Kaliningrad, ou le symbole de l’ingérence nucléaire à la Française

logo-ppldA l’heure où la société civile se mobilise ici à Bure pour refuser l’enfouissement des déchets, en Pologne ou en Lituanie, ou encore ailleurs avec les camarades de « Valognes stop castors » qui voient leurs peines alourdies pour s’être simplement opposé à une évidence : « Personne ne sait gérer les déchets nucléaires » ;

A l’heure où l’après accident de Fukushima Daïchi reste totalement ingérable :

Peut-on encore parier sur le confinement en profondeur de la radioactivité de ces déchets sur des centaines de milliers d’années plutôt que d’arrêter simplement d’en produire ?
Peut-on poursuivre et financer un projet de construction de réacteurs nucléaires à Kaliningrad ou ailleurs sans s’interroger sur le véritable coût environnemental et social ?

La France continue de violer les traités internationaux de non prolifération des armes nucléaires, utilisant l’argent public pour cela.

Elle poursuit la construction du Laser Mégajoule et renforce le financement de ses programmes de dissuasion : combien de temps accepterons-nous d’être l’un des premiers laboratoires de crimes militaires au monde ?

Les 120 millions d’euros pulvérisés le 5 mai 2013 avec l’auto-destruction en vol d’un missile M51 ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan des dépenses pour les armes atomiques. La dissuasion nucléaire (3,4 milliards d’euros par an) a été sanctuarisée par François Hollande et le Livre blanc, et les nouvelles versions du M51 (2 et 3) doivent être décidées. (2) La France a ainsi englouti 345 milliards d’euros depuis 1945 dans sa force de frappe.

Cette course effrénée au gaspillage de l’argent public, fortement liée à cette société productiviste et guerrière nous conduit tou-te-s droit au mur. Il est temps de proposer des projets de décroissance œuvrant pour un pacifisme éclairé, au service du progrès social et de la satisfaction des besoins fondamentaux, facteurs de Paix.

Le Parti Pour la Décroissance appelle le gouvernement français à se ressaisir en annulant toute ses implications dans les projets nucléaires civils ou militaires et à faire pression sur les banques françaises impliquées dans le projet de Kaliningrad pour qu’elles s’en désengagent immédiatement. Il appelle à l’arrêt inconditionnel et définitif du nucléaire, fission et fusion ici ou ailleurs. Il demande l’arrêt de toutes les constructions liées à l’industrie nucléaire, la reconversion des moyens humains et financiers pour la recherche et mise en œuvre de toutes autres alternatives soutenables.

 Parti Pour La Décroissance
 
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(1) CP – Mobilisation pour le retrait de la Société générale du projet de centrale nucléaire à Kaliningrad
Lilles, Nantes, Bordeaux, Nancy, Paris, etc. – Du 24 au 30 juin 2013, les Amis de la Terre, Attac et le réseau « Sortir du nucléaire » se mobilisent en France et en Europe aux côtés de Banktrack, Ecodefense et autres organisations de la société civile pour dénoncer la participation de la Société Générale au projet nucléaire de Kaliningrad. Par des actions de rue organisées devant les agences de la Société Générale, ils critiquent son caractère irresponsable et lui demandent de se retirer immédiatement de ce projet dangereux, inutile et controversé.
La Société Générale fait-elle preuve d’un engagement responsable dans l’ensemble de ses activités bancaires et financières telle qu’elle s’en prévaut ? Le projet nucléaire de Kaliningrad y répond par la négative : il pose de nombreux problèmes sur les plans techniques et financiers et s’avère très couteux en matière sociale, environnementale et de droits humains. La Société Générale a pourtant accepté le mandat de structurer le financement export de turbines d’Alstom pour ce projet, avec une potentielle garantie de l’Etat français par la Coface.
Situé dans l’enclave russe entre la Pologne et la Lituanie, ce projet vise à pénétrer le marché européen en revendant l’électricité à ces pays limitrophes qui n’en veulent pourtant pas. En plus des pays voisins, la population locale est également opposée au projet depuis ses débuts. Malgré les intimidations des autorités, ils continuent de dénoncer un projet inutile, couteux, et très risqué – corruption, étude d’impact environnementale bâclée, non prise en compte réelle du risque d’accident nucléaire ni du traitement des déchets ne sont que quelques uns des problèmes soulevés.

A cela s’ajoutent des difficultés techniques et financières telles que plusieurs banques internationales, telles que la BNP Paribas ou la banque allemande HypoVereinsbank, se sont déjà retirées du projet. Les Amis de la terre appellent donc la Société générale ainsi que la Coface à suivre leur exemple et renoncer immédiatement à le financer ou garantir.
La mobilisation contre ce projet a commencé en avril dernier avec une cyberaction contre la Coface et la Société Générale par plus de 4500 personnes ainsi que l’envoi d’une lettre issue de 94 organisations dans 22 pays au PDG de la Société Générale. Vladimir Slivyak, de l’association russe Ecodefense, a ensuite participé en mai à l’Assemblée Générale des actionnaires de la Société Générale à Paris, lors de laquelle il a pu interpeller directement le PDG du groupe, Frédéric Oudéa.

Alors que la France active désormais tous ses rouages diplomatiques pour maintenir ce projet en vie, la mobilisation descend dans la rue. Actions de rue devant l’agence locale de la Société générale, pique-nique/débat ou déambulations sur les places de marché, les groupes locaux des Amis de la Terre, d’Attac et du réseau « Sortir du nucléaire » entendent informer citoyens et clients et les inciter à interpeller la direction de leur banque sur ses financements à l’étranger.

La Société générale a adopté une politique sectorielle dans le secteur du nucléaire. Bien en deçà de ce qu’on peut attendre d’une banque qui se veut responsable, elle n’est de plus aujourd’hui pas respectée par la banque, comme le prouve le projet de Kaliningrad. Il est grand temps de passer aux actes et de se retirer définitivement de ce projet controversé » conclut Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée/Coface aux Amis de la Terre.

(2) Un missile balistique stratégique M51, sans charge nucléaire, lancé dimanche matin lors d’un tir d’essai, s’est «auto-détruit» peu après son décollage. Le missile a été lancé à partir du sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE) «Le Vigilant», depuis la baie d’Audierne (Finistère). http://www.leparisien.fr/politique/l-armee-rate-un-tir-d-essai-de-missile-nucleaire-au-large-du-finistere-05-05-2013-2780557.php

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