
http://www.partipourladecroissance.net/?p=9140

(**)
Sortie progressive mais sortie quand même.
http://www.sebasol.ch/public/Communiqu%C3%A9%20de%20presse%20de%20Sebasol%20sur%20la%20votation%20du%2021.05.17.pdf

Publié dans Actualités, Billets du PPLD | Commentaires fermés sur Je suis Suisse

Front National, ce diable de confort qui permet de cacher les alternatives au capitalisme

La grande déprime…

Oui, c’est vrai, comment ne pas le constater, nos modes de vie engendrent de la frustration, du mal-être, des peurs et des haines,

Comment nier que notre système économique, pivot de notre modèle de société, est exigeant, oppressant, voire tyrannique, que ce soit pour celles et ceux qui ont un emploi, un de ces « bullshit job » ou encore celles et ceux condamnés à la précarité ou au chômage ? Les premiers doivent faire face à une remise en cause permanente d’eux-mêmes, à une pression toujours constante pour améliorer leur productivité et pour mériter leur place. Ils doivent également subir toujours plus de stress, et sont toujours plus confrontés à des questions éthiques sur leur rôle dans cette société. Les seconds font face à une misère grandissante, à toujours plus d’humiliations, à un sentiment de rejet. Nos sociétés nous mettent en concurrence en utilisant la peur du chômage. La religion des indicateurs et l’économicisme rendent nos vies et activités toujours plus absurdes. De même, en nous opposant, on renforce la peur du déclassement, toujours plus prégnante, accompagnée d’un sentiment d’abandon, de ne pas être entendu, d’être lésé par un système injuste. Nos vies, trop chargées, ne laissent que peu de temps pour souffler. La pression imposée par notre monde moderne est insupportable, à telle point que nous nous croyons dans des situations moins confortables qu’il y a 40 ans… ou que chez le « voisin », « l’autre », qui serait, lui, « protégé », « assisté »… C’était mieux avant… Et c’est mieux ailleurs…

Alors, oui, il est légitime d’exprimer ces frustrations, ces peurs. Il est sain de se révolter contre ces injustices.

Mais aussi construite, entretenue

Ces constats se retrouvent dans plusieurs études convergentes et mettent en avant un mal-être, des souffrances objectives. Mais il ne faut surtout pas négliger leur dimension subjective !

En effet, ce malaise est partiellement construit et renforcé par la société du spectacle, les médias et la publicité avec l’imaginaire qu’ils développent. Nous sommes dominés, individuellement et collectivement, culturellement et socialement, par le « toujours plus » qui génère de multiples insatisfactions. La rivalité ostentatoire, même inconsciente, est renforcée par des inégalités endémiques, en permanence exacerbée. Et ce, non sans manipulation : la publicité sait utiliser les techniques les plus subtiles, perverses et efficaces afin de nous faire désirer toujours plus en s’appuyant sur les neurosciences, la psychologie et la psychologie sociale… Ainsi, il faut consommer toujours plus pour produire toujours plus pour préserver son niveau de vie… Mais aussi conserver son emploi pour consommer encore plus…

Enfin ce mal être est d’autant plus fort qu’il fait face à un manque de projet collectif. L’individualisme exacerbé, le culte de la personne et la pression sociale intenable qu’il engendre, en particulier à travers les réseaux sociaux transforment tout échec, toute frustration en une blessure narcissique qu’aucun projet commun ne viendra compenser.

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD, Elections | Commentaires fermés sur Front National, ce diable de confort qui permet de cacher les alternatives au capitalisme

Front National, ce diable de confort qui permet de cacher les alternatives au capitalisme

La grande déprime…

Oui, c’est vrai, comment ne pas le constater, nos modes de vie engendrent de la frustration, du mal-être, des peurs et des haines,

Comment nier que notre système économique, pivot de notre modèle de société, est exigeant, oppressant, voire tyrannique, que ce soit pour celles et ceux qui ont un emploi, un de ces « bullshit job » ou encore celles et ceux condamnés à la précarité ou au chômage ? Les premiers doivent faire face à une remise en cause permanente d’eux-mêmes, à une pression toujours constante pour améliorer leur productivité et pour mériter leur place. Ils doivent également subir toujours plus de stress, et sont toujours plus confrontés à des questions éthiques sur leur rôle dans cette société. Les seconds font face à une misère grandissante, à toujours plus d’humiliations, à un sentiment de rejet. Nos sociétés nous mettent en concurrence en utilisant la peur du chômage. La religion des indicateurs et l’économicisme rendent nos vies et activités toujours plus absurdes. De même, en nous opposant, on renforce la peur du déclassement, toujours plus prégnante, accompagnée d’un sentiment d’abandon, de ne pas être entendu, d’être lésé par un système injuste. Nos vies, trop chargées, ne laissent que peu de temps pour souffler. La pression imposée par notre monde moderne est insupportable, à telle point que nous nous croyons dans des situations moins confortables qu’il y a 40 ans… ou que chez le « voisin », « l’autre », qui serait, lui, « protégé », « assisté »…  C’était mieux avant… Et c’est mieux ailleurs…

Alors, oui, il est légitime d’exprimer ces frustrations, ces peurs. Il est sain de se révolter contre ces injustices.

Mais aussi construite, entretenue

Ces constats se retrouvent dans plusieurs études convergentes et mettent en avant un mal-être, des souffrances objectives. Mais il ne faut surtout pas négliger leur dimension subjective !

En effet, ce malaise est partiellement construit et renforcé par la société du spectacle, les médias et la publicité avec l’imaginaire qu’ils développent. Nous sommes dominés, individuellement et collectivement, culturellement et socialement, par le « toujours plus » qui génère de multiples insatisfactions. La rivalité ostentatoire, même inconsciente, est renforcée par des inégalités endémiques, en permanence exacerbée. Et ce, non sans manipulation : la publicité sait utiliser les techniques les plus subtiles, perverses et efficaces afin de nous faire désirer toujours plus en s’appuyant sur les neurosciences, la psychologie et la psychologie sociale… Ainsi, il faut consommer toujours plus pour produire toujours plus pour préserver son niveau de vie… Mais aussi conserver son emploi pour consommer encore plus…

Enfin ce mal être est d’autant plus fort qu’il fait face à un manque de projet collectif. L’individualisme exacerbé, le culte de la personne et la pression sociale intenable qu’il engendre, en particulier à travers les réseaux sociaux transforment tout échec, toute frustration en une blessure narcissique qu’aucun projet commun ne viendra compenser.

(suite…)

Publié dans Billets du PPLD, Elections | 1 commentaire

Des trains de nuit pour une transition dans les transports

Cela fait quelques années que les trains de nuit ne sont plus une priorité : pas assez rapides, pas assez confortables, pas assez modernes. Aujourd’hui, il ne reste que quelques lignes en fonctionnement … pour quelques mois encore.

La fin des trains de nuit est une manifestation supplémentaire du renoncement à prendre le temps de vivre. Nous ne prenons plus le temps du voyage. Le voyage est en train de disparaitre au bénéfice de la destination. L’espace est réduit à un point de départ et à un point d’arrivée. Et entre les deux, que du vide …

Mais ce n’est pas seulement une certaine façon de voyager qui se perd, c’est une fois encore la sacro-sainte « loi » de l’économie qui nous domine. En obéissant à ces « lois », nous remplaçons ce moyen de transport peu polluant et convivial, par du co-voiturage, des avions ou bus low-cost (les externalités n’étant pas à la charge des
entreprises) ou encore des trains de jour avec les lignes à grandes vitesse (LGV). Une certaine vision de l’avenir !

Il est loin le temps où le train maillait notre territoire pour désenclaver certaines zones. Aujourd’hui auto-routes et LGV sont chargés de l’aménagement du territoire, d’un territoire finalement qui n’est plus que traversé, presque caché. Rappelons que la terminologie officielle des trains de nuit est «trains d’équilibre du territoire». Des trains, justement qui permettaient – avec de rares intercités – de voyager avec son vélo sans être obligé de le démonter.

Un des axes de changement soutenu par la Décroissance est la relocalisation ouverte, c’est à dire ; de nombreux petits territoires dynamiques reliés entre eux. C’est pour cela qu’il faut défendre nos derniers trains de nuits. Non comme un vestige d’une société ayant du mal à se séparer de son passé, mais bien pour anticiper les sociétés relocalisées de demain.

Argumentation, actions, pétition: voir https://ouiautraindenuit.wordpress.com/

Le PPLD

(suite…)

Publié dans Billets du PPLD, Soutiens du PPLD | 1 commentaire

Le Revenu d’Existence, nouveau candidat à l’élection présidentielle ?

logo-ppldLe revenu d’existence fait irruption dans le débat public. Nombreux sont les responsables politiques à le reprendre, mais en y accolant des objectifs bien différents. On ne peut penser cet outil indépendamment du projet de société dans lequel il s’inscrit, rappellent les co-auteurs du Manifeste pour une Dotation inconditionnelle d’autonomie. Car derrière le revenu d’existence, c’est la répartition des richesses et du travail, la réappropriation des productions et des services publics, qui doivent être débattues. Tribune.

Le revenu d’existence continue sa progression dans le débat public, à tel point qu’il s’invite dans la campagne présidentielle. De nombreuses personnalités politiques le soutiennent, de Kosciusko-Morizet à Hamon, en passant par Poisson, Valls, Macron ou encore tous les candidats à la primaire écologiste. Une telle irruption dans le débat public ne peut que nous interpeller et nous questionner.

Souvent considéré comme un moyen pour rendre la vie plus égalitaire, dans une société marquée par un chômage de masse, le revenu d’existence serait un moyen d’éliminer la grande pauvreté et la misère. Il est aussi présenté comme une réponse au mythe de la numérisation et de la robotisation censées remplacer les travailleurs. D’autres voient en lui une opportunité de rationaliser le système d’aide sociale dans l’optique d’effectuer quelques économies, et aussi de flexibiliser le marché du travail. Enfin, certains n’oublient pas que cet outil donnerait les moyens de gagner en autonomie et de développer les activités non marchandes.

Évidemment, ces différentes approches, aux ambitions souvent antagoniques, entraîneraient des dispositifs de mise en place bien différents.

Définir au préalable un cadre politique avant de parler de revenu d’existence

Le débat s’ouvre, mais n’est-il pas faussé et confus dès le départ ? Si chacun y projette ses espoirs et ses craintes, chacun a surtout des objectifs bien différents, voire opposés. Pour nous, ce débat pourrait être une bonne nouvelle, si la question du projet de société était en son cœur et non pas éludée (consciemment ou non). Cela n’a aucun sens de s’enfermer dans des débats techniques (financements, hauteurs, conditions, âges, etc) si les projets de sociétés ne sont pas clairement et ouvertement débattus.

Ces dernières années, nous avons participé à plusieurs rencontres publiques et avons publié plusieurs interviews ou articles pour alerter sur la stérilité, voire les risques, de parler de revenu d’existence sans au préalable définir un cadre politique. Le revenu d’existence n’est qu’un outil et ne peut en lui-même représenter un projet de société cohérent, d’où la cacophonie à laquelle nous assistons actuellement.

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD | Commentaires fermés sur Le Revenu d’Existence, nouveau candidat à l’élection présidentielle ?

Christophe Degennes nous a quitté

christophe-degennes-2010-1Adieu l’artiste

On l’appelait Coincoin,

En 2008, nous avions relancé le PPLD avec lui. Militant dans l’âme, il a largement contribué à construire le mouvement de la Décroissance et à le faire vivre.
Vous l’avez certainement croisé aux (f)Estives de la Décroissance, lors des actions de résistance (à NDDL, lors des contres-G8 ou de rencontres écolos et/ou de gauche). Vous étiez peut-être avec lui à battre le pavé parisien lors des nombreuses manifestations auxquelles il participait, à peindre des banderoles, … ou à refaire le monde jusqu’au bout de la nuit.
Certains se souviendront de son appart’ du 5ème étage, adossé au Sacré Coeur, escale heureuse, pleine de rires et de révoltes.

Christophe Degennes s’est éteint le 11 septembre 2016 au petit matin, entouré d’amis.

Tu nous manqueras

(suite…)

Publié dans Billets du PPLD, Communiqués de presse | 2 commentaires

Aujourd’hui, l’enjeu est plus que jamais de choisir entre Décroissance ou Barbarie

2015 et 2016 auront été marquées par des massacres aveugles dans nos capitales européennes. Des familles resteront meurtries tandis que, toutes et tous, nous portons le deuil. Mais l’émotion et la colère, aussi légitimes soient-elles, ne doivent pas nous faire tomber dans les travers d’un manichéisme dangereux. Au contraire, cette énième catastrophe doit être l’occasion de se poser les bonnes questions et d’essayer d’être lucide quant aux solutions à apporter. Si la seule réponse à ces attentats est la guerre et le repli sur soi, alors la question n’est pas la bonne. Nous souhaitons à travers ce texte inviter à une analyse des racines de ces violences, à Paris, à Bruxelles, mais aussi d’Ankara à Damas, avec la Décroissance comme grille de lecture.

charlie-decroissance

(suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD | 1 commentaire

Des jeux pour oublier les pains

Depuis quelques jours, il monopolise l’information et les discussions quand ce n’est pas l’espace. Depuis quelques jours, les préoccupations des français sont passées au second plan. Il est désormais plus important de savoir si Pogba va retrouver son niveau plutôt que de comprendre pourquoi des milliers de français passent leurs « nuits debouts » ou sont en grève, ou même encore d’appréhender les conséquences du TAFTA
Oui, cet Euro arrive comme un enfumage général alors qu’une partie de la France conteste le gouvernement en place et la société qu’il fabrique. Bien sûr cette contestation persiste, mais elle s’étouffe et a encore plus de mal à être visible. N’est-il pas plus intéressant, après une météo exécrable, de penser à faire la fête que de vouloir continuer à lutter ou à réfléchir ?

des pains - des jeuxNous avons déjà souligné comment le sport, et encore plus le football, véritable caricature des excès du sport-spectacle, était un outil et un relais de la société de croissance (1). Avec cet Euro 2016, c’est évidemment encore le cas… mais en pire. Ainsi, il a fallu à nouveau reconstruire des stades, toujours plus grands, plus beaux, plus sécurisés, plus coûteux et, surtout, aux frais des contribuables français pourtant toujours réticents à voir les dépenses publiques augmenter pour la santé ou l’éducation. (suite…)

Publié dans Actualités, Billets du PPLD | Commentaires fermés sur Des jeux pour oublier les pains