Archives de la catégorie : Documents – les suppléments

Et maintenant, les travaux pratiques

Circuits courts, gratuité, monnaies locales, villes lentes… Après avoir bousculé le dogme de la croissance économique, les idées de la décroissance fertilisent peu à peu de nombreuses alternatives concrètes.

Extraits d’un article publié dans le dossier « décroissance une révolution silencieuse » dans Politis (voir fin de l’article).

Fin 2009, une apothéose médiatique pour la décroissance en France : le président de la République en personne estime politiquement utile de livrer son opinion sur la question, et à plusieurs reprises. « Je refuse le choix entre croissance et pollution ou décroissance et protection de l’environnement. J’affirme le choix du développement durable », scande Nicolas Sarkozy [1].

La crise est planétaire, des pays sont entrés en récession et l’urgence climatique a occupé le terrain politique comme jamais à l’occasion du sommet de Copenhague. Depuis, l’économie a pourtant repris sa course, certes en boitant, mais « business as usual ». Et la décroissance a peu à peu disparu des discours et des médias, comme si les contradictions qu’elle révèle étaient désormais périmées. « Une fabuleuse dénégation », ironise l’économiste objecteur de croissance Serge Latouche.

Le monde économique n’en est pas pour autant sorti indemne, constate Vincent Liegey, chercheur interdisciplinaire sur la décroissance, qui relate la déstabilisation de ce dirigeant d’une multinationale française avouant être « à 100 % en accord » avec lui « en tant que père de famille », mais professionnellement embrigadé pour arracher le dernier dollar au marché. (…) Une victoire idéologique, estime le philosophe Fabrice Flipo : « Une bonne partie des progressistes ne parviennent plus à parler de croissance sans en être gênés. »

La décroissance a fonctionné dans un -premier temps comme un « mot-obus », analyse Paul Ariès, percutant les esprits en remettant en cause la quête de la croissance à tout prix, axiome majeur de l’économie libérale. Pour le politologue, le reflux de cette confrontation dans le débat public traduit une mutation, pas une disparition. « La décroissance est entrée dans une phase plus pratique. Elle s’exprime désormais à travers des “mots-chantiers” qui expérimentent ses idées en actes. » (suite…)

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Linky : dix péchés capitaux

Contre la liberté, les droits de l’Homme et la démocratie

Derrière le tableau convenu d’un compteur électrique augmentant le confort, améliorant la maîtrise de la consommation, permettant de mieux intégrer les énergies renouvelables et dont le joli nom fait penser au chien du voisin, se cache en réalité un puissant projet de contrôle social des populations. Dix caractéristiques inquiétantes doivent nous interroger :

1 ) Le danger: la technique du CPL – Courant Porteur en Ligne – n’est pas adaptée aux fils électriques des maisons, qui ne sont pas « blindés ». Le CPL ajoute en fait une couche d’ondes électromagnétiques le long de tous les fils électriques, très nombreux particulièrement à proximité du compteur. Tous les êtres vivants sont sensibles aux ondes, d’ailleurs les animaux ne se couchent jamais à proximité d’une borne électromagnétique. La recherche officielle peine à fournir des preuves, à cause de crédits venant aujourd’hui presque exclusivement des multinationales, mais les chercheurs indépendants accumulent les indices accablants. Il serait déconseillé de dormir ou de stationner longtemps à proximité d’un compteur communicant, même protégé par une paroi : tremblements, insomnies, maux de tête, nausées… et à terme, dégénérescence des capacités cognitives et abaissement du Q.I., maladies neurologiques et cancers du cerveau … Les ondes électromagnétiques sont classées comme potentiellement cancérigène par l’OMS depuis 2011. Où est passé le principe de précaution inscrit dans la Constitution ?

2 ) La dissimulation: les sociétés de distribution de l’énergie communiquent le moins possible sur la pose des compteurs communicants. En France, une seule lettre l’averti, quelques temps à l’avance, n’indiquant pas la date de l’intervention ; les compteurs sont ensuite posés sans prévenir s’ils sont dans les communs, les prestataires revenants en cas d’opposition ( ils sont payés en bonus/malus sur la pose). Si les compteurs sont à l’intérieur des appartements, les employés tentent de forcer le passage: «C’est obligatoire mais c’est gratuit» est leur leitmotiv. ERDF veut imposer Linky en catimini  par quartiers pour prendre de vitesse les résistances possibles. Pourquoi une telle politique du fait accompli ?

3 ) La contrainte: dans les rares réunions publiques où ERDF est contraint de se justifier, on apprend que la police n’accompagnera pas les employés pour forcer les portes comme aux Etats-Unis et que l’amende de 1500 euros demandée initialement contre les réfractaires a été refusée par les députés; mais ERDF explique aussi que ceux qui réussissent à échapper à l’obligation auront une sanction ultérieurement, par une facturation élevée et arbitraire des frais de relevé de compteur. L’opérateur joue l’intimidation pour poser rapidement un maximum de compteurs, avant de s’attaquer ensuite aux récalcitrants. Pas de quartier pour les électro-sensibles déclarés – quelques % de la population – car les compteurs s’imposent à tous sans discernement. Quel argument valable pour justifier une telle contrainte? (suite…)

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Décroissance et égalité des sexes ?

egaliteVincent Liegey, ingénieur de formation et doctorant en sciences économiques est membre du Parti Pour La Décroissance. Il est le co-auteur de l’ouvrage Un Projet de Décroissance, Manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie et répond aux questions de Sarah Alzieu sur sa perception des questions de genre.

Sarah Alzieu : Te sens-tu une responsabilité particulière vis-à-vis de la promotion de sujets tels que la réduction des inégalités hommes/femmes ?

Vincent Liegey : Je suis objecteur de croissance et comme nous le disons souvent, la première des décroissances doit être celle des inégalités. Dès lors, je me sens responsable vis-à-vis de la lutte contre toute forme d’injustice et d’inégalités, ce qui implique naturellement de se positionner sur le sujet de la lutte pour l’égalité des sexes… Dans une société de l’argent roi, c’est primordial : on peut citer, à titre symbolique fort, les inégalités salariales entre hommes et femmes.

S. A : Ce que tu prônes, cette décroissance des inégalités, doit-elle nécessairement passer par la déconstruction des stéréotypes de genre ?
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« Un projet de décroissance » sur Radio France Internationale (RFI), interview de Vincent Liegey par Christine Siebert

File:Rfi logo.svgDIMANCHE 02 JUIN 2013 – RFI : Livre France – « Un projet de décroissance »

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«Un projet de décroissance, manifeste pour une dotation inconditionnelle de l'autonomie». Vincent Liegey fait parti des auteurs de cet ouvrage.

«Un projet de décroissance, manifeste pour une dotation inconditionnelle de l’autonomie». Vincent Liegey fait parti des auteurs de cet ouvrage.

© Editions Utopia

Le discours dominant veut que la croissance économique soit la solution à la plupart des crises de nos jours. Or, un nombre grandissant de personnes pense au contraire que la croissance est le problème et non la solution. DansUn projet de décroissance un collectif d’auteurs défend, entre autre, une dotation inconditionnelle d’autonomie comme moyen d’échapper aux impasses des temps modernes. Entretien avec Vincent Liegey, l’un des auteurs.

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Le « manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie » sur le site du Revenu de Base

L’ouvrage « Un projet de décroissance, manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie » prône l’instauration d’un revenu inconditionnel démonétarisé, versé majoritairement en droit de tirage sur les ressources et en monnaie locale plutôt qu’en euros. Interview de Vincent Liegey, l’un des quatre co-auteurs.
Publié le 25 avril 2013, sur le site du Revenu de Base, par Emmanuel Daniel.
Pour rappel, et signature : Un tremplin pour un Projet de Décroissance : l’initiative citoyenne pour le revenu de base

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA) ?

L’idée est née au sein du mouvement décroissant autour de propositions comme le revenu inconditionnel d’existence, l’extension de la sphère de la gratuité, le bon usage et le mésusage des ressources et les alternatives concrètes qui émergent un peu partout. Nous avons aussi mené une réflexion autour du revenu maximum acceptable, sur la crise de la dette, la reprise en main démocratique du système monétaire et la sortie de la religion de l’économie.

En mettant tout ça ensemble, dans une logique de transition et de relocalisation de l’économie, nous en sommes arrivés à l’idée du revenu d’existence démonétarisé donné principalement en droit de tirage sur les ressources et en monnaies locales.
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Face au capitalisme productiviste, des luttes silencieuses pour de nouveaux paradigmes

Par Anne-Isabelle Veillot et Cynthia Toupet du PPLD pour Mémoire des luttes.

Source : http://www.medelu.org/

Il est de ces luttes dont on parle peu… parce qu’elles demeurent silencieuses, en apparence marginales ou marginalisées, réduites à l’insignifiance face aux logiques de guerre économique… Et pourtant, ces luttes participent patiemment à la construction de nouveaux paradigmes pour les sociétés de demain, en inventant et en expérimentant de nouvelles alternatives à un système qui, dans les faits, est synonyme d’échec à la fois social, économique, démocratique, culturel et environnemental.

Les graves crises systémiques que nous connaissons ont, contre toute attente, renforcé le positionnement de la plupart des élites mondiales. Elles continuent de s’accaparer les terres, d’exploiter à outrance les ressources encore disponibles dans le but de réaliser toujours plus de profit. Par définition, nos sociétés capitalistes ont conduit à la marchandisation de l’ensemble du monde, de manière spéculative. Les biens communs (eau, semences, terres, etc.) sont parmi les cibles centrales de cette logique. Le productivisme et le consumérisme à outrance génèrent ainsi depuis des décennies des logiques mortifères, la destruction de notre « environnement » et la production d’inégalités inacceptablesLe champ politique, loin de prendre en compte les défis à relever, provoqués par l’échec de notre modèle de civilisation, ne propose aucune solution pour nous en sortir. Il n’en appelle qu’à toujours plus de croissance, réelle cause de notre situation critique, alors que les citoyens s’extraient de cette logique pour raisonner en termes de besoins essentiels. 

Considérer avec lucidité ces logiques destructrices et mortifères est tout aussi important que de changer notre regard sur ce qui se passe du côté « des forces de vie ». Car dans un même temps, de nombreuses résistances se manifestent à travers le monde. (suite…)

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L’Europe face au pic pétrolier : Benoît Thévard face au parlement européen

‎ »Très beau plaidoyer pour les ville en transition et le sens des responsabilités de nos politiques collectives. Quel va être l’impact de la disparition de la ressource pétrolière pour un continent qui n’en produit pratiquement plus alors que toute son économie en dépend? Quelles priorités politiques et économiques mettre en place? Une opportunité formidable de mobilisation de tous – citoyens, entreprises, politiques- pour faire face à un défi incontournable. « Entre préparer et choisir (…), il ne faut plus attendre pour décider ».
L’étude et ses annexes peuvent être téléchargées ici:
http://peakoil-europaction.eu/
La vidéo complète du colloque (3h20) peut être visualisée et téléchargée ici:
http://www.greenmediabox.eu/archive/2012/11/15/peakoil/

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Le SMIC à 1 700 euros, une fausse bonne idée !

Publié dans LesZindigné(e)s!.

Introduction

Présenté par beaucoup comme solution pour réduire les inégalités, le SMIC à 1 700 € a tout de la fausse bonne idée : elle paraît évidente au premier abord, mais à la réflexion elle devient une aberration, tant d’un point de vue économique et environnementale que du point de vue politique et culturel.

Rappelons d’abord la signification du SMIC  qui s’inscrit pleinement dans la logique de notre société capitaliste et productiviste : Salaire minimum interprofessionnel de Croissance… le mot est lâché, allons plus loin.

Les Objectrices et Objecteurs de Croissances (OC)[i] sont fondamentalementopposés à cette logique suicidaire de croissance illimitée. Ils sont également tout autant opposés à la vision comptable de nos existences que cette augmentation du revenu minimum sous-tend.

Augmenter le revenu minimum, c’est augmenter la masse monétaire en circulation, donc la production, donc les prélèvements de ressources, qui tendent aujourd’hui à s’épuiser. C’est aussi vouloir faire perdurer un système ni soutenable ni souhaitable, en le rendant moins injuste. Cela revient à rendre socialement acceptable un système qui est de toute façon voué à sa perte.

Entendons-nous bien : les OC ne dénient évidemment pas le droit aux moins riches de subvenir à leurs besoins mais ils proposent de s’extraire de la vision économiciste qu’impose le capitalisme et le productivisme et de parvenir à une réelle autonomie de toutes et tous dans un bien-vivre. L’autonomie, c’est se réapproprier le sens que nous souhaitons donner à nos vies.

1. Une aberration économique

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. »  Un amérindien

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Décroissance et Ecosocialisme

Dans le cadre de sa participation aux assises pour l’écosocialisme du 1er décembre 2012, voici la contribution du PPLD

Il y a de nombreuses formes d’écosocialisme, celle-ci entend faire une synthèse entre la décroissance et celle du socialisme autogestionnaire. La Décroissance écosocialiste repose ainsi, sur 4 piliers :

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Revenu Inconditionnel d’Existence ou Dotation Inconditionnelle d’Autonomie ?

Publié dans Moins!, le journal romans de l’écologie politique.

Les réflexions au sein de la mouvance décroissante (1), du point de vue de la stratégie ou du projet politique, ont débouché sur une proposition appelée Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) (2), couplée à un Revenu Maximum Acceptable (RMA). Cette Dotation représente un outil économique et social susceptible de nous faire sortir de l’impasse destructrice vers laquelle nous entraîne toujours plus vite la société de croissance. L’instauration de la DIA s’inscrit comme une possibilité de dépasser le capitalisme en déjouant ses mécanismes de séductions et de contraintes. Cette mesure entend promouvoir une transition démocratique et sereine vers des sociétés écologiquement soutenables et socialement justes.

Une proposition pour faire le pas de côté
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Les alternatives au développement : une entrevue avec Arturo Escobar par Rob Hopkins – Transition.

Merci au mouvement Transition et à Rob Hopkins pour cette interview.

À la Conférence sur la Décroissance à Venise, un des points forts pour moi fut l’entrevue avec Arturo Escobar, dont mes notes sont disponibles ici, Il est entre autres l’auteur de “Encountering Development” et de “Territories of Difference”. Dans sa présentation il a addressé la question de la Décroissance dans les Pays du Sud (Global South) et ses propos sont très perspicaces. Voici donc la transcription de notre entrevue.

Alors, Arturo, pouvez-vous parler un peu de vous, s’il vous plait?

Je m’appelle Arturo Escobar, je suis né en Colombie et j’enseigne aux États Unis, à l’université de la Caroline du Nord à Chapel Hill. J’enseigne l’anthropologie et je fais la plupart de mon travail d’ anthropologue en Colombie, particulièrement dans les zones de la forêt tropicale, la région pacifique de la Colombie, avec les mouvements des descendants d’ Afrique et les communautés.

Donc, Arturo, hier vous avez donné une présentation sur ce que la Transition dans le contexte du “monde développé et du monde en voie de développement: les Pays du Nord, et les Pays du Sud (Global South). Pouvez-vous nous dire ce qui est pour vous la premiére motivation dans chacune de ces deux blocs – qu’est ce qui les différencie?

Ok, un des points que j’essayais de mettre en évidence est un parallèle entre la Décroissance en tant qu’un ensemble d’ idées et des projets politiques et sociaux de transformation et de Transition dans les pays du Nord, particulièrement en Europe et aux États-Unis, plus précisément en Europe, les États Unis sont encore un peu en arrière comme vous le savez certainement mieux que moi.
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Le pic pétrolier, c’est de l’histoire

Le baratin mercatique sur la quatrième de couverture de la première édition de mon premier livre, Réinventer l’effondrement, me décrivait comme un théoricien majeur du pic pétrolier. Quand je l’ai vu la première fois, ma mâchoire est tombée — et elle est restée pendante. Vous voyez, si vous parcourez une authentique liste de théoriciens majeurs du pic pétrolier — les Hubbert, Campell, Laherrère, Heinberg, Simmons et quelques autres valant d’être mentionnés, vous ne trouverez pas un seul Orlov parmi eux. En vain chercheriez vous dans les annales et les comptes-rendus de l’Association pour l’étude du pic pétrolier1 la moindre trace de votre humble auteur. Mais à présent que cette bourde est imprimée et en circulation sur tant de copies, je suppose que je n’ai pas d’autre choix que d’essayer d’être à la hauteur des attentes qu’elle crée.

1. Association for the Study of Peak Oil and Gas, un réseau de scientifiques, d’économistes et d’ingénieurs préoccupés par le pic pétrolier, en particulier par la surestimation des réserves disponibles.

Mes déqualifications mises à part, le moment semble propice à discourir avec un nouveau bout de théorie du pic pétrolier, car c’est l’année où, pour la première fois, presque tout le monde est prêt à admettre que le pic pétrolier est réel, par essence, bien que certains ne soient pas encore tout à fait prêts à l’appeler par ce nom. Il y a seulement cinq ans tout le monde, depuis les officiels du gouvernement jusqu’aux cadres des compagnies pétrolières, traitait la théorie du pic pétrolier comme l’œuvre d’une frange de lunatiques, mais à présent que la production conventionnelle mondiale de pétrole à atteint son pic (en 2005), et que la production mondiale de tous les liquides à atteint son pic (en 2008), tout le monde est prêt à concéder qu’il y a de sérieuses difficultés à accroître l’approvisionnement mondial en pétrole. Et bien que certaines personnes craignent encore d’utiliser le terme pic pétrolier (et que quelques experts insistent encore sur ce que le pic doit être désigné comme un plateau ondulé, ce qui, au moins, est une gracieuse tournure de phrase), les différences d’opinion proviennent d’un refus d’accepter la terminologie du pic pétrolier plutôt que la substance d’une production mondiale de pétrole atteignant son pic. Ceci est, bien sûr, tout à fait compréhensible : il est embarrassant de sauter soudainement de le pic pétrolier est une ânerie ! à le pic pétrolier, c’est de l’histoire ! d’un seul bond. De telles acrobaties ne sont sans danger que si vous vous trouvez être un politicien ou un économiste.

Par Dmitry Orlov
1er septembre 2010

source : http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/le_pic_petrolier_c_est_de_l_histoire.html

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10 premiers conseils pour rentrer en résistance par la décroissance

DecroissanceW.jpgPar casseursdepub.org

1 Se libérer de la télévision

Pour rentrer dans la décroissance, la première étape est de prendre conscience de son conditionnement. Le vecteur majeur de ce conditionnement est la télévision. Notre premier choix sera de s’en libérer. Comme la société de consommation réduit l’humain à sa dimension économique — consommateur —, la télévision réduit l’information à sa surface, l’image. Média de la passivité, donc de la soumission, elle ne cesse de régresser l’individu. Par nature, la télévision exige la rapidité, elle ne supporte pas les discours de fond. La télévision est polluante dans sa production, dans son usage puis comme déchet.
Nous lui préférerons notre vie intérieure, la création, apprendre à jouer de la musique, faire et regarder des spectacles vivants… Pour nous informer nous avons le choix : la radio (sans pub), la lecture (sans pub), le théâtre, le cinéma (sans pub), les rencontres, etc.

2 Se libérer de l’automobile

Plus qu’un objet, l’automobile est le symbole de la société de consommation. Réservée aux 20 % les plus riches des habitants de la Terre ; elle conduit inexorablement au suicide écologique par épuisement des ressources naturelles (nécessaires à sa production) ou par ses pollutions multiples qui, entre autres, engendre la montée de l’effet de serre. L’automobile provoque des guerres pour le pétrole dont la dernière en date est le conflit irakien. L’automobile a aussi pour conséquence une guerre sociale qui conduit à un mort toutes les heures rien qu’en France. L’automobile est un des fléaux écologique et social de notre temps. 
Nous lui préférerons : le refus de l’hypermobilité. La volonté d’habiter près de son lieu de travail. La marche à pied, la bicyclette, le train, les transports en commun.

3 Refuser de prendre l’avion

Refuser de prendre l’avion, c’est d’abord rompre avec l’idéologie dominante qui considère comme un droit inaliénable l’utilisation ce mode de transport. Pourtant, moins de 10 % des humains ont déjà pris l’avion. Moins de 1% l’emprunte tous les ans. Ces 1 %, la classe dominante, sont les riches des pays riches. Ce sont eux qui détiennent les médias et fixent les normes sociales. L’avion est le mode de transport le plus polluant par personne transportée. Du fait de sa grande vitesse, il artificialise notre rapport à la distance.
Nous préférerons aller moins loin, mais mieux, à pied, en roulotte à cheval, à bicyclette ou en train, en bateau à voile, avec tous les véhicules sans moteur.

4 Se libérer du téléphone portable

Le système engendre des besoins qui deviennent des dépendances. Ce qui est artificiel devient naturel. Comme nombre d’objets de la société de consommation, le téléphone est un faux besoin créé artificiellement par la pub. “ Avec le mobile, vous êtes mobilisable à tout instant ”. Avec le portable nous jetterons donc les fours micro-onde, les tondeuses à gazon, et tous les objets inutiles de la société de consommation.
Nous préférerons au portable le téléphone, le courrier, la parole, mais surtout, nous tacherons d’exister par nous-même au lieu de chercher à combler un vide existentiel avec des objets.

5 boycotter la grande distribution

La grande distribution est indissociable de l’automobile. Elle déshumanise le travail, elle pollue et défigure les pourtours des villes, elle tue les centres-ville, elle favorise l’agriculture intensive, elle centralise le capital, etc. La liste des fléaux qu’elle représente est ici trop longue pour être énumérée ici.
Nous lui préférerons : avant tout moins consommer, l’autoproduction alimentaire (potager)puis les commerces de proximité, les marchés, les coopératives, l’artisanat. Cela nous conduira aussi à consommer moins ou à refuser les produits manufacturés.

6 Manger peu de viande

Ou mieux, manger végétarien. La condition réservée aux animaux d’élevage révèle la barbarie technoscientifique de notre civilisation. L’alimentation carnée est aussi une grave problématique écologique. Mieux vaut manger directement des céréales plutôt que d’utiliser des terres agricoles pour nourrir des animaux destinés à l’abattoir. Manger végétarien ou manger moins de viande doit aussi déboucher sur une meilleure hygiène alimentaire, moins riche en calories.

7 Consommer local

Quand on achète une banane antillaise, on consomme aussi le pétrole nécessaire à son acheminement vers nos pays riches. Produire et consommer local est une des conditions majeures pour rentrer dans la décroissance, non dans un sens égoïste, bien sûr, mais au contraire pour que chaque peuple retrouve sa capacité à s’autosuffire. Par exemple, quand un paysan africain cultive des fèves de cacao pour enrichir quelques dirigeants corrompus, il ne cultive pas de quoi se nourrir et nourrir sa communauté (voir texte “ Dix objections majeures au commerce équitable ” http://ecolo.asso.fr/textes/20020312equi.htm).

8 Se politiser

La société de consommation nous laisse le choix : entre Pepsi-Cola et Coca-Cola ou entre le café Carte noire et la café “ équitable ” Max Havelaar. Elle nous laisse de choix de consommateurs. Le marché n’est ni de droite, ni du centre, ni gauche : il impose sa dictature financière en ayant pour objectif de refuser tout débat contradictoire et tout conflit d’idée. La réalité serait l’économie : aux humains de s’y soumettre. Ce totalitarisme est paradoxalement imposé au nom de la liberté, de consommer. Le statut de consommateur est considéré comme supérieur à celui d’humain.
Nous préférerons nous politiser, comme personne, dans les associations, les partis, pour combattre la dictature des firmes. La démocratie exige une conquête permanente. Elle se meurt quand est elle abandonnée par ses citoyens. Il est aujourd’hui temps de lui insuffler les idées de la décroissance.

9 Développement personnel

La société de consommation a besoin de consommateurs serviles et soumis qui ne désirent plus être des humains à part entière. Ceux-ci ne peuvent alors tenir que grâce à l’abrutissement, par exemple, devant la télévision, les “ loisirs ” ou la consommation de neuroleptiques (Proxac…).
Au contraire, la décroissance économique a pour condition un épanouissement social et humain. S’enrichir en développant sa vie intérieure. Privilégier la qualité de la relation à soi et aux autres au détriment de la volonté de posséder des objets qui vous posséderont à leur tour. Chercher à vivre en paix, en harmonie avec la nature, à ne pas céder à sa propre violence, voilà la vraie force.

10 Cohérence

Les idées sont faites pour être vécues. Si nous ne sommes pas capables de les mettre en pratique, elles n’auront pour seules fonctions que de faire vibrer nos ego. Nous sommes tous dans le compromis, mais nous cherchons à tendre à plus de cohérence. C’est le gage de la crédibilité de nos discours. Changeons et le monde changera. 
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. A vous de la compléter. Mais si nous ne cherchons pas à tendre vers cette recherche de cohérence, nous serons réduit à nous apitoyer très hypocritement sur les conséquences de nos propres mode de vie. Evidemment, il n’est pas de mode de vie “ pur ” sur la Terre. Nous sommes tous dans le compromis et c’est bien ainsi.

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Trois minutes, trois questions sur Reporterre

Comment faire de la politique autrement 2010 ?

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Pourquoi employer encore le mot Décroissance ?

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Comment faire de la politique autrement 2012 ?

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Source : http://www.reporterre.net/

 

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